De Horae Leprae

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Nom du groupe Délétère (CAN-2)
Nom de l'album De Horae Leprae
Type Album
Date de parution 15 Juin 2018
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album15

Tracklist

Limited to 500 copies.
1.
 Cantus I – Teredinis Lepra
 08:01
2.
 Cantus II – Sagina Caedendis
 08:05
3.
 Cantus III – Ichthus Os Tremoris
 06:45
4.
 Cantus IV – Inopia et Morbo
 06:31
5.
 Cantus V – Figura Dysphila
 05:42
6.
 Cantus VI – Barathra I
 06:40
7.
 Cantus VII – Barathra II
 07:20
8.
 Cantus VIII – Atrum Lilium
 06:59
9.
 Cantus IX – Oratio Magna
 07:58

Durée totale : 01:04:01

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Délétère (CAN-2)


Chronique @ Icare

04 Août 2018

Un groupe à la personnalité forte que l'on reconnaît désormais à la première écoute

Délétère fait partie de cette nouvelle garde qui porte fièrement l’étendard du black metal québecois au même titre que Forteresse ou Grimoire.
Le duo, composé de Thorleïf et Atheos, s’était déjà fait remarquer en 2015 avec son second album, et avait confirmé tout le bien que l’on pensait de lui avec un EP deux ans plus tard ; autant dire que son nouveau full length était attendu au tournant.
Si parler de la peste est devenu presque convenu dans le monde du black metal, (y a qu’à prendre quelques noms de groupes ou albums comme Peste Noire, 1349 ou Plague Angel pour s’en convaincre), nos voisins d'outre Atlantique ont trouvé quelque chose de bien plus evil pour ce troisième album : quoi de mieux que de décrire des loques humaines purulentes perdant leur chair par lambeaux ? Vous l’aurez compris, c’est cette fois à la lèpre que s’attaque Délétère, nous offrant 64 minutes de musique servies comme d’habitude par un artwork en noir et blanc soigné et dérangeant qui évoque un dessin du Moyen-Âge.

On reconnaît d’emblée le style de Délétère, Cantus I – Teredinis Lepra s’ouvrant sur cette plage d’orgue aussi sentencieuse que lugubre. Rapidement, on retrouve ce chant si atypique, toujours à la limite de la rupture, à la fois hurlé et plaintif, coassement maladif étranglé par la souffrance, et qui alterne invocations en français et en latin. Ajoutez à cela ce riffing à la fois tranchant et mélancolique, aux mélodies noires et vénéneuses, et vous avez finalement un groupe à la personnalité forte qui n'a cessé de développer son propre son et que l'on reconnaît désormais à la première écoute.
D’une manière générale, l’ensemble est de grande qualité, révélant encore une fois une grande richesse et un travail de composition admirable. Si le tout se fait très – trop ? – homogène, pouvant lasser sur la longueur, la faute à des titres longs et à une durée d’album qui dépasse l’heure de musique, quelques moments forts parviennent tout de même à ressortir de cette tempête de décibels : la fin surpuissante du Cantique III, Ichtus Os Temoris, qui nous happe dans un tourbillon d’émotions, l’entrée du Cantus VII, avec ce riff prenant rehaussé par des touches de clavier, puis plus loin ces choeurs solennels sur ces rythmiques lentes, à vous foutre le bourdon, la hargne épique et galvanisante du Cantique VIII, Atrum Lilium, dont le début résonne fièrement et tous blasts dehors, emportant tout sur son passage…

Oui, a priori, on pourrait presque croire que Délétère a fait un sans faute. Malheureusement, il y a un point important qui risque de décourager pas mal d’auditeurs, même si à n’en pas douter, là encore, cet aspect semble avoir été bien travaillé et résulter de la volonté même du groupe : il s’agit du son, très bourdonnant et saturé, baignant l’ensemble dans une dissonance constante de laquelle il est parfois difficile d’extirper clairement tous les instruments, ces derniers se superposant en couches multiples, et donnant au final un rendu parfois un peu confus si on n'écoute pas De Horae Leprae dans de bonnes conditions. Ce son lointain abrasif et noyé dans la réverb’ crée un chaos sonore distant qui sied à l’aura glaciale et malsaine dont le groupe veut s’envelopper mais qui peut nuire beaucoup au travail mélodique : pas d’alternative donc, si vous voulez profiter pleinement de ces neuf titres, il est plus que conseillé d’avoir une écoute attentive au casque ou avec un matériel audio digne de ce nom, vous découvrirez ainsi au mieux l’effort musical de Délétère, précis et soigné, et qui ne laisse aucune place à l’approximation.

Paradoxalement donc, si De Horae Leprae est sans doute la sortie de Délétère la plus aboutie musicalement parlant, elle est peut-être aussi la moins accrocheuse au premier abord et la moins facile d’accès : durée d’album plus que conséquente, compos longues et exigeantes, assemblage de plans parfois complexe et dissonant servi par un son volontairement lointain et étouffé, schizophrénie constante d’une musique écartelée entre la beauté presque angélique d’un clavier éthéré et des chœurs et la violence pure d’un chant maladif et d’une batterie très rapide, voilà une offrande qui ne dévoilera ses trésors qu’à ceux qui feront l’effort d’une écoute attentive et active. Mais alors, quelle récompense!
Attention tout de même, une fois contractée, cette musique risque de vous ronger à petit feu, de vous détruire lentement de l’intérieur et de réduire vos oreilles et votre cerveau en un amas de chairs putrides et mortes… Non, le doute n’est plus permis, la lèpre ça déchire, et Délétère, ça tue !

2 Commentaires

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kasha - 04 Août 2018:

Je pense plonger une oreille rapidement, dans cette lèpre infame! Merci pour cette présentation, j’en ai l’eau à la bouche ^^

Gjallarhornbathory911 - 26 Août 2018:

Des gars qui ne se prennent pas la tête malgré leurs talents et un rendu live plus qu'efficace ( vu au Forest Fest de cette année ).

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