Dark Desires

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16/20
Nom du groupe Elessär (ARG)
Nom de l'album Dark Desires
Type Album
Date de parution Juillet 2014
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1. Ice Queen 03:15
2. A Kiss and a Rose 04:50
3. Fate’s Introduction 02:07
4. The Lonely Warrior’s Fate 05:03
5. Heroes Born Dead 05:09
6. Puppet Girl 04:33
7. My Soul, My Life 06:17
8. Dark Desires 06:11
9. Your Own Being 05:00
10. We Change or We Die 05:34
11. Unforgotten Wishes 06:27
Bonustrack
12. Para Ver el Sol (Acústico) 03:02
Total playing time 57:28

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Elessär (ARG)


Chronique @ ericb4

19 Août 2015

On ne les attendait pas, et pourtant, les Nightwish de Patagonie pourraient bien vous surprendre...

Cette fois, c'est en Patagonie que Nightwish fait des émules, à l'instar de ce quintet de metal symphonique venu de Neuquén. Elessär, ce nom ne vous dit peut-être pas grand chose, pour le moment, mais, selon votre humble serviteur, la situation pourrait bien évoluer. A la sauce argentine, avec un soupçon de Xandria dans les lignes mélodiques, un savant mélange de Tarja et de Simone Simons (Epica) dans l'empreinte vocale, quelques impacts d'Ancient Bards dans la zone de frappe, des suites d'accords non sans rappeler Amberian Dawn, entre autres, on se dit que cette fringante formation semble vouée à un bel avenir. Arguons que, malgré le jeune âge de nos acolytes, le projet a pris le temps nécessaire à sa maturité, les membres fondateurs ayant déjà initialisé leur groupe et esquissé leurs premières compositions dès 2007. Suite à quelques changements de line up, plusieurs prestations en live sur la scène locale, le combo a oeuvré sans relâche pour peaufiner ses textes et ses arrangements pour nous offrir, six ans plus tard, un premier album full length généreusement doté en gammes et en arpèges. En outre, pas moins de douze pistes se déroulent sur un tapis auditif de près d'une heure pour un spectacle richement coloré sur le plan harmonique et témoignant d'une croustillante dynamique rythmique, avec comme dénominateur commun, la captation de nos émotions pour mieux les faire transpirer. Ainsi, un message fort est manifestement lancé à la concurrence de la scène metal symphonique locale, et à demi-mot, aux cadors du genre.

Cette auto-production reflète le projet des frères Howen (guitare) et Joshua (batterie) Rava, assistés de Camilo Vidal (claviers), de Rafael Uribe (basse), sans oublier Alejandra Barro, mezzo-soprano au charismatique filet de voix lyrique. Les compositions, à la complexité technique mesurée, tout comme les paroles, à la fine écriture, n'ont pas démérité, loin s'en faut. Ainsi, les séries de notes s'enchaînent avec aisance et justesse, la cohésion groupale offre une convaincante unité instrumentale et de jolis échanges entre les musiciens et l'interprète. C'est au cœur d'un registre metal symphonique mélodique, un tantinet atmosphérique, avec une touche power que navigue le groupe. Il nous délivre donc une œuvre musicale épique sans être grandiloquente, puissante sans se montrer violente, éminemment mélodieuse sans mièvrerie parasite, assurant un bel équilibre entre vélocité et douceur. Côté production, la qualité de l'enregistrement demeure assez satisfaisante, permettant de bien dissocier les instruments, et le mixage, sans être au top, sur-mixant parfois le chant, n'est pas de mauvaise facture pour un premier jet. Quelques finitions seraient encore à apporter pour en faire une œuvre quasi irréprochable, mais rien qui n'empêche l'auditeur de profiter de cette savoureuse galette aux relents d'un Nightwish première mouture. Illustre groupe qu'a d'ailleurs repris, en live, Elessär sur certains morceaux, restitués avec brio et une touche personnelle non dénuée de charme. On pressent déjà que leur approche du modèle identificatoire ne va pas en rester là...

Quelque soit l'angle d'attaque, le message musical révèle ses séduisants atours, à commencer par les passages les plus punchy du répertoire du collectif. On y décèle alors de nombreux jeux de correspondances instrumentales corroborant une inébranlable présence vocale qui, d'ailleurs, pourra rappeler d'illustres cantatrices du metal symphonique. Les exemples ne manquent pas à l'appel. Entraînant, d'inspiration power, le titre éponyme « Dark Desires », avec sa lead guitare bien installée et ses riffs lipidiques, s'écoule sans encombres, distillant de somptueux couplets et des refrains catchy, pouvant rappeler Xandria, seconde mouture. Difficile de rester de marbre bien longtemps, ce morceau incitatif au headbanging nous faisant frissonner, avec l'extase circonstanciée, pour suivre les pérégrinations d'une déesse ondoyant allègrement sur sa ligne de chant, que suit à la trace un serpent synthétique bien habité. Un titre qui, à l'évidence, a l'allure d'un hit d'excellente facture. De son côté, sur le véhément « Ice Queen », des perles de pluie introductives précèdent une soudaine épique et frondeuse rythmique assise sur des riffs échevelés, eux-mêmes calés le long d'une ligne mélodique infiltrante, que ce soit sur les invitants couplets ou sur les refrains, immersifs à souhait. Lorsque la sirène, telle Simone sur ses notes médianes, nous assène le pavillon de ses dièses et ses bémols de son timbre de voix envoûtant, la magie opère véritablement. On appréciera également un revigorant solo de guitare signé Howen. Enfin, la cadence augmente en intensité et en vélocité pour permettre au corps orchestral de finir crescendo. Pour sa part, le dynamique « Heroes Born Dead », aux riffs revêches, rappelle la source d'influence principale, dans son approche power, notamment dans des refrains qu'on entonnerait à tue-tête. Et ce, avec en prime, un parterre de choeurs enjolivant une piste déjà ragoûtante, la belle n'étant pas étrangère à cet état de fait. Un éblouissant solo de guitare, une basse au taquet auxquels répondent de fouettantes séries de notes aux synthés, nous assignent à résidence sur un titre qu'on ne quittera qu'à regrets. Enfin, on remarquera l'énigmatique et puissante entrée sur « We Change or We Die » avant que ne martèle un tapping évoluant de concert avec une section rythmique déchaînée. A son tour, la flamboyante empreinte vocale distille de diluviennes inflexions, dans les médiums, resserrant le continuum pour mieux s'en abstraire ensuite. Un ravageur solo de guitare fait front à un synthé très mordant dans ses rampes. Combat de titans, s'il en est ! A la belle de reprendre le flambeau pour aller jusqu'à tutoyer les étoiles de ses célestes patines orales. On ne compte plus les sessions de headbang à l'aune de cette première série de pistes, toutes plus inspiratrices les unes que les autres.

Par moments, la cadence se fait plus mesurée, moins frondeuse, jouant sur la progressivité du tempo, mais l'exercice n'atteint pas moins son objectif. Ainsi, l'entraînant mid tempo « Unforgotten Wishes » dévoile une belle lumière mélodique, mise en exergue par les ravissantes perles vocales de la belle, dans tous les compartiments. Une empreinte latino s'immisce, à la façon de Stream Of Passion à mi morceau, comme pour signifier un retour aux sources du combo. Au solo de guitare de nous ravir avant que Camilo ne prenne le relai, en touche. La plage prend alors plus d'emphase encore lorsque arrive à leur hauteur le lyrisme bien dosé de la belle, pour nous convier à un mariage de saveurs au sein d'une parfaite harmonie. On appréciera un beau dégradé de l'intensité sonore en fin de piste. Enfin, une lead guitare nous assoit au creux de « Puppet Girl », titre en mid tempo évoluant vers un power plus mordant, aux riffs vivifiants, dans l'esprit d'Ancient Bards, pour nous faire déambuler au sein d'une intense atmosphère, avec pour corollaire des refrains tracés au cordeau, habilement mis en lumière par la valeureuse interprète. On ne les attendait presque plus, et pourtant les voici, les growls, au demeurant assez lapidaires, pour donner la réplique à la belle. Enfin, un picking de toute beauté sur le solo de guitare nous étreint avant que le refrain ne capte l'attention, à la manière d'Amberian Dawn, première mouture. Et, là comme ailleurs, la sauce prend...

Par ailleurs, le combo nous octroie des variations rythmiques sur certains passages, rendant leur propos contrasté, un poil plus technique, mais non techniciste, sans y perdre en qualités mélodiques. Tout d'abord, d'éblouissants arpèges au piano, dont Camilo a le secret, nous installent en douceur et nous suivent tout le long avec une habileté déconcertante sur le vaisseau amiral « A Kiss and a Rose ». Titre qui, de ses variations rythmiques, trace sa route sur un océan orchestral à la profonde agitation intérieure, non sans rappeler les premiers Nightwish. Là encore, la sirène nous enchante de ses vibes délicatement acidulées d'obédience lyrique, quelque soit le moment de la traversée. Entraînant, à la redoutable efficacité harmonique, ce morceau délivre des refrains on ne peut plus fondants, tout en sachant aussi rompre le fil, pour mieux assoir un pont à la technicité éprouvée et un solo de guitare nous menant droit au firmament. A la séductrice de reprendre les rênes, avec un zeste de Tarja dans les trémolos, pour finir comme on a commencé, avec une confondante sérénité pianistique. De son côté, une chevaleresque entame nous accueille sur le puissant « The Lonely Warrior’s Fate », entraînant sans mal nos pavillons au cœur de couplets sculptés avec précision que se plaît à magnifier de ses impulsions finement modulées la déesse. Les variations rythmiques ne sont pas rares et témoignent d'une corrélation parfaite entre densité percussive et polarisante empreinte technique. La belle récupère l'instrumentation en cours de route pour élever d'un cran l'assise lyrique de ses ondulations haut perchées sur le refrain. Encore un solo roboratif à apprécier dans son jus, le long d'un incandescent pont instrumental nous laissant bouche bée. Sinon, l'énergique « Your Own Being » nous imprègne d'une rythmique un poil syncopée pour suivre les tribulations oratoires de l'interprète, qui, telle Simone, use de puissance et de mélodicité pour nous rallier à sa cause. Riffs écornés, lead guitare aboyante, frémissements synthétiques et percussions en liesse nous assaillent sur un pont diablement bien dessiné, avant que la reprise vocale ne s'effectue non sans quelques mérites. Dans cette salve, le combo demeure tout aussi impérial d'efficacité. A l'issue de ce premier tour d'horizon, d'aucuns seraient également en quête d'instants lévitants comme ont pu nous enchanter leur modèle identificatoire.

Les mots bleus, comment auraient-ils pu être oubliés ? Et les voici sur « My Soul, My Life », dans l'ombre de ses illustres inspirateurs, avec une pointe d'Epica, sur les notes de fond. Impitoyable pour les âmes aisément chavirantes, cette plage ne se lâche pas d'un pouce, par la luminescence de ses arpèges insérés dans le cheminement harmonique. Au gré d'un piano à fleur de peau, au fil d'une rythmique en retenue, sur une mer synthétique soyeuse, la diva n'a aucun mal, sur les couplets, et plus encore sur les refrains, à atteindre nos émotions les plus enfouies. Précise dans ses envolées comme dans les passages plus nuancés, nécessitant une parfaite maîtrise de son spectre vocal, elle parvient à se hisser, à sa manière, à la hauteur de nombre de ses consoeurs stylistiques. Un chaînon manquant entre Tarja et Simone, peut-être... Elevant le timbre encore d'un demi-octave près de la clôture, avant que le piano ne ferme la marche, vouloir y résister s'avère être une tentative bien vaine. Magique, tout simplement... Enfin, comment rester inflexible sur l'outro de l'opus aux accents hispanisants tout en légèreté atmosphérique ? Avec une belle profondeur d'âme, « Para Ver el Sol (Acústico) » finit par couler dans nos veines. Guitare acoustique et velours synthétique assistent la déesse, modulant à la perfection son vibrato, tout en romantisme, en espagnol, sur une piste tout en toucher, en délicates nuances de tonalité. Cela, au fil d'une ligne mélodique hypnotique due davantage à l'envoûtante ambiance du tableau d'ensemble qu'à de spectaculaires colorations auxquelles le combo aurait pu nous abreuver. Tout bonnement féérique !

Pour compléter l'offre, le combo n'a pas omis d'y inclure un instrumental. Assez bref moment onirique que « Fate’s Introduction », ayant toutefois davantage l'allure d'un morceau à part entière que jouant le rôle d'un interlude. Cette plage au climat serein fait mouvoir judicieusement ses nappes synthétiques pour nous envelopper de gammes ouatées. Et ce, au fil d'un jouissif paysage de notes déliées, évoluant au gré de violoneux samples, l'ensemble vagabondant alors jusqu'à l'enivrement de nos tympans alanguis.

On ressort de l'écoute de cette production la gorge nouée, interpelé par le degré d'inspiration et de professionnalisme de ces compositions, pour une formation encore jeune, mais qui a oeuvré avec acharnement et un supplément d'âme que l'on retrouve en filigrane sur sa rondelle. Adhérant aux gammes de sa source d'influence essentielle, on aurait pu croire qu'ils pouvaient éprouver quelques difficultés à développer leur propos en personnalisant leur démarche. Et pourtant ! Au-delà de quelques accords bien réappropriés, le combo a apposé son sceau sur chaque portée de chacune des partitions de son répertoire, même si un poil d'originalité aurait été le bienvenu. Pour le dire autrement, on pense 'Nighwish' mais on écoute bien 'Elessär'. On comprend que le combo issu des vastes espaces patagoniens pose déjà ses propres jalons artistiques et techniques pour annoncer la couleur de ses intentions, avec une touche latino qui lui sied à merveille.

Bref, on découvre un album de metal symphonique à chant féminin de bonne facture, recommandable aux amateurs du genre, et pas seulement. L'accessibilité des lignes mélodiques et les compétences techniques qu'il contient réjouiront aussi les fans de metal mélodique, atmosphérique, gothique, entre autres, déjà sensibilisés aux univers des groupes phares de ce courant d'influence. Nul doute que le champ de l'auditorat va s'élargir hors des frontières de la scène locale, pour affecter d'autres âmes non encore sensibilisées aux gammes et aux arpèges de nos acolytes. Comprenons qu'on sent poindre un vent nouveau venu de la pampa souffler avec force et détermination, prêt à nous faire frissonner à chaque passage. Autrement dit, avec eux, Nightwish peut être fier de les compter parmi ses enfants de cœur. Souhaitons-leur bonne et longue route...

5 Commentaires

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ericb4 - 20 Août 2015: Oui, là on détient un groupe techniquement solide, artistiquement convaincant, ayant bien dessiné leurs lignes mélodiques et disposant d'une interprète au filet de voix fluide et fort agréable. En Amérique du Sud et en Amérique Centrale, les groupes de ce type, pas toujours de ce niveau mais quand même on en trouve, commencent à abonder et pourraient bien nous surprendre! Il y a un véritable engouement pour le metal symphonique qui fait plaisir à voir et à entendre. Ce n'est pas l'inspiration qui manque, en tout cas, à commencer par ce combo promis à un bel avenir...
Sonadenn - 20 Août 2015: Ce groupe est effectivement très intéressant et a tout pour marquer de son empreinte le milieu du metal symphonique. Reste à transformer l'essai en trouvant sa propre identité.
frozenheart - 20 Août 2015: Merci pour cette découverte un groupe assez prometteur d'un genre qui avait tendance à s-essouffler!
ericb4 - 20 Août 2015: Oui, tout à fait. Je sens qu'il finiront par trouver leurs marques, même si, pour l'instant, ce n'est pas si facile, vu les affiches auxquelles ils participent en ce moment. Jouer sur la même scène que Tarja, participer à un tribute à Nightwish, transfigurer les reprises à tout va, n'aident pas à s'éloigner du modèle identificatoire! Au deuxième essai, on pourrait bien assister à un projet plus inscrit dans une démarche propre. Alors, quand on écoutera "Elessär", on pensera davantage "Elessär" et non plus tant "Nightwish"... En attendant, nous pouvons apprécier leurs arpèges tels qu'ils nous les livrent, avec une rayonnante inspiration et une bonne dose de maestria. Chapeau bas...
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