Dancefloor Bastards

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17/20
Nom du groupe Sidilarsen
Nom de l'album Dancefloor Bastards
Type Album
Date de parution 29 Avril 2016
Labels Verycords
Style MusicalFusion
Membres possèdant cet album33

Tracklist

1. Spread It 02:55
2. Dancefloor Bastards 04:06
3. Frapper la Terre 04:04
4. Go Fast 03:56
5. Guerres à Vendre 05:00
6. Le Jour Médian 03:47
7. Walls of Shame 04:09
8. Méditerranée Damnée 04:02
9. Religare 03:00
10. Sois Mon Rêve 03:57
11. Au Maximum 03:36
12. I Feel Fine 05:29
13. 1976 06:00
Total playing time 54:01

Chronique @ Just_an_Ellipsis

08 Mai 2016

Sidilarsen a parfaitement su gérer le tiède « Chatterbox »

Il y a des histoires d’amour qui sont belles malgré les années, perdurant toujours par les petites surprises du quotidien, d’avoir toujours ce côté rassurant, touchant… Et des fois, le frisson nous parcourt l’échine. Ce fut mon cas lors de l’écoute de « Chatterbox ». Non pas que l’album était mauvais, mais j’avais un peu trop le sentiment d’écouter un reboot, un deuxième CD de « Machine Rouge ». Alors il est vrai que la fébrilité m’a envahi à l’annonce de ce sixième album.

Sidilarsen est l’un de ces groupes créatifs et inventifs dont la seule préoccupation d’un album à l’autre est de surprendre son auditoire de nouveau et de nouvelles expériences. Fort d’une richesse musicale alliant Metal, musique électronique, rock-fusion et ambiance dancefloor sur des textes rassembleurs déclamés par la cohésion des deux vocalistes, le groupe a su enchainer les bonnes prestations depuis le spectral « Biotop » jusqu’à l’énormissime « Machine Rouge » et la douche tiède de « Chatterbox ». Prémices d’un essoufflement ? Toujours porté par le même quintet, « Dancefloor Bastards » se lance en rameutant le fameux tire-bouchon humanoïde, symbole absent de l’effort précédent.

Il faut dire que des trois titres présentés en avant-première, deux sont clairement sortis du lot, car plus éloigné de la zone de confort du groupe. « Spread It » et son ambiance rock’n’roll soutenu, s’affranchissant d’éléments électroniques pour se concentrer sur des voix fluides dans un refrain fort d’émotion, de puissance et de mélodie, cela fait sacrément du bien. Toujours plus éloigné a débarqué « Guerre à Vendre ». Ici, le mélange électro-rock se fait beaucoup plus sentir, mais c’est bien ces instants de violence brute et sèche, de batterie martelée sur des guitares plus Hardcore encore qui nous intéresse. Les couplets toujours plus engagés, dans les instants les plus calmes, ont quelques choses de malsains… Et dans une certaine légèreté (textuelle, au moins), « Dancefloor Bastards »-titre se place comme un évident retour aux sources. L’électro est cette fois-ci omniprésent, surpassant la guitare qui devient fond sonore. Tout ce titre a de quoi devenir un futur hymne en live (ce que, de mon point de vue, « Comme on Vibre » n’a pas réussi à réellement devenir).

Sidilarsen ne s’arrêtera pas en si bon chemin et « Dancefloor Bastards » a tout pour devenir l’album le plus efficace du groupe, le plus puissant. Et cela se traduit par certains revirements. « Frapper la Terre » démontre une fois encore cette volonté d’avancer. Sa courte introduction bluesy (« Vamos hermanos ! »… Ah non, c’est le disque précédent ça), sa rythmique est massive, purement industrielle, idéalement poussé par des refrains fédérateurs et tellement entraînants. Que dire de plus également sur ces phases de percussions lourdes doublées de basse ? S’il n’y avait qu’un titre à retenir, ce serait sans doute « Walls of Shame ». Un léger chœur arabisant qui sort ici et là, un mur électronique remuant, un refrain électro-métal de talent avant de laisser exploser les guitares sur des entre-deux sensationnels où la batterie se laisse aller à quelques instants de folie qui se calent avec perfection au tout. Pour un autre monstre de cohésion, « Religare » est dans la pure veine textuelle des Toulousains, toujours avide de rencontre et de nouvelles connexions, entre ce magnifique refrain entêtant et ce putain de break remplis de chœurs chargés en unités et émotions. Ou même encore du contrechamp électronique apposé par « Soit Mon Rêve » qui laisse malgré tout sur sa faim tant les bonnes idées sont sous-exploités, comme sa belle structure mélodieusement lourde et répétitive ou encore ce sublime passage parlé en toute fin.

« Qui laisse sur sa faim », c’est un peu comme cela que se développent quelques pistes ici. « Méditerranée Damnée » est pourtant un titre exceptionnel. Son ambiance progressive, d’abord lourde et saturante pour partir sur un démarrage magnifique de hargne et de force sur un texte difficile et chargé d’émotion… Sans pour autant que Didou ne s’empêche de déclamer un faux slam qui casse l’immersion. Parlons aussi de la belle ballade « Le Jour Médian », sublime dans sa construction et son ambiance, mais qui laisse pourtant un arrière-goût d’inachevé, sans doute la propension à être entre les chaises de la précipitation ou de la douceur, notamment par son doux électro ou son aura Post-Rock. Toutefois, rien n’excusera la faute de goût qu’est « Go Fast ». Kéké-vrombissement de moteurs, vocodeur vomitif donnant à Viber une voix que n’aurait pas renié un de ces pops-rappeurs d’NRJ, une instru sans génie et répétitive… Comme le dit Sidi dans cette piste, la route en tournée est longue. Petite précipitation alors ?

Mais pour se quitter avec le pur style Sidilarsen, le triptyque final assurera les références. Si les éclats électroniques d’ « Au Maximum » me rappellent un peu le « Omen » de Prodigy, on retrouve ce style alliant guitare lourde et rythmique rapide et nerveuse (et même un saxophone ?) sur des textes à l’humanité certaine. « I Feel Fine » se démarquera de par l’intégralité de son texte clamé en anglais. Je ne parlerais pas de l’accent assez amusant (bien que extrêmement mieux géré que sur les premiers albums), mais je me concentrerais sur cette épatante atmosphère électro-industrielle apposant encore davantage cette ambiance plus sombre de ce sixième album. La puissance Rammsteinienne du tout et cette conclusion tout en cri sont épatantes. Pour finir, « 1976 » apportera une sorte d’apothéose sublime à l’album, minimaliste dans ces textes plus personnels, d'instants électroniques transitant en rock, le tout possédant une émotion incroyable jusqu’à son final purement émotionnel, que certains pourront trouver hélas un peu too much … Personnellement, je me suis laissé happer.

Existant dans cette éternelle recherche du mélange organique et synthétique parfait et malgré quelques petites fautes de goût (non mais « Go Fast », quoi…), il faut reconnaître le mérite qu’a Sidilarsen d’avoir parfaitement su gérer le tiède « Chatterbox » en réagissant avec la manière. Si nous retrouvons toujours la patte Dancefloor Metal chère aux Toulousains, il est important de constater également l’émergence de certaines pistes qui s’en affranchisse de manière très intelligente pour donner libre cours à la mélodie plutôt qu’à l’électronique. Sidilarsen pousse une composante d’ailleurs bien plus mélancolique et sombre, poussant encore une fois à la complète interrogation quant à savoir de quoi sera fait l’avenir. Mais quoi qu’il en soit, on a hâte. Comme d’habitude, tout compte fait.

1 Commentaire

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Sowilo - 11 Mai 2016: Bonne chronique, merci. Je n'ai pas encore pu me faire d'avis définitif, mais dans les grandes lignes, je suis ok avec ça. Il me semble que les paroles faiblissent sur pas mal de titres par rapport aux précédents (tout reste relatif). Et puis, "Go Fast"... Bien d'accord... En bonus je ne sais où, ça passerait, sous couvert de 10ième degré, et encore. Mais à propos du disque en général, on en redemande toujours, c'est le principal. Leur identité est encore totalement là, ils varient le propos musical, et ils ont toujours une formule facile d'accès dans le bon sens du terme que très très peu peuvent égaler en France.
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