Crossing the Rubicon

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17/20
Nom du groupe Armageddon (SWE)
Nom de l'album Crossing the Rubicon
Type Album
Date de parution 1997
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album15

Tracklist

1. 2022 (Intro)
2. Godforsaken
3. The Juggernaut Divine
4. Astral Adventure (the Escape)
5. Funeral in Space
6. Asteroid Dominion
7. Galaxies Away
8. Faithless
9. Children of the New Sun
10. Into the Sun

Chronique @ LeMoustre

28 Mai 2014

Techno-death de puriste.

Armageddon sort de nulle part en 1997. Composé de Christopher Amott aux guitares, et de Jonas Nyren au chant (In Thy Dreams), notamment, on peut s'attendre à une débauche de technique. Impeccablement produit par F. Nordstrom aux Fredman Studios (son cristallin des nombreuses interventions de Christopher), ce groupe fera l'effet d'une petite bombe dans le monde du deathmetal qui ne se distinguait pas encore réellement avec les sous-genres que nous connaissons aujourd'hui.

Replaçons nous dans le contexte : 1997. Le Patient Anglais remporte l'Oscar du meilleur film, et Gustavo Kuerten le trophée de Roland Garros. Dire que cela ne rajeunit pas est un euphémisme, tant cette époque semble appartenir aux archives du siècle dernier. Le pire, c'est que c'est le cas. Pour se rapprocher de l'environnement musical qui nous intéresse, Arcturus sort sa "Mascarade Infernale", et Children Of Bodom son "Something Wild", deux albums marquants.

Loin de faire son âge, les 10 titres de cet album forment un tout. Impeccablement mis en valeur par une introduction ("2022") au lead de guitare limpide et digne des meilleurs Megadeth, "Godforsaken" et les neuf autres titres font la part belle à un deathmetal inspiré et fort bien construit. Mêlant agressivité à une musicalité jamais démentie, tout au long des 37 minutes du disque, les enchaînements d'hymnes nous semblent venir de l'aube du mouvement, tant les morceaux s'inscrivent dans la mémoire de l'auditeur dès leur première écoute. Technique, mais jamais démonstratif, et empruntant au thrashmetal les breaks et changements de rythmes des années 1980, Crossing the Rubicon s'inscrit dans une certain deathmetal classieux (la fin du fantastique "Asteroid Dominion" empruntée à Dvorak, compositeur classique du XIXème siècle, par exemple). Les soli sont fabuleux, et les parties plus mélodiques restent ancrées, grâce à la technique d'Amott, ici finement mise en valeur ("the Juggernaut Divine" et ses mini soli d'introduction, laissant la place à un riff entraînant comme pas deux).

Empruntant un lyrisme inédit (ah : le côté folk/prog de l'instrumental "Funeral In Space", fabuleux), et jamais loin d'un Coroner ou des premiers Obliveon, Armageddon séduit, cajole l'auditeur pour mieux le transpercer (le terrible "Asteroid Dominion" morceau phare de l'album, le violent "Faithless") entre deux aérations bienvenues. Ainsi, quatre instrumentaux, tous excellents, parsèment l'album, mais en constituent aussi un défaut, tant le disque passe vite. Un ou deux morceaux chantés supplémentaires n'auraient pas été de trop, surtout de cette qualité.

Composés de façon assez classique (ah ! des refrains dans le deathmetal !), Crossing the Rubicon nous ramène aussi aux premiers Atheist. Souvent thrash dans ses structures (Mustaine n'est pas loin), Armageddon propose un esprit futuriste et un instrumentalisme soutenu (le fil rouge spatial des thèmes abordés, les plans instrumentaux toujours pertinents) que n'aurait pas renié un Nocturnus ou un Obscura.

Sorti chez War music, label suédois, l'album reste aujourd'hui facile à trouver pour qui souhaiterait découvrir une pépite de deathmetal intelligent et technique, à mille lieues de certaines bouillies sonores des années 2010.

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BEERGRINDER - 29 Mai 2014: Un très bon disque qui est un peu le pendant Prog / technique de Arch Enemy. Qui plus est le concept des lyrics est intéressant avec les restes de l'humanité qui naviguent dans le cosmos. Par contre la suite m'avait vite refroidit, avec un style pompeux qui n'avait plus rien d'extrême.
LeMoustre - 29 Mai 2014: Pas faux, le rapprochement avec le Arch Enemy de cette époque (snif !). La suite m'est totalement étrangère, tant le style déployé n'a finalement rien à voir. A l'image d'un Oxiplegatz, un album finalement isolé dans un cosmos de productions de l'époque les faisant passer plus ou moins inaperçus sur le moment, ou, au mieux oubliés avec le temps.
BEERGRINDER - 29 Mai 2014: je ne connais pas le premier Oxiplegatz, mais les deux suivants bien que très différents l'un de l'autre, sont vraiment étonnants, à la fois immersifs et étranges.
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