Crazy Mac

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Ufych Sormeer
Nom de l'album Crazy Mac
Type Album
Date de parution Septembre 2006
Labels Holy Records
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album18

Tracklist

1. Shun Loafer 04:09
2. The Order Forces Strike Back ! 04:12
3. We Thought This Battle Lost 07:30
4. Mechanism of a Cold Macrocosm 03:13
5. And Oneria Falls ... 05:22
6. The Vendorian Rebellion 08:42
7. Where All Things Equalize 06:03
8. Space Cowboys 03:22
9. Deviant Local Universe 03:26
10. The Order Forces Strike Back (Cold Remix) 03:36
Total playing time 49:35

Acheter cet album

 $16.03  6,25 €  7,15 €  £8.97  $17.78  12,56 €  7,15 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Ufych Sormeer


Chronique @ Eternalis

03 Octobre 2009
« Oyez Oyez braves gens !

Le monde est en proie au chaos. La prophétie n’a pas eu lieu. Une rupture spatio-temporelle étrange a ouvert notre monde à la merci de cruels envahisseurs mécaniques. Ils sont là. Ils sont intelligents. Ils sont en avance. Nous sommes perdus braves gens. La fin approche. Nous n’avons qu’un unique espoir…il se somme Shun…mais il est actuellement porté disparu. »

Introduire le concept barré et hallucinatoire de "Crazy Mac", des fêlés de Ufych Sormeer, ne sera jamais chose aisée. Des créatures cybernétiques héritées du futur qui viennent dans un monde médiéval fantastique, disons que l’idée initiale n’est pas à proprement parler très conventionnelle.
Convention ? Ce second opus en fera fi de A à Z, jouant avec, les tournants en ridicule pour aboutir à un résultat unique et novateur, que les quelques aventureux auditeurs ayant osé sauter le pas ne pourront que s’enorgueillir de partager.

Etre signé chez Holy Records n’est jamais un hasard. Possédant un catalogue d’ovnis musicaux tous plus expérimentaux les uns que les autres (Kadenzza, SUP, Elend, Division Alpha, Trepalium, Orphaned Land, Rajna…), les parisiens de Ufych Sormeer ne pouvait pas être un groupe de plus dans la sphère sclérosée du métal actuel.
Proposé dans un digipack relativement proche des produits Holy, la présence d’une carte dépliable à la place du livret, ponctuée de nombreuses blagues de parts et d’autres, mets plus ou moins au parfum.

Mais on en oublierait presque le concept. Shun. Qui est ce Shun ? Sauveur et héros d’un monde fantasque mais curieusement très réel, comme une magnifique parabole d’une existence en réalité très proche de la notre. Shun est un fainéant, un joueur, un voleur que le jouissif "Shun Loafer" se permet d’introduire. Et la claque fut énorme…
Une voix très mélodique entame les premiers riffs, une production très synthétique, collant parfaitement à la schizophrénie à laquelle se livre le génial et proprement déglingué Bizour (chant, claviers, guitares et composition). Une bonne humeur très communicative s’élève de sa voix, que l’on rapprocherait sans problème d’un Michael Kiske, sans jamais oser parler de caricature ou d’une insultante copie. Faites de cassures rythmiques improbables (un gros travail de batterie), de soli envahissant l’atmosphère, d’une double pédale savamment dosé et surtout d’une certaine folie salutaire, ce premier morceau et son accélération finale à la double pédale (l’influence des fils spirituels de Helloween, Edguy, se fait alors ressentir) nous plonge dans un monde charmeur, accueillant, emplie de bonne humeur.

Mais c’était sans compter sur les esprits de cinglés qui forment le groupe. Expérimentant au maximum ce que l’enregistrement numérique peut offrir, les gens du Nord n’hésitent pas à cumuler les couches de sonorités improbables, les breaks complexes et techniques hérités du prog, des paysages sonores plus brutaux et sombres, reste de leur jeunesse black. Rien ne se ressemble, chaque composition est un nouveau voyage déluré dans des esprits certes joyeux mais pas forcément normaux. Mais quel plaisir. Car loin de rendre le tout indigeste, ce sont ces arrangements, ces sons sortis de nulle part, inégalement mis en avant ou non, s’intégrant à la musique selon leur bon vouloir (il faut comprendre que chaque son étrange n’est pas mis en valeur, rendant la production plus homogène) et surtout conférant à l’ensemble une très grande cohérence.

Il n’y a qu’à écouter le début de "The Order Forces Strike Back!" Pour s’en convaincre. Quelques secondes cybernétiques, un premier riff, des vocaux black, d’infimes notes de piano sorti purement des cieux, puis un gros riff heavy aplatissant tout, avant de voir le titre se lancer sur une première mélodie et une quantité innombrables d’arrangements vocaux (un vrai schizo ce Bizour…), de samples très spatiaux. Le tout dans une ambiance fortement heavy métal et catchy, presque digeste et logique, où l’auditeur pourra tour à tour secouer la tête ou être subjugué par la variété sonore (le travail de mixage a dû être colossal).

Nous pourrions évoquer également les étendus désertiques et ambiantes de "Mechanism of a Cold Macrocosm" (que l’on rapprocherait presque de l’univers onirique et mystérieux de Jean Michel Jarre) ou "Deviant Local Universe", laissant une interprétation plus grande à la profondeur musicale du groupe, loin de se poser en uniques alchimistes fous sans queue ni tête.
A l’inverse, une furie comme "And Oneria Falls…" irait plutôt des côtés d’un Mr Bungle sous amphétamines croisé avec un Faith No More des grands jours pour certaines interventions vocales de dézingués, l’ensemble saupoudré de riffs des plus puissants et belliqueux (Dave Mustaine es-tu là ?) et de quelques blasts intelligemment placé mais toujours avec une maestria et une personnalité forçant le respect et l’admiration. Celle de la personnalité. Car si l’on peut trouver des traces d’influences un peu partout, cette symphonie haute en couleur et en caractère bati le son d’Ufych Sormeer, entamé sur la précédente démo "The Whimsical Have a Dream".

Démo sur laquelle on retrouvait le jouissif "Space Cowboys", parvenant à compresser en trois minutes la folie interne d’un groupe définitivement au dessus du lot. Une pluralité de voix, des breaks imbuvables de prime abord, des riffs pourtant d’une puissance thrash inouïe et surtout ce refrain clair se retenant en une seule écoute.
Le tableau se révèlera quasi parfait avec l’impressionnant "The Vendorian Rebellion", fresque épique de plus de huit minutes, débridée et intense, éthérée et planante, aussi belle que puissante. Des chœurs angéliques, puis complètement loufoques, suivent les différents protagonistes de l’univers d’Ufych Sormeer, comme le fera un certain Devin Townsend avec son Ziltoid quelques mois plus tard.

La France vient d’accoucher d’un monstre expérimental qui, sans avoir la motivation de devenir un jour culte ou même fédérateur, démontre que la musique peut et doit encore dire des choses nouvelles à qui veut bien les entendre. De jeunes groupes, avec autant de talents et d’originalité, certainement hermétiques au plus grands nombres, mais qui trouveront un public parmi les plus ouverts d’entre nous. Et bon dieu que c’est bon ! Et comme l’annonce le livret… « Je ne serais guère étonner que vous décidiez de rester plus longtemps que prévu sur les terres d’Ufych Sormeer… ». Et comment ? Triple dose !

3 Commentaires

7 J'aime

Partager
cahan - 04 Octobre 2009: Merci pour la Chro, Eternalis. Ce groupe habite à 2 pas de chez moi et je ne les connaissais même pas.

Sont t'il encore actif ?
AmonAbbath - 04 Octobre 2009: Un nouveau disque devait sortir en septembre, mais pas de nouvelles.

Chronique parfaite.
albundy57 - 29 Novembre 2010: Belle chro en effet.
Par contre je n'adhère vraiment pas à leur zique...
Suis-je fermé d'esprit? Je ne pense pas , sachant que mes goûts en métal vont de ACCEPT à MORTICIAN , en passant par S.O.D. et TYPE O NEGATIVE.
Mais là j'avoue que je bloque, l'expérimentation musicale trop poussée est un refouloir total pour moi...
Quant au clip de "Shun loafer": ridicule à souhait.
Ceci n'est que mon avis, tant mieux si d'autres personnes sont moins étroites du bulbe que moi...
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ AmonAbbath

06 Août 2009
La folie désignerait, en langage populaire, l'êtat d'une personne dont le discours ou les actes, le comportement, ne semblent avoir aucun sens pour l'observateur. 

D'un tel point de vue, les joyeux lurons d'Ufych Sormeer semblent être des dingues, mais des dingues qui se maîtrisent à la perfection (et tant mieux pour nos tympans réjouis. Enfin je parle pour moi là, car la plupart des gens qui ont entendu leur musique ont été surpris et pas toujours agréablement (j'en aurai relevé un paquet, des "c'est quoi c'te merde?"), et n'ont trouvé aucun sens à cette galette. Il faut avouer qu'en écoutant "Shun Loafer" (qui est loin d'être représentative du cd) pour la première fois, je n'ai pas pensé un instant acheter un jour l'album. Mais à force de lire des chroniques sur son véritable contenu, je commençais à me dire que ça vaudrait peut-être le coup... Puis vint "Space Cowboys", chanson tout aussi déjantée mais plus heavy, et là... Une baffe comme je les adore! Ce titre est présent sur "Crazy Mac" mais vient en fait de leur démo "The Whimsical Have a Dream", ce qui explique une batterie moins furieuse que sur le reste de l'album (il y a eu un changement de batteur entre temps) mais tout aussi inventive. Riff incisif sur fond de piano dissonant, claviers jouant une sorte de symphonie spatiale à grands coups de sonorités laser, passage aérien avec des chœurs portant une mélodie sifflée (oui, sifflée!), tout ceci dans une seule chanson! Et la voix unique d'Olivier Bourez (dit ''Bzour'') est un instrument à elle seule, sa façon de chanter est indescriptible car décalée et burlesque mais pourtant si belle et évidente. 

Avec son histoire de western-fantasy futuriste (on fait du barré ou on n'en fait pas!) "Crazy Mac" est une succession de passages déjantés, expérimentaux, planants, épiques, le tout étant d'une cohérence à toute épreuve. On pourra y distinguer différents types de morceaux (ce qui offre - cerise sur le gâteau - une grande diversité) : 

- Progressifs : À l'image de "We Thought This Battle Lost" et "The Vendorian Rebellion", deux chansons relativement longues (sept à huit minutes, c'est pas non plus du Dream Theater) et difficiles d'accès, on y trouve rarement plusieurs fois la même mélodie, le groupe prend plus de détours en une chanson que certains de leurs confrères en un album. On ne sait jamais ce qui va suivre et il n'est vraiment pas simple de cerner la musique, même après plusieurs écoutes. 

- Space-opéra très ''cinéma'' : Avec "The Order Forces Strike Back!" dans une moindre mesure (on peut facilement y déceler les différents personnages présents au long de l'album), et l'excellent "Where All Things Equalize". Parlons-en de ce dernier, une intro envoûtante suivie d'un passage entre l'electro et la pop (avec au premier plan une voix de vieux robot), un refrain mélodique qui fait rêver, et la guitare entame un pont instrumental endiablé, parsemé de soli épiques avant le retour du couplet au robot et le refrain final. On n'avait jamais entendu cela. 

- Heavy in your face : directes, accrocheuses, mais munies chacunes d'un panel de riffs, d'éléments bizarres (un clavier vieux de 20 ans, des sons de cloches, on sifflote, et on envoie un bon gros rot!, ...), "Shun Loafer" et surtout la fameuse "Space Cowboys" vous scotchent à votre fauteuil ! Sans oublier "And Oneria Falls...", (un peu) plus sérieuse, plus metal, avec cette double pédale de tous les instants (il y a du blast !) et ces riffs tranchants, le tout aéré par deux passages semblables, épiques et somptueusement mélodieux, faits de chœurs, de mini-soli et autres lignes de basse. La maîtrise technique de ce jeune groupe est plus que surprenante! 

- Enfin, deux interludes électroniques que l'on qualifiera elles aussi de spatiales étant donné le rapprochement que l'on peut faire avec les films de science-fiction des années 70-80. 

Dans les sociétés anciennes, la folie a souvent un caractère sacré voire magique. "Crazy Mac" est une folie assumée et maîtrisée à deux-cent pourcents, magique pour l'auditeur et sacrée pour ses géniteurs, qui comptent bien réitérer le ''méfait'' avec un album intitulé "All Stars". Amateurs, affaire à suivre. 
18/20

1 Commentaire

2 J'aime

Partager
MetalOursonne - 03 Octobre 2009: Tout le mérite de la première chro (malheureusement pas reçue/lue à l'époque)! Maintenant trouver cet album à Bruxelles et je pourrai me faire une idée!
A plus xx MetalOursonne
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ MetalAngel

21 Octobre 2006
En cette année 2006, année bénie pour le métal, le groupe lillois Ufych Sormeer a décidé lui aussi de mettre les petits plats dans les grands et de nous offrir un disque aussi surprenant que déjanté, et le tout saupoudré d'un professionalisme efficace. En effet, le nouvel et second album de notre ami Olivier Bourez et de sa bande de virtuoses, nous en met plein les oreilles : son clair et hyper bien produit, riffs mélodiques en diable, rythmique basse/batterie insuivable, atmosphére aérienne apportée grâce aux claviers et, surtout, la voix suave et originale d'Oliv' qui recouvre le mélange intéressant d'un brin de subtilité. Nous retrouvons, bien sûr, sur cette rondelle excitante, les 4 morceaux qui figuraient sur l'EP 'The Whimsical Have a Dream' (c'est à dire "Shun Loafer", "The Order Forces Strike Back", "We Thought This Battle Lost" et "Space Cowboys"), mais, également, 6 nouvelles compositions qui se révèlent, elles aussi, très imaginatives, particulièrement au niveau des structures des morceaux, du mix des différents styles que le groupe aime, plus particulièrement "And Oneria Falls...", qui est une véritable claque! 'Crazy Mac' est un concentré de créativité, d'énergie, de fraîcheur, d'ambiances, de modernité, ce qui en fait une totale bombe. Jamais un groupe de metal n'aura été allé aussi loin dans l'expérimentation et la bizarrerie. Les new-yorkais de Dream Theater n'ont pas d'inspiration à côté...Alors, si vous en avez marre d'écouter toujours les mêmes choses, les mêmes riffs, les mêmes morceaux, procurez-vous cet album extraordinaire, qui emporte indubitablement le metal vers d'autres horizons et à un niveau supérieur! Excitant!!

5 Commentaires

2 J'aime

Partager
MisanthropeXI - 20 Avril 2008: Excellent album! L'album 2006 pour moi!!! Marrant, bien construit, baré à souhait! Alors c'est sûr faut aimer les choses "bizarres" qui sortent de l'ordinaire, moi j'adore! Longue vie a Ufych Sormeer!!
Saintrow - 08 Septembre 2008: Helas je pensais retrouver leur black metal sur et ravageur comme sur leur premier album, mais malheureusement ils ont completement change de style sur cet album, je suis tres decu.
MetalAngel - 09 Septembre 2008: ce n'est pas une merde c'est un album de prog' futuriste super créatif et quasiment génial.
AmonAbbath - 09 Fevrier 2009: Je ris. Quel genre de fan de musique (oui, toi Saintrow) peut se permettre de traiter ainsi un album. Tout groupe mérite un tant soit peu de respect pour le travail fourni, même si il est minimaliste (ce qui est loin d être le cas ici). On n'a pas une assez bonne oreille pour apprécier une formation bizarre et déjantée? Soit. Mais dans ce cas ou on change de style musical, ou on surveille ses propos.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire