Certains groupes décident de se lancer dans un style musical bien spécifique afin de transmettre leurs convictions ou croyances. Celui-ci peut leur convenir tout à fait et peut également les conduire sur une voie menant au succès et à la reconnaissance. Cependant, se confiner dans un genre aux contours bien définis et y perdurer dans le confort et la facilité peut vite amener la redondance et la facilité, deux pièges qui se sont avérés fatales pour bon nombre de groupes de par le passé. Il en va de même pour le changement total de registre pouvant paraître comme une pure trahison aux yeux des adeptes des premières heures. Ce schéma semble être aux premiers abords un vrai casse-tête de progression pour un jeune groupe, mais de la reconnaissance et du succès
Blood Stained Dusk n'en a eu que peu en dehors du territoire américain lors de la sortie de son premier opus "
Dirge of Death's Silence" et ils étaient donc assez libres quant à d'éventuelles expérimentations ou changement de bord.
Que ce soit clair, le groupe a choisi une voie intermédiaire en faisant progresser leur style sur cette deuxième sortie tout en gardant leur essence intact. La nature intrinsèque des morceaux se voit ainsi métamorphosée vers quelque chose de plus lourd, agressif et chaleureux, tout en préservant l'essence du groupe, permettant ainsi à BSD d'affirmer son style sans servir quelque chose de réchauffé. Ce changement se remarque en premier lieu par l'illustration ornant la pochette. La cover du prédécesseur de ce "
Continuance of Evil" était certes une cliché sur papier, mais reflétait très bien l'atmosphère brumeuse et cristalline des titres. Ce magma rouge et noir ci-présent semblant représenter une scène entre la chasse aux sorcières et l'inquisition se révèle assez représentatif de la nature des morceaux présentée ci-dessus, mais comment tout cela se présente-t-il finalement ?
Après une introduction faite de paroles incantatrices de la part de Dageth (cet album est également le dernier avant sa mort) en l'honneur de
Baphomet, "Rentum Tormentum" se lance petit à petit, entraînant l'auditeur vers un des lointains cercles souterrains, l'emprisonnant dans une ambiance ritualiste accentuée par les nappes de clavier de Thorgrin sonnant tels des chœurs fantomatiques appuyés par le double jeu vocal de Dageth et Oroan l'un officiant dans ses habituels vocaux criards, l'autre dans un registre plus clair et plus profond, le tout sous le mur dissonant formé par les guitares d'Agathos et les blasts de Profana.
La production fournie par les Soundworks Studios de Dave Pittman est un peu plus puissante que précédemment, gardant le côté sale et quelque peu chaotique du son dont nous faisait part l'opus précurseur en amplifiant tout de même plus la puissance des guitares, la notion de mur sonore étant moins présente ici, l'appréciation des différents jeux des musiciens étant plus aisées sans pour autant tarir l'ambiance et dénigrer le premier travail.
La noirceur et l'agressivité sont plus profondes et différentes dans le fond, troquant la poussière, la brume et le côté éthéré des compositions pour quelque chose de plus intense dans la violence et plus droit au but dans les émotions comme en témoigne le titre éponyme et son riff vindicatif toujours accompagné de
Blast-beats et autres tempos modéré que Profana gère avec habilité, la symphonie étant même plus en retrait. La cinquième et dernière piste "
Rebirth Of The Wretched...I
Live Again" et son introduction pas si éloignée que cela du Black
Brutal renforcera cette impression de par le tourment incessant qu'elle dégage. Ce titre n'en perd pas pour autant la pâte du groupe et si la surprise est moins de mise que sur le titre le précédent, l'ennui ne pointera pas le bout de son nez et son final conclura d'une manière habile et efficace cette deuxième offrande.
Il est difficile de dire si "
Continuance of Evil" est plus ou moins bon que son grand-frère à la manière d'une vérité absolue. Certains trouveront plus leur compte dans l'un ou dans l'autre, les goûts personnels venant jouer un point crucial dans cette affaire. Le premier avait l'avantage d'être plus long avec une symphonie plus marquée, libérant une atmosphère à la fois sinistre et épique sur certaines parties, tandis que ce deuxième effort est plus droit au but sans pour autant perdre de sa superbe, bien que tenant moins en haleine sur la longueur.
En dépit du deuil le combo américain a réussi à nous offrir leur meilleure œuvre en la présence de
Black Faith Inquisition, ne restant pas sur ses acquis et progressant avec brio. Il ne tient qu'à l'avenir de nous dire s'il en sera de même en vue d'une éventuelle quatrième sortie, car ils semblent avoir encore des surprises à nous réserver.
"In
Darkness We
Hail...No Light Shall Penetrate"
Val'
Ce n'est parfois pas si éloigné (mais par moments seulement) de ce que pouvait faire Draconis avant eux.
Je ne connais pas le premier album mais Continuance est meilleur que la démo, sympathique mais avec quelques approximations.
Moi ce style couillu, authentique et simultanément ouvert à différentes approches, me convient bien en tous cas.
En tout cas si tu as aimé celui-ci le premier devrait te convenir je pense.
"Je ne connais pas le premier album mais il est meilleur que la démo, sympathique mais avec quelques approximations."
Tu veux dire que tu ne connais pas le premier mais que tu as écouté des extraits et le trouve sympathique ou que tu n'as pas écouté le premier mais que celui-ci tu le trouve meilleurs que la demo mais avec quelques approximations?
Désolé pour la question mais je ne saisis pas exactement le sens te phrase.
Sinon je ne te conseillerais que trop leur troisième (trouvable à 2,80 euros sur firebox) qui est bien plus évolué dans les compositions et avec Pest au chant en plus.
Différent des deux autres vu qu'il est plus évolué mais leur pâte est toujours bien et je pense que tu devrais bien l'apprécier. Si je dois te conseiller un morceau, écoute "Coven Of The dying Sun" qui est disponible sur leur myspace et représente bien ce dernier opus en date.
Val'
En tout cas : "Moi ce style couillu, authentique et simultanément ouvert à différentes approches, me convient bien en tous cas. "
Oui c'est vrai c'est bien appréciable, mais bon j'ai bien dû tenir compte du précédent (et plus accessoirement du suivant même si je n'en parle pas) dans ma critique et au niveau de la notation. Probablement qu'un titre ou deux en plus du même acabit m'aurait fait monter à 15. Mais ça reste bon.
Si un jour tu arrives à choper les deux autres n'hésites pas à venir en parler en tout cas sur les chros corespondantes, je me suis décidémentpris d'affection pour ces américains qui ont un vrai potentiel !
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire