La distance qui sépare, concrètement, l'Ukraine de l'Italie est d'environ 2400 kilomètres. Elle sera toutefois supérieure à 2800 si nous prenait l'envie de nous diriger plutôt, en partant du pays slave, vers un de ces pays nordiques aux villes aux noms imprononçables comme, par exemple, la Suède. En revanche, la distance qui sépare le
Power Metal de cette formation originaire de Kiev du nom de
Morton à celui d'autres basés, par exemple, à Stockholm ou, au hasard, à Trieste est, quant à elle, nettement plus ténue. Ce long éclaircissement abscons aura simplement pour but de dire que dans l'art de ce nouveau collectif conduit par le bassiste, chanteur et producteur Max "
Morton" Pasechnik, il aura beaucoup de références connues puisé au cœur de cette mouvance européenne si chère aux
Sonata Arctica,
Kamelot,
Stratovarius et autres
Rhapsody (avec ou sans
Fire).
Partant de ce constat brillant les plus perspicaces d'entre vous auront déjà compris que s'agissant de l'originalité et d'un renouvellement d'un genre que, soit dit en passant, les plus exigeants d'entre nous attendent depuis quelques temps déjà,
Morton, fort de son premier véritable album baptisé
Come Read the Words Forbidden, ne sera pas vraiment celui par qui la lumière divine viendra nous éclabousser de son irradiante chaleur et nous emplir d'émotions vivifiantes et de...bon d'accord j'en fais trop.
Par conséquent, devrions nous d'ores et déjà en tirer la conclusion définitive qui s'impose quant à ce disque, à savoir qu'il n'est rien d'autre qu'une énième manifestation stérile d'un groupe de seconde zone (j'aimerais ici, et ce afin de dissiper toutes ambiguïté possiblement naissante, insister sur le fait qu'il n'y a absolument aucune volonté péjorative sous ma plume lorsque j'évoque cette "seconde zone" et que, bien au contraire, je suis de ceux qui défendent fermement les groupes venant de là qui, parfois, sont bien meilleurs que d'autres de premier ordre)? Je parie que ce long aparté vous aura fait oublier la question initiale. Je reprends donc et je résume, si ce
Come Read the Words Forbidden n'est ni novateur, ni même la réincarnation attendu d'un
Power Metal qui aura déjà presque tout dit, est-il fatalement mauvais pour autant? Non.
Pas nécessairement.
Et, en l'occurrence, ce disque est plutôt bien fichu dans l'ensemble nous proposant un voyage qui ne nous laissera aucune trace impérissable mais qui sera relativement plaisant. Ce qui, croyez en mon expérience forgé sur plusieurs centaines d'écoutes d'œuvres dans le genre, n'est pas si courant qu'il y parait. Surtout si, comme c'est le cas pour moi, cet enchainement aura pour conséquence de vous rendre beaucoup plus critique. Mais je m'égare.
Au chapitre des quelques titres qui nous sortent un peu de ce ressenti général plutôt appréciable, évoquons ce Sleeping
King aux refrains un peu trop éculé ou encore ce Eaglemark, quant à lui, un peu trop candide. Deux légers faux pas qui, cependant n'enlaidiront pas suffisamment ce disque et ne réussirons pas à nous pousser à déverser fiel et humeurs assassines à l'encontre d'une formation plutôt méritante.
En définitive,
Morton n'a donc rien de véritablement bouleversant à nous dire. Il le fait toutefois avec application et sincérité pour un résultat qui, s'il ne remettra absolument rien en cause, aura au moins l'avantage d'être agréable.
@Sonadenn: Ravi que ce groupe te plaise.
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