City's Gonna Burn

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Nom du groupe Laaz Rockit
Nom de l'album City's Gonna Burn
Type Album
Date de parution 1984
Style MusicalThrash Bay Area
Membres possèdant cet album44

Tracklist

Re-Issue in 2009 by Massacre Records with 3 bonustracks.
1. City's Gonna Burn
2. Caught in the Act
3. Take No Prisoners
4. Dead Man's Eyes
5. Forced to Fight
6. Silent Scream
7. Prelude
8. Something More
Bonustracks (Re-Issue 2009)
9. Prelude to Death
10. Black Leather
11. Silent Scream

Chronique @ adrien86fr

04 Avril 2011

Le charme des premières heures du thrash metal made in Bay Area

Si le commun des mortels et la masse en général tendent aujourd’hui à associer quasi-exclusivement la mythique scène thrash metal de la Bay Area san franciscaine aux superstars et plus ou moins grosses machines à fric du genre que sont les immuables Metallica, Slayer, Exodus et Testament dont la gloire a pour certains d’entre eux dépassé les sphères de la culture heavy metal pour investir de façon malhabile celles d’une culture populaire stérile et sans âme ; il serait on ne peut plus injuste et réducteur d’occulter le rôle prépondérant dans la gestation ou l’affirmation du style qu’on eu d’autres combos non moins légendaires mais pour qui la Providence aurait pu avoir un peu plus d’indulgence à l’image des anthologiques Forbidden, Heathen, Defiance et autres Lääz Rockit pour ne citer qu’eux. Alors qu’il s’avère être très difficile aujourd’hui d’écouter un « Kill’Em All » ou un « Show No Mercy » sans penser avec tristesse et regret à ce que sont devenus leurs auteurs en ces temps de disette culturelle ou beaucoup d’ « artistes » s’avèrent être de véritables outils de profits soumis à la loi de la rentabilité d’un monde pour lequel la Vision et l’Idéal passent après le graissage de l’infâme machine néo capitaliste, il est fort heureusement encore possible d’apprécier le charme indéfinissable et la rage absolue de cette scène en parvenant après de longues et tumultueuses recherches à dénicher les pressages originaux d’albums cultes illustrant d’une façon on ne peut plus pertinente l’inqualifiable richesse du thrash metal originel made in Bay Area.

Lääz Rockit se forme à Oakland en 1982 sous le nom initial de Depth Charge autour du vocaliste Michael Coons et du guitariste Aaron Jellum. Officiant à ses débuts dans un registre d’obédience sleaze metal à l’instar d’un Ratt avec lequel il partage un temps le manager Marshall Berle qui dirige alors également la carrière de Van Halen, le combo ne tarde pas radicaliser sa musique et son image et à se rebaptiser Lääz Rockit d’après les lance-rockettes M72 LAW (Light Anti-Armor Weapon) dont il est question dans le film de science fiction The Enforcer (1976) de James Fargo mettant notamment en scène Clint Eastwood dans la peau de l’inspecteur Harry Callahan. Après les traditionnels changements de line-up qui verront entre autres le bassiste Dave Starr rejoindre les rangs du légendaire Vicious Rumors, une multitude de gigs au sein de l’underground thrash des clubs de la Bay Area tels que les mythiques Ruthie’s Inn, The Keystone et autres Kabuki Theatre ainsi que la parution d’une démo nommée « Prelude to Death » ; Lääz Rockit dégotte un deal avec le label Target Entertainment Records qui sort au cours de l’année 1984 le premier LP du groupe intitulé « City’s Gonna Burn ».

A peine que commencent à raisonner les premiers riffs du morceau éponyme ouvrant ce premier méfait illustré par une excellente pochette mettant en scène un downtown nocturne pris par les flammes qui ne pourrait on ne peut plus coller à l’identité et aux codes visuels du thrash metal originel ; l’auditeur remarque rapidement que Lääz Rockit s’avère être musicalement plus inspiré par la NWOBHM ou même le hard rock à la Quiet Riot que par le hardcore punk des Black Flag, Misfits et autres Dead Kennedys à qui la scène thrash de la Bay de San Francisco doit beaucoup quant à la gestation de son style unique. A défaut de constituer de mauvais morceaux, « City’s Gonna Burn » et « Caught in the Act » surprennent de par leur tempo relativement lent qui peine à aller de pair avec la vitesse et la férocité de certaines autres entités thrash de la scène beaucoup plus virulentes d’un point de vue intrinsèquement musical. C’est avec « Take No Prisoners » qui n’est pas sans rappeler au moins de nom le Megadeth de « Rust In Peace » que commencent les choses sérieuses, ce titre posant les bases d’un thrash metal aux accents speed certes peu original si l’on y regarde de plus près mais terriblement efficace et traduisant de façon optimale l’enthousiasme d’un jeune groupe fier de présenter enfin au monde sa première galette. Un rythmique imparable de lourdeur doublée d’un chant haut perché stéréotypé heavy metal de la première moitié des 80’s signé le génial Mr Michael Coons aujourd’hui acteur de spots publicitaires ayant récemment vanté entre autres les mérites d’un médicament traitant les dysfonctions sexuelles masculines nommé Stifficade s’avèrent être la marque de fabrique d’un Lääz Rockit dont l’identité visuelle semble embrasser tous les codes de la culture heavy metal. A ce titre, relevons anecdotiquement les umlauts ou röck döts placés diacritiquement au dessus de chacun des deux A composant le patronyme du groupe d’Oakland. Effectivement, à l’instar d’une pléiade de combos légendaires parmi lesquels le connaisseur pourra relever les cultissimes et inoubliables Motörhead, Blue Öyster Cult, Queensrÿche, Mötley Crüe, Infernäl Mäjesty, Deströyer 666, Mägo de Oz et autres Mütiilation ; Lääz Rockit possède lui aussi cette particularité esthétique conférant à qui l’adopte une identité heavy metal des plus certaines et représentative d’une sous culture inspirée en partie par les mythes nordiques et teutons.

Définitivement beaucoup plus efficace que réellement original, « City’s Gonna Burn » s’avère être également marqué d’une production plutôt perfectible affirmant sans aucune peine les vingt-sept ans d’âge d’une galette qui aurait sans aucun doute mérité de dégager plus de puissance pour révéler comme il se doit la rage et la fureur de la bande à Michael Coons. Véritable voyage au temps ou les rock stars n’étaient pas encore fatidiquement touchées par des troubles érectiles qui seraient à même de faire fuir aujourd’hui les groupies de jadis les plus hideuses et mères célibataires de fils ou filles de rock stars camés et livrés à la prostitution dans les rues du skid row de Los Angeles sans savoir qu’un beau jour le coup de fil d’un notaire précédé d’un test de paternité changeront leur triste existence à tout jamais, ce premier méfait de Lääz Rockit fait partie de ces albums qui à défaut d’être des chefs d’œuvre du genre auquel on les rattache possèdent cette capacité des plus magiques et inexplicables à faire voyager et évoluer imaginairement l’auditeur au beau milieu de l’environnement qui était celui du groupe à l’époque de l’opus concerné. Ainsi, les infaillibles « Forced to Fight », « Silent Scream » et autres « Something More » permetteront à qui prend le temps de poser avec plus ou moins de difficultés sa bouteille de Russian Standard, de fermer les yeux et se laisser transporter par le thrash de Lääz Rockit de se retrouver littéralement téléporté outre atlantique en 1984 dans la fosse bouillante du Old Waldorf de San Francisco entouré de quelques centaines de teenagers chevelus et acnéiques vêtus de t-shirts noirs aux manches découpés artisanalement à l’effigie de leurs groupes favoris et de jeans serrés et délavés ; chaussés de Nike Air Force One à grosses languettes et se fracassant inlassablement et sans aucune douleur apparente la nuque au rythme saccadé des hymnes thrash vociférés par leurs idoles conspuant avec force et haine les injustices propres à la société exubérante au sein de laquelle la Providence leur a demandé de vivre. Respirant sans conteste une authenticité et un enthousiasme des plus communicatifs, « City’s Gonna Burn » de LR peut malgré la faiblesse relative de sa production se targuer d’être une pièce anthologique de l’univers thrash metal de l'immuable Bay Area san franciscaine.

Témoignage intéressant et authentique d’une époque bénie et irretrouvable qui voyait le metal extrême vierge de toute velléité pécuniaire et qui constituait valablement un moyen de rébellion légitime d’une jeunesse désabusée mais passionnée dont les valeurs résidaient ailleurs que dans le consumérisme déraisonné et le conformisme aveugle à la pensée unique et à l’inculture de masse et en dépit de ses défauts et maladresses de jeunesse qui font aujourd’hui son indéniable charme ; « City’s Gonna Burn » de l’immuable Lääz Rockit s’avère être un disque digne d’intérêt pour qui considère le fait que le thrash metal de la Bay Area ne se résume pas qu’aux best sellers de Metallica et de Slayer. A découvrir ou à redécouvrir au plus vite.

14 Commentaires

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ZazPanzer - 24 Octobre 2012: Je me suis pris ce Nothing'$ $acred il y a un an et demi après la chronique de Christophe mais je n'ai pas accroché plus que ça. Les premiers morceaux sont excellents mais je décroche rapidement. Je l'ai en fait peu écouté, pas trop envie d'y revenir, je vais retenter ces jours ci tiens.
MikeSlave - 24 Octobre 2012: @ZAZ: réécoute le mais sans a-prioris négatifs et concentre toi sur les rythmiques bétons et le chant!
samolice - 24 Octobre 2012: Oui Zaz, et au pire, si tu n'aimes toujours pas, t'as qu'à imaginer que tu es en train d'écouter "Street".
MattMaiden - 24 Octobre 2012: Sam, pas vraiment le même style ;) J'aime bien Nothing Sacred, mais sans le considérer non plus comme l'album Thrash ultime. Quand à ce City's Gonna Burn, je n'ai toujours pas cassé ma tirelire pour me l'acheter... Un jour viendra !
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