Pour ce quatrième album les Black métalleux de
Cirith Gorgor connaissent désormais la chanson et ce disque sobrement intitulé
Cirith Gorgor (2007) reprend allègrement les éléments qui ont fait l’identité des disques précédents, pour faire court : blast-beats, agression, trémolos et chansons épiques. Cependant un petit quelque chose a changé chez nos hollandais,
Total Annihilation aligne pourtant comme sur
Firestorm Apocalypse des linéaires Black et des accélérations toujours efficaces, mais le son s’est arrondi rendant l’ensemble moins sec que par le passé, la production de Erwin Vermsen est résolument plus moderne et puissante à l’image de productions suédoises comme Endtime Divine (
Setherial) ou Diabolis
Interium (
Dark Funeral) : on peut s’en féliciter ou le regretter selon les attentes.
En revanche l’artwork est toujours aussi sombre, encore plus même puisque sur la pochette de
Lord Mystic (
Cirith Gorgor est adepte du Do It Yourself car il s’agit du batteur de la formation) on ne distingue pas grand chose hormis leur logo. On notera que les hollandais se sont débarrassés de leur ancien chanteur Nimroth, c’est désormais le batteur Levithmong qui s’occupe des vocaux et ceux-ci sont d’une intensité remarquable le bonhomme semblant s’arracher les cordes vocales à chaque cri, rappelant le style du phénoménal Gannon de
Deteriorate. Peu d’évolution en revanche au niveau des guitares la paire Marchodias /
Inferno (qui avait remplacé
Astaroth Daemonum sur l’opus précédent et qui n’a rien à voir avec le batteur de
Behemoth) fait toujours bonne figure alternant riffs mélodiques, linéaires Black ou rythmiques d’influences plus Thrash, c’est le cas entre autres sur le trépidant
Master of
Dark Sorcery ou un
The Black Hordes catchy et dévastateur aux petits soli judicieux.
Comme d’habitude
Cirith Gorgor varie les plaisirs,
Warcry of the Southern Lands nous plongeant dans des ambiances « true » et mélodiques que ne renieraient pas
Taake ou
Darkthrone. Ce melting-pot musical est bien résumé sur le final Der
Untergang jouant de tous les éléments énoncés jusque là, un titre avec au passage des paroles intéressantes traitant du front russo-allemand en 1942.
Cette quatrième offrande ne marque donc pas de changements caractéristiques si ce n’est au niveau du son, montrant un
Cirith Gorgor dans sa bonne moyenne sans non plus casser la baraque. Dans un style comparable les hollandais ne sont pas loin du tout d’un Endstilles Reich (
Endstille) sorti cette même année 2007. Même si
Cirith Gorgor n’a pas tout à fait les épaules d’un leader du Black
Metal, les bataves parviennent au fil des albums à développer un jeu qui leur est propre, cet album éponyme n’échappe pas à la règle et mérite votre attention quant à un achat futur.
BG
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