Il y a des groupes, on ne sait pas exactement pourquoi, qui continu contre vents et marrées à créer de la musique malgré des voyants très souvent à l’orange, voire carrément négatifs.
On peut parler de passion, d’envie, d’aller faire proprement foutre les détracteurs pour continuer ce qu’on aime mais parfois, on se dit que certains devraient vraiment se reconcentrer sur les priorités et comprendre que quelque chose ne va pas.
Pas seulement musicalement, mais dans le fond et dans l’attitude. Bien évidemment, chacun aura ses noms qui lui viendront à l’esprit mais nous parlerons aujourd’hui du cas de
One-Way Mirror qui interroge de plus en plus.
Après deux albums n’ayant fait parler d’eux que par la qualité de leur line up (Guillaume Bideau au micro, les frères Potvin aux guitares et l’intégralité du line up de
Lyzanxia en général) plutôt que par une musique désespérément générique et sans saveur, s’engluant dans un metal moderne et hybride dont
Mnemic,
Deadlock ou le Danemark en général ont le secret.
Si le premier album avait bénéficié d’une excellente promotion et d’un relatif succès d’estime plutôt que commercial (les temps sont durs pour tous), le groupe qui était passé de
Metal Blade à Trepan Records n’avait pas eu la chance d’avoir autant de soutien pour le très anecdotique "Destructive by Nature" sorti il y a deux ans, ayant permis à peine quelques concerts en ouverture de
Gojira et une poignée de copies écoulées. Trois ans plus tard et un nouveau label avec,
One-Way Mirror sort "
Capture" et espère probablement sortir de son anonymat pour enfin exploser comme son destin semblait le prédire à sa formation. Les choses sont pourtant (très) loin d’être gagnées.
Autant le dire directement : absolument rien n’a changé. Le groupe est scrupuleusement le même qu’il y a trois ans, le son est identique et les compositions sont toujours aussi peu personnelles, s’enfonçant dans une modernité sonore de chaque instant assommante d’effets de style et d’explosions mais sans une once de génie comme pourraient l’avoir
Gojira,
Devin Townsend,
Soilwork ou TesseracT ; à savoir des groupes tous différents mais dont on sent ici et là les influences sans jamais en toucher la personnalité si particulière.
De "Stinkin’ of Gold" à "The Clock is Ticking" en passant par "
Confusion Core", nous avons toujours le droit à la même soupe, à savoir une intro à la basse ou cybernétique, un chant clair exécrable et sans relief, un chant hurlé gonflé aux infrabasses, des riffs aussi inconsistants que peut une crème pâtissière industrielle et surtout une double pédale là pour renforcer la puissance certes existante mais vaine du groupe. On peut être chauvin et vouloir protéger et/ou défendre les groupes de notre contrée mais il faut bien avouer que, encore une fois, il n’y a pas grand-chose à sauver. Guillaume utilise de plus en plus sa voix sursaturée dans un vocodeur à l’instar de
Corey Taylor dans Slipknot (avec des refrains s’en rapprochant parfois d’ailleurs) et si l’effet est original et intéressant une fois, il devient insupportable utilisé à longueur d’album.
On aurait même pu croire à un morceau volontairement provocateur et gentiment taquin avec "Fuck your Autotune" (de plus en plus répandu aujourd’hui) mais malheureusement, le groupe propose encore un morceau identique au reste, sensiblement plus belliqueux mais toujours aussi superficiel et lisse. Idem, nous aurions pu avoir espoir que la reprise osée de "
Lady Marmalade" soit une réussite en soi, un peu comme
Firewind a repris "
Maniac",
Adagio "Fame" (même si j’ai quelques réserves sur celle-ci), ou encore
Edguy "La Marche des Gendarmes" : c’est-à-dire un délire assumé mais musicalement intéressant et surtout fun. Rien de tout ça ici, où le groupe fait comme d’habitude, à savoir des tonnes d’effets et de samples exaspérants pour les fameux « Voulez-vous coucher avec moi ce soir ? » mais sans second degré, sans humour si bien que l’ensemble en devient complètement ridicule. Dommage parce qu’on aurait au moins pu retenir cette reprise de Patti Labelle comme l’idée réussie de
Capture. Perdu.
Rien de bien neuf sous le soleil de
One-Way Mirror. Ceux qui aimait, qui ne sont pas très difficile ni prise de têtes prendront peut-être du plaisir (tout le monde n’est pas difficile) et les autres continueront de fustiger ce manque d’investissement, de spontanéité et de naturel.
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