Souvenons-nous de cette insoutenable peur qui nous avait saisis alors que l'un des plus célèbres guitaristes américains, ayant oeuvré au sein de
WASP, à savoir
Chris Holmes, sortait un inespéré
Shitting Bricks après un exécrable They All Lie and Cheat qui nous offrait le triste spectacle d'une déchéance abominable dans un clip où le musicien partageait la lumière avec sa moitié. Le poignard qui nous transperça alors fut douloureux. L'image de cet homme ravagé par le temps et, sans doute, par quelques-unes de ces substances qui font tant de bien à l'âme et si peu au corps, nous glaça. Les talents du musicien, et notamment s'agissant du chant, ne nous rassurèrent guère. Fort heureusement, le disque qui suivit ne fut pas tout à fait le désastre annoncé et, bien qu'assez moyen, nous donna quelques raisons d'espérer. Des raisons qui, apparemment, suffirent également au label danois Mighty Music pour signer un contrat avec
Chris Holmes et ainsi lui donner la chance de sortir un nouvel opus. Ce qui est chose faite en cette année 2016 avec ce méfait baptisé CHP.
Un nouveau méfait qui n'en sera d'ailleurs pas vraiment un puisqu'il s'agira d'une sorte de compilation regroupant le meilleur de
Nothing to Lose (
2012) et de
Shitting Bricks (2015) agrémenté de deux titres enregistrés en public. Employer le terme "meilleur" pour désigner la première partie de ce disque est juste une vaste plaisanterie tant ces quatre premières pistes à la production exécrable, aux chants insoutenables et aux batteries aux sonorités de caisses-claires aigües à vous en transpercer les tympans, ne méritent pas ce qualificatif. On se demande même d'ailleurs si elles méritent même celui de "chansons". Mention spéciale à Loser qui, quant à elle, se permet même le luxe de crisper nos esprits et de vriller nos tympans avec un final raw particulièrement irritant à côté duquel les premières œuvres de
Darkthrone ressembleront à une sucrerie surproduite.
En ajoutant à ces horreurs, les deux lives qui viennent clôturer ce disque boueux, on a donc six pistes, soit la moitié de cet opus médiocre, aux qualités proprement insoutenables. Et pour ces deux dernières, la quintessence de l'insupportable est même proche tant elles frôlent l'inaudible. Cela dit, cette tare aura au moins l'avantage de nous épargner le chant fragile, et c'est là le moins que l'on puisse dire, de
Chris Holmes.
On pourrait rire de cette débâcle, si le disque n'était pas vendu au prix fort sur des sites aussi respectables que ceux de
Nuclear Blast ou de
Napalm Records. En poursuivant cette réflexion un peu plus loin, on pourrait même s'interroger sur le sérieux de gens qui acceptent de nous vendre de telles abominations. Et même se demander si le téléchargement illégal, fléau dont ces acteurs bienveillants du milieu se plaignent et qu'il faut, bien sûr, condamner, est vraiment à blâmer face à des professionnels aussi peu scrupuleux dans le cas qui nous occupe ici? Il y a des moments où l'industrie est juste indéfendable.
Afin de nous ménager et de stopper ces remontées acides qui nous brûlent la gorge depuis les premières minutes de cet opus, fort heureusement, quelques morceaux "écoutables" viendront nous apaiser un peu. Extrait de
Shitting Bricks, ils auront, en effet, quelques vertus suffisantes pour nous calmer. Du moins pour certaines d'entre-elles (
Shitting Bricks et
Let It Roar aux riffs que Blackie
Lawless n'aurait sans doute pas reniés, Get with it ou encore, par exemple, le bluesy
Born Work
Die).
S'agissant du chant de
Chris Holmes, le constat est toujours le même: sa voix éraillée, qui n'est pas sans nous rappeler celle du regretté Lemmy Kilmister, sans la maîtrise et le talent, est toujours approximative et discutable.
Il est donc urgent que
Chris Holmes se trouve un vrai vocaliste capable d'interpréter ses mots et de lui apporter son expérience afin d'éviter tous les pièges du métier (placements, faussetés...). De plus, il est tout aussi urgent qu'il se trouvent des camarades de jeux au caractère suffisamment affirmé, et trempé, pour lui dire avec franchise ce que vaut sa musique. Parce qu'en continuant ainsi, le guitariste natif de Los-
Angeles se rapproche indéniablement du mur...et à une vitesse assez vertigineuse...
https://youtu.be/GjcglI4dMB4
T'as vu la culture des somiens en pop des 80's !! :-))
Nannnnn je déconne.
@ Chmetal. Si Holmes est bourré de talent, difficile de comprendre son naufrage permanent depuis son départ de Wasp. La faute uniquement à sa femme? Mouais, pas convaincu du tout. Je pense qu'il est plutôt bourré tout court ;-)
@Chmetal
La mienne est beaucoup plus pessimiste que la tienne. ^^
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