De manière cyclique, aidé par cette nostalgie qui recouvre de ses bienveillances tous nos souvenirs concernant des œuvres mêmes médiocres, certaines mouvances renaissent périodiquement ramenant à la vie ceux, aujourd'hui éteins, qui furent les initiateurs de délicieux émois, et qui ne sont plus que de ternes tableaux presque effacés de ce délicieux passés.
Si le retour de certains musiciens sur le devant de la scène créative est de nature à faire naitre quelques réjouissances normales, malheureusement, cette résurrection n'est pas nécessairement sélective. Et parmi ceux ainsi exhumés renaissent donc, aussi, certaines formations à la renommé un peu floue et à la légitimité légèrement contestable.
Dans le contexte actuel favorisant indéniablement l'attachement à ce Heavy
Metal traditionnel des années 80, certaines jeunes artistes ont affichées clairement leurs gouts pour ce passéisme là. Devant l'engouement d'un public séduit par le talent de ces nouveau venu, nombres d'acteurs oubliés de ces époques là (assez légitimement, d'ailleurs, pour certains d'entre eux) ont donc tout naturellement réapparus.
Cette concordance entre la nostalgie d'un temps définitivement révolus et entre les nouveaux appétits d'un peuple avide suffirent à
Ape DeMartini pour faire revenir d'entre les morts Oz, groupe dans lequel il aura donné de la voix de tous temps. Cette seconde renaissance, après une première tentative avortée (
Roll the Dice (1991)), prends aujourd'hui la forme d'un nouvel effort intitulé
Burning Leather.
Soyons honnête, nul ne sait véritablement qui sont ces finnois en dehors d'une frange de partisans assez minoritaire agrippé à leurs mémoires et happé par les images de ce milieu underground dans lequel, autrefois, ces finlandais se sont bâtis une certaine notoriété. Cet opus donnera donc de la matière aux mélancoliques de ces temps disparus, pour peu qu'il y ait encore de ces gens désireux de se remémorer les quelques rares heures de gloires de ces musiciens.
Pour raviver davantage encore ces souvenirs lointains, le groupe aura d'ailleurs décidé de composer son album de plusieurs de ses "classiques" réenregistrés. Ainsi
Burning Leather se voit alourdis de pas moins de six pistes issues de "l'illustre" carrière d'Oz (
Search Lights, Gambler et
Fire in the Brain extrait de
Fire in the Brain (1983).
Turn the Cross Upside Down est un morceau que l'on peut retrouver sur un EP éponyme sortis en 1984. Et Third Warning ainsi que Total
Metal sont, quant à eux, tirés de l'album
III Warning (1984)). Le principal défaut de ces chansons résident dans le fait, qu'outres nos nostalgiques déjà évoqués, elles ne pourront pas véritablement intéresser un auditoire neuf, peu avisé par des constructions, des compositions, aussi datées. Car là où; selon votre humble serviteur, Oz s'est quelque peu fourvoyé c'est en se méprenant sur les attentes d'un public certes insatiables d'autrefois, mais d'un autrefois ancré dans une inspiration très actuelle. Ce que les adeptes recherchent, c'est avant tout l'esprit de ces années là. Et certainement pas une copie aussi conformément passéiste et poussiéreuse.
Au delà de ces titres désuets et ennuyeux, ceux récemment composés apparaissent plus charmeurs. Et de leur Heavy
Metal aux accents inspirés par les eighties, ils parviennent quelques peu à nuancer cette amertume ressentis à l'écoute de ce
Burning Leather. Citons donc, afin de donner du poids à ce constat, les bons
Dominator, Let Sleeping Dog Lie ou encore le pesant Seasons in the
Darkness. La conclusion s'impose donc d'elle même. Oz a un certain talent pour la composition et un travail supplémentaire en ce sens aurait été plus payant.
Burning Leather est donc un album très décevant dont les seules satisfactions viennent de ces nouveaux morceaux proposés par Oz. Si le groupe désire réussir, il parait évident qu'il doit se remettre au travail et cesser de capitaliser sur son passé créatif. D'autant plus que celui-ci est relativement pauvre et démodé.
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