Se situant parmi les pionniers de la scène deathmetal finlandaise,
Necropsy a multiplié les démo-tapes entre 1989 et 1993, sans toutefois franchir le cap d’un full-album, disparaissant prématurément au milieu des nineties. Mieux vaut tard que jamais puisqu’en 2011 parait enfin le premier album des frères Kosonen, trois années après une reformation bienvenue, un disque d’une top-qualité hélas inversement proportionnelle à sa faible diffusion, ayant heureusement attiré l’attention du label espagnol Xtreem Music dirigé par le stakhanoviste David Sanchez.
Après la parution d’un EP irréprochable d'une quinzaine de minutes en guise d’avant-goût,
Necropsy retrouve le chemin des studios en 2015 pour les sessions de son second album, qui parait à la fin de l’été. Ce bien-nommé
Buried in the Woods s’inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur, empreint d'un deathmetal toujours aussi direct et corrosif, sans superflu ni m’as-tu-vu, laissant ainsi la pleine expression aux rythmiques massives, aux guitares sulfureuses, et au growl de Tero Kosonen chargé au vitriol.
D’entrée de jeu, le titre éponyme met le deathster normalement constitué sur les genoux, trois grosses minutes où
Necropsy offre un concentré de deathmetal à la pureté indéniable, et donne une sacrée leçon d’efficacité, alternant notamment des riffs d’enfer avec des leads dotées d’un grand sens de la musicalité. La qualité reste ainsi au rendez-vous au fil des morceaux, pour citer au détour les redoutables Just Sharpen,
Dead Inherit et Best Day
Ever, l’ensemble se concluant de fort belle manière sur la piste finale Father
Heresy, plus longue et plus lente, et définitivement immersive.
Le come-back de
Necropsy sur
Bloodwork confirme son excellence quatre années plus tard, l'entrainant
Buried in the Woods n’ayant pas à rougir un instant face à son aîné. En étant tatillon, le seul reproche que l’on puisse adresser au quintette est l’effet de surprise en moins après la claque prise lors de la sortie de son premier album, car pour le reste, difficile de rester insensible en tant que deathster devant un deathmetal si pur, si abrasif, si agressif et aussi bien articulé, en plus idéalement enregistré pour ne rien gâcher. La force de la bande réside aussi dans sa forte identité, un atout de choix à une période où tant de formations finissent par se ressembler. La classe.
Fabien.
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