Les origines de
Deja Vu remontent à 1987 alors que Werner Kerscher et Timo Zach assistent ensemble à la prestation d'
Overkill à Ratisbonne durant la première tournée européenne de celui qui deviendra une des légendes du Thrash. Les deux compères ont alors dans l'idée de former, eux-aussi, un groupe. Oui, mais voilà, leurs connaissances en la matière sont très limitées. A peine savent-ils qu'une guitare à six cordes et comment l'accorder à peu près correctement. Peu leur importe. Ils n'hésitent pas à se lancer dans l'aventure avec convictions. Pour compléter leur duo, ils recrutent quelques musiciens supplémentaires, un peu plus aguerris qu'eux ne le sont, à savoir le batteur Stephan Moro et le bassiste Alfons Klostermaier. La musique de cette première mouture de la formation allemande a des intonations Thrashy très marquées. Une musique qui gardera cet aspect très radical lorsque le collectif décidera de recruter Karl Heinz Semmelmann, dont le jeu sera très important dans la création de l'identité de
Deja Vu. Werner Kerscher déterminé à se consacrer uniquement au chant profitera de cette arrivée pour ranger définitivement son instrument.
En 1991, sort un premier single, Sweet Cheat/Back to the City, limité à 500 exemplaires. Un quantité très modeste qui sera écoulée très rapidement confirmant l'impact, et le talent, de cette formation.
Pourtant, après quelques concerts, l'ambiance devient terne autour du groupe peinant à trouver de nouvelles dates pour se produire. L'envie s'étiole. Les uns et les autres sont alors rattrapés par leurs vies quotidiennes et par leurs obligations bassement matérielles. Commence une période d'hibernation pour
Deja Vu.
En 2000, après donc presque une décennie d'un silence forcé, Werner Kerscher, Stephan Moro et Timo Zach reviennent d'entre les morts. Accompagnés, à la basse, d'un ami de longue date, Wolpo Wolhaupter, ils entrent finalement en studio en 2005 pour nous offrir ce premier véritable album,
Bullets to Spare.
Passons assez rapidement sur cette introduction d'environ 1 minute qui n'a pas grand intérêt sinon celui de nous agacer prodigieusement nous autres auditeurs impatient et intéressons nous à Wing of Steel premier morceau de ce manifeste et à son Heavy
Metal très inspiré par
Judas Priest et par
Primal Fear où quelques scories Thrash sont encore présentes mais plus aussi flagrantes qu'au début de carrière de ce collectif. Des sources d'inspirations qui seront omniprésente, qui nous accompagneront tout au long de ce
Bullets to Spare et auxquelles nous pourrions ajouter Iron Maiden qui lui aussi vient parfois subrepticement s'immiscer dans le travail de ce quatuor.
Peu de titres de cet opus sont de nature à véritablement nous décevoir Les vifs We'll
Burn the Sky et One by One, le plus ombrageux Bloodsucker, un
Nightmare aux méandres que n'auraient sans doute pas renié
Steve Harris et ses sbires ou encore, par exemple, le fougueux
Skull Crusher, sont autant de chansons qui remplissent parfaitement leur office.
Catch me if you Can, possède, quant à lui, une entame aux guitares lourdes et épaisses, presque Stoner
Sludge, très étonnante. Une piste qui reste cependant tout à fait séduisante.
A vrai dire, seul,
Pain est ici maladroit. On ne saisit pas bien la pertinence de ce morceau à l'esprit Blues Rock aux guitares bien trop pesantes pour le genre de démonstration que nous a proposé le groupe jusqu'ici.
Bullets to Spare fait, lui aussi, parti de la catégorie peu enviable de ces disques qui se seront fait sacrément attendre. Fort heureusement il fait également parti de cette famille d'œuvre qui aura merveilleusement mûri et qui aura beaucoup de qualités à faire valoir.
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