Quelque deux années suite à son second et sémillant album studio, «
Titanium », et mû par un soudain élan d'inspiration, le combo, cofondé en 2016 par l'expérimenté producteur et prolifique guitariste/bassiste/vocaliste néerlandais Sander Gommans (
Trillium, HDK, ex-
After Forever, ex-Kiske/Someville...) et la chanteuse brésilienne aux toniques et félines volutes
Marina La Torraca (
Exit Eden, ex-vocaliste live d'
Avantasia et Alarion), revient dans les rangs. Et ce, à l'instar d'un troisième opus de longue durée dénommé «
Blue Blood », signé, comme son devancier, chez le puissant label italien Frontiers Records. Ce faisant, les 43 minutes de ce nouvel arrivage seraient-elles susceptibles de propulser nos acolytes parmi les valeurs confirmées du si concurrentiel registre metal symphonique gothique à chant féminin ?
Dans ce dessein, nous retrouvons l'équipage de la précédente croisière au grand complet. Aussi, aux côtés de
Marina, se conjuguent à nouveau les talents du guitariste/bassiste/claviériste et orchestrateur Max van Esch et du batteur Joeri Warmerdam (Civil
Discourse, Fakie Faceplant, ex-System
Overthrow). De cette étroite collaboration émane un propos rock'n'metal alternatif, mêlant habilement metal moderne, symphonique, progressif et atmosphérique gothique. Un pulsionnel, rayonnant, organique et romanesque effort, dont les influences de
Lacuna Coil,
Amaranthe, Volturian, Metalite ne sauraient cette fois être démenties. Ce faisant, dans la lignée atmosphérique de son aîné, cette offrande s'en distinguerait néanmoins par d'inédites sonorités et un brin de sensualité supplémentaire. C'est dire qu'à la lumière d'arrangements instrumentaux de bon aloi et des plus inattendus, ce troisième mouvement nous fait renouer l'espace d'un instant avec quelques fondamentaux stylistiques tout en nous amenant à explorer volontiers de nouveaux horizons.
Co-produit par le groupe lui-même et par Sander Gommans, le fringant et tonique méfait jouit, tout comme son prédécesseur, d'un mixage équilibrant au plus juste lignes de chant et instrumentations tout en témoignant d'une saisissante profondeur de champ acoustique. A cela s'ajoutent des finitions passées au crible et un souci accolé aux menus détails de production. Mais embarquons plutôt à bord du vaisseau amiral pour une traversée des plus sécurisées...
A l'aune de ses précédentes livraisons, le trio parvient à nouveau à nous happer sans avoir à forcer le trait. Et ses passages les plus éruptifs, loin de manquer à l'appel, sont autant de plages que l'on ne quittera qu'à regret. A commencer par «
Skin of My Teeth », tempétueux et ''lacunacoilesque'' up tempo aux riffs en tirs en rafale, dont le refrain catchy mis en exergue par les puissantes inflexions de la sirène laisseront assurément quelques traces indélébiles dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon. Difficile également de se soustraire à la vague de submersion qui va s'abattre sur nous sous l'impact des intarissables et sèches frappes assénées par « Daydark », un solaire et efficace méfait aux riffs acérés adossés à une frondeuse rythmique. Mais le magicien aurait bien d'autres tours dans sa manche...
Tout aussi impulsifs, mais davantage infiltrés d'organiques sonorités, d'autres passages pourront non moins nous assigner à résidence. Ainsi, à mi-chemin entre Metalite et Volturian, le ''tubesque''«
Inner Beast » vogue sur d'ondoyantes rampes synthétiques tout en générant une énergie aisément communicative. Mis en habits de lumière par les troublantes ondulations de la déesse, couplets bien customisés et refrain accrocheurs glisseront avec célérité dans nos tympans alanguis.
Plus complexe mais non moins incitatif à un headbang bien senti, l'étourdissant «
Apex » n'a de cesse de nous asséner ses virulents coups de boutoir, nous projetant alors dans un vaste champ de turbulences ; une orientation électro rock un brin rapeuse qui sied bien à nos acolytes. Et comment ne pas se sentir porté par les vibes enchanteresses abreuvant l'''amaranthien'' «
Fragments » ? Nous incitant alors à rejoindre le dance floor pour un inaliénable déhanché, le frissonnant up tempo poussera assurément à une remise du couvert sitôt l'ultime mesure évanouie.
Quand le convoi instrumental retient un tantinet les chevaux, la troupe trouve une fois encore les clés pour avoir raison des plus tenaces de nos résistances. Ce qu'atteste, en premier lieu, le ''lacunacoilesque'' mid/up tempo « This Sick World » au regard de ses enchaînements intra piste ultra sécurisés ; partiellement investi d'incantations rap, le fringant manifeste n'en recèle pas moins une mélodicité toute de fines nuances cousue ainsi qu'un break opportun glissant vers un couplet empreint de sensualité. A la croisée des chemins entre
Amaranthe et Volturian, le troublant «
Black Sunrise », quant à lui, nous enserre de ses riffs crochetés tout en voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques. A la princesse, eu égard à ses félines attaques dans les médiums, de contribuer à magnifier l'instant privilégié.
Flirtant parfois avec le progressif, le message musical alors délivré ne s'avère guère moins incitatif à l'adhésion. Ce que prouve, d'une part, « Birdcage » qui, démarrant telle une sensible et atmosphérique ballade, prend l'ascendant à mi-morceau pour nous aspirer dans un tourbillon de saveurs exquises. Déployant d'enveloppantes nappes synthétiques et mis en relief par le magnétique vibrato de la princesse, ce délicat et graduel passage aux relents bluesy nous éloigne quelque peu des fondamentaux du groupe. Et la sauce prend, in fine. Sur un même modus operandi, l'''amaranthien'' low/mid tempo « Laid With Vines », lui, nous retiendra dans ses filets eu égard à son refrain immersif à souhait qu'encensent les chatoyantes patines de la belle. Mais ce serait la fresque symphonico-progressive et moderne «
Blue Blood » qui détiendrait la palme ; au fil de ses quelque 7:45 minutes d'un spectacle abondant en rebondissements, l'opulent et luxuriant propos parvient à maintenir l'attention constante. Chapeau bas.
A peine la croisière achevée que l'on ressent l'irrépressible envie de réinvestir les lieux, histoire de plonger à nouveau dans cet océan de félicité. Jouant moins volontiers sur l'émotion que son aîné, ce frondeur méfait se veut néanmoins tout aussi impulsif et enjoué, tout en ayant ouvert plus large le champ des possibles stylistiques ; une prise de risque parfaitement assumée par nos acolytes et n'ayant affecté en rien la qualité des portées esquissées. De plus, fleurant bon la féconde inspiration mélodique et technique de ses auteurs, cet opus témoigne également d'une ingénierie du son rutilante et d'une palette étoffée en matière d'atmosphères et de rythmes. Ainsi, sans pour autant détrôner son illustre prédécesseur, cet inattendu et charismatique propos se fait des plus enveloppants. Bref, un troisième mouvement aussi diluvien qu'empreint de sensualité, susceptible de placer le combo parmi les valeurs confirmées du désormais espace rock'n'metal alternatif à tendance moderniste...
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