Celles et ceux qui ont posé une oreille sur le groupe suédois
Vornth savent que leur mélange de thrash aux accents "evil" peut plaire à toute la frange extrême en commençant par tout ce qui se situe à la lisère du black/death, pour faire simple. L'album éponyme de 2014 constitue une belle mandale et deux années plus tard, notre quatuor composé d'Erik Blackflexer (éructations, guitare et la majorité des compositions), Ewil
Johansson (basse) Erik
Violator (guitares) et Marcus
Hellfire (batterie) remet le couvert, avec une pochette de bouc comme de bien entendu, toujours avec ses deux couleurs fétiches.
Toujours aussi prenant dans ses ambiances et aussi diversifié dans son propos général,
Black Pyres propose dix titres (dont une rapide intro) toujours aussi véloces et débridés. Prenons par exemple le titre "
Evil Woven In
Spirit" : Après un lead bien funèbre sur un tempo bien doom sur sa première minute, une cavalcade des familles superposée par la voix écorchée de Blackflexer s'installe avec une basse bien présente et des petits pincements de cordes à la
Destruction. Étonnamment, le titre part en twin guitares, et enchaîne sur un solo rapide avant de finir sur un pseudo-larsen un peu déjanté. Comme unité, on a vu mieux. Et pourtant, pourtant, la magie opère. L'ensemble de ce patchwork est fort réussi, et on navigue aisément à travers titres bien rapides (le final "Kleptokrat", ou le très
Endless Pain "The
Wolf The
Night" où Blackflexer emprunte clairement encore son timbre et son placement vocal au jeune Petrozza), passages plombés (le doomy menaçant de "Grave Of The Living" aux vocalises claires bien malsaines), ou plus aériens ("
Stormtrooper" et ses duels de guitares) sans que cela fasse tâche, loin de là.
Très simple dans son approche, parfois même proche des fondamentaux des styles abordés,
Black Pyres par sa musicalité omniprésente et son attachement aux racines conviendra aux fans les plus attachés à cet aspect roots (au verso de la pochette figurent deux sentences : "
Vornth is true metal", et "
Vornth is pure thrashing speed metal"). Toujours aussi musical dans son propos général, un soin a été apporté aux soli, fort bien trouvés, et aux différentes ambiances installées au début de certains morceaux sans toutefois sacrifier à la rugosité de la scène allemande des années 85/87. On retrouvera du
Minotaur, du
Necronomicon par exemple, voire les premiers
Living Death. Les connaisseurs savoureront un "Traveller Of The
Dark", par exemple, avec nostalgie. Moins percutant toutefois dans sa globalité, on remarquera quelques passages redondants et une différence d'impact par rapport à son implacable prédécesseur (la fin de "
Stormtrooper", un "Grave Of The Living" trop long ou un "
Serpent Flames" bien heavy, agréable, mais un peu convenu). Moins inventif aussi, et avec l'effet de surprise en moins,
Black Pyres s'il reste percutant, distille plus parcimonieusement son agression.
Sans faire la fine bouche, les adeptes des groupes précités (auxquels on peut rajouter la scène "evil" genre
Venom,
Bulldozer ou
Hobbs Angel Of Death) adoreront cet album anachronique au possible. Ici, pas de production gonflée (encore moins que sur le premier album), ni d'effet sur les vocaux, tout est estampillé vrai de vrai, quitte à en être basique dans le rendu. A côté des productions récentes des ténors du genre, ça fait du bien. Un bon album parfois jouissif mais inégal, et finalement un peu en-dessous de son prédécesseur.
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