Le
Dark Ambiant est probablement un des sous-genres musicaux les plus incompris de notre ère.
Xevnnizh est probablement un des groupes de
Dark Ambiant les plus incompris de notre ère. De part un nom étrange et imprononçable dans un premier temps, ainsi qu'une musique très sombre et accessible pour peu de personne dans un second, ce projet, né de l'esprit d'on-ne-sait quel dérangé de notre beau pays, fait timidement parler de lui dans le milieu. Une chronique pour une discographie plutôt bien garnie, c'est peu, alors je viens étoffer à peu près tout cela !
Mais ce n'est pas seulement par peur du vide ou envie de faire augmenter le nombre de mes textes publiés sur SOM que j'entame la rédaction de cette chronique *reprend son souffle*.
Pas plus tard qu'hier j'ai perdu notion du temps avec ce split (si
Xevnnizh m'est assez familier,
Grist demeure en revanche totalement inconnu pour moi). L'ayant téléchargé gratuitement et légalement, je me suis rendu compte que le fichier était en fait une unique piste de 36.56 minutes. Je vais par conséquent découper temporairement les musiques de moi-même, peu importe : verdict.
Tout commence par - vous vous y attendrez forcément - une ambiance froide, sombre, tellement sombre qu'on ne peut presque rien discerner. C'est comme se retrouver au fin fond d'une grotte ne laissant paraitre qu'une très faible lumière au loin... une lumière qu'on aimerait rejoindre. Une sorte de bande son digne d'un film de science-fiction post-apocalyptique. Je pense aussi à cet étrange mais très bien foutu "
Eden Log" de Frank Vestiel - film par ailleurs français. Voici une parfaite description cinématographique de ce premier ressenti. Chacun est libre d'interpréter ce que bon lui semble dans ce genre de situation. La mort ? Le vide ? La névrose ? L'hôpital ? L'impuissance face à un contrôle de maths ? Toutes les interprétations sont bonnes, c'est pour cela que ce qui va suivre ne dépend que de moi. Il faudrait que je sois Dieu ou
Dom Cobb pour entrer dans l'esprit de Sagamore de la sorte...
Plus de 10 minutes sont déjà passées, je n'ai rien calculé, et voici venir un vrai courant électrique qui nous tire peu à peu de notre léthargie. Ce changement laisse penser qu'il s'agit de
Grist qui nous dévoile sa première composition. Celle-ci créer une impression de plénitude, de vide, d'éclairage progressif... Sortirais-je de ma grotte ? Dans un fond encore insaisissable, l'on peut discerner comme des murmures, sortes de mantras obscures, ou peut-être de simples hallucinations auditives...(?)
Enfin un titre reconnaissable : "Stridence", de
Xevnnizh. Le seul titre que je n'apprécie pas vraiment, pour des raisons assez inexplicables d'ailleurs. C'est comme ça. Il y a des titres auxquels on accroche dès les premiers accords, et d'autres devant lesquels on se crispe instantanément. Une voie déformée, totalement grave, le tout rythmé par une batterie durant quelques secondes. Rien d'autre. Un enfoncement bref mais total dans une matière noire, comme un bad trip après une cuite ou une dose trop forte d'adrénaline... La déchéance pure et simple.
Nous entrons dans la 20ème minute, de nouveau
Grist laisse perplexe avec une ambiance totalement étrange. Une sorte de débarquement extra-terrestre, ou une séance d'hypnose, que sais-je ? la continuité de la première piste "Between
Sleep and
Wake". C'est drôle de constater qu'à ce moment précis, je suis justement entre le sommeil et l'éveil. Il est plus de minuit, je n'arrive pas à dormir, alors je continue d'écouter cet opus.
Retour de la batterie de Sagamore, et quelques cris tantôt aigus, tantôt graves, tantôt autre chose... Un délire schizophrénique ? Dur à dire. Le rythme est répétitif et lent, comme pour mesurer la danse macabre d'un squelette perdu dans le néant. Ça marche et ça marche indéfiniment dans le noir, sans savoir pourquoi, mais ça continue... Et tout à coup les blast s'envolent, la double pédale martèle, mais de façon tellement discrète qu'on dirait plus le son d'une pale d'hélicoptère qu'une réelle batterie. Je n'ai su écouter jusqu'à la fin à cause des grésillements hachés et soudain que
Grist nous inflige (ayant cherché l'apaisant pendant plus d'une demi-heure, cela m'a presque réveillé sur la fin.)
Ça y est, la radio vient enfin de couper. Retour à la réalité. Une bonne expérience d'une durée tout à fait acceptable (ni trop courte, ni trop longue), à écouter comme je viens de le faire : dans le noir le plus total, allongé dans un lieu quelconque, comme pour se fondre dans l'univers musical que créer ce "Black Bud". Un univers très personnel aux auteurs, mais qui peut néanmoins être partagé avec facilité. Une qualité plus qu'acceptable aussi, mais peut-être trop simple au niveau de la composition, c'est pourquoi ma note n'ira pas au delà d'un 16 d'encouragement. En revanche j'invite les curieux à se pencher sur l'incroyable et magnifique "Mineraal", également très simple, mais tout à fait mystique et apaisante.
++
Chronique publiée depuis
http://www.myspace.com/_razort_
Un univers très étrange, des pochettes magnifiques pour une discographie très longue en effet, et puis toujours cette musique si spéciale ! Je me pencherais sur le sujet prochainement.
Si j'étais pas aussi flemmard, il y a longtemps que j'aurais aussi commencé un projet d'Ambiant à mon effigie !
Je suis flemmard aussi, t'en fais pas. Le tout est de trouver un but à ton projet, comme moi je l'ai fait, ça donne des ailes niveau créativité. ; )
Ce n'est en effet pas le meilleur son que Xevnnihz ait pu nous sortir, mais au moins l'idée est là, et j'en ai personnellement ressenti quelque chose d'obscur, mais non d'effrayant (d'ailleurs je vois mal pourquoi parler d'un côté inquiétant et me citer de tels groupes.) La aussi je pense qu'il y a confusion. Ca peut être sombre sans pour autant être terrifiant.
Tiens, je viens de me faire une réflexion à moi-même... Un groupe entièrement nihiliste nous pondrait surement des pistes silencieuses... Ah ah !
Enfin voilà quoi.
Et ce "minimalisme" n'est absolument pas dû à une quelconque forme de nihilisme de ma part, pour dissiper tout malentendu. Je ne bouffe pas à ce genre de râtelier, haha. Ce split paraît minimaliste en apparence, pourtant, nous y avons passé énormèment de temps, ne serait-ce que pour s'imprégner de la musique de l'autre (Surtout Grist, qui possède une discographie fortement fournie).
Je serai d'ailleurs curieux de savoir lesquels de mes travaux as-tu apprécié plus particulièrement ?
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