Berserker

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Nom du groupe Beast In Black
Nom de l'album Berserker
Type Album
Date de parution 03 Novembre 2017
Labels Nuclear Blast
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album44

Tracklist

1.
 Beast in Black
 04:29
2.
 Blind and Frozen
 05:04
3.
 Blood of a Lion
 05:03
4.
 Born Again
 03:51
5.
 Zodd the Immortal
 03:34
6.
 The Fifth Angel
 03:30
7.
 Crazy, Mad, Insane
 03:30
8.
 Hell for All Eternity
 04:48
9.
 Eternal Fire
 03:34
10.
 Go to Hell
 03:01
11.
 End of the World
 05:10
12.
 Ghost in the Rain
 05:31

Durée totale : 51:05


Chronique @ Eternalis

17 Octobre 2017

Musicalement, Beast in Black bouffe à tous les râteliers ...

La vie d’un sticker est étrange. Destiné à donner envie, ils sont aujourd’hui condamnés à d’éternels formulations éculées aussi personnels et précis que William Saurin est un exemple de gastronomie. On y lit des présentations aussi précises et uniques que ne peut l’être un laser de chantier acheté à Lidl (tout y étant souvent révolutionnaire, repoussant les limites, sans oublier les éternels retours des héros, des rois, des princes et autres maitres des innombrables genres souvent créés pour l’occasion). Bref, le sticker fait partie du folklore et on lui accorde au moins autant d’importance que le code CSA sur une affiche de film. Du moins la plupart du temps. Alors pourquoi j’en fais tout un paragraphe ? (qu’il nous emmerde avec son intro !)
Simplement parce que celui qui sert de promo pour ce premier opus de Beast in Black est étrangement ce qui m’a mis la puce à l’oreille et m’a fait me pencher sur l’album, avant même de regarder réellement l’artwork (finalement banal dans le genre que l’on devine être du power, du heavy ou sympho) ou la composition du groupe. Effectivement, lorsque la phrase promo est une citation d’un musicien prestigieux (Tuomas Holopainen pour l’occasion) qui évoque en terme élogieux l’album (« Il faudrait être fou pour ne pas aimer cet album »), ça sort un peu du lot.

Mais qui est finalement derrière Beast in Black ?
Pour ceux qui ont suivi l’histoire ou qui ont pu écouter les premiers extraits, il ne fait pas de doutes sur l’identité du compositeur principal, en l’occurrence Anton Kabanen (ex Battle Beast), tant son nouveau projet se rapproche de son ancien groupe avec qui il ne partageait plus la vision musicale. "Berserker" est donc l’album du refus de la concession, celui qu’il aurait pu écrire pour Battle Beast si le line up n’avait pas changé et qu’il n’auvait pas senti que les envies de ses compères n’étaient plus les siennes. Si la comparaison entre les deux projets, que ce soit dans le patronyme du groupe ou la musique en elle-même, sera souvent au centre des premières écoutes, elle s’amenuise avec le temps sous bien des aspects. Le plus évident est forcément le fait que nous ayons à faire ici à un chanteur et non une chanteuse, malgré le fait que Yannis Papadopoulos évolue parfois dans un registre bien plus cristallin que son homologue féminin de chez Battle Beast.
Musicalement, Beast in Black bouffe à tous les râteliers et on y retrouve allègrement du Battle Beast évidemment, mais également du Sabaton, du Freedom Call, du Heavenly, du Accept parfois, du Sonata Arctica également, sans oublier Europe sur certaines phases de claviers…bref, vous comprendrez qu’on est très loin d’uniquement avoir une pâle copie de son ancien groupe.

En plus d’être une merveilleuse surprise, "Berserker" est une immense bouffée d’oxygène qui fait du bien par où elle passe, qui possède une innocence (naïveté ? non je ne pense pas…), une puissance naturelle à décorner les bœufs et une fougue qui n’est pas sans rappeler le premier Battle Beast qui sortait à l’époque de nulle part. "Beast in Black", premier morceau de l’album, inspiré par le manga Berserker à la violence suggestive, lance les débats avec agressivité et puissance. Les riffs sont puissants, la production monstrueuse d’explosivité, le chant de Yannis évolue dans un registre assez guerrier et les soli pleuvent avec une facilité déconcertante, juste avant que ne se pose des chœurs reprenant le nom du groupe sur un coulis de claviers qui feront clairement parler d’eux sur l’opus (nous y reviendrons).
Les premières écoutes sont partagées entre la puissance que délivre l’opus, le côté fabuleusement kitsch d’une partie de l’album, la maitrise évidente de la musique et le fait que l’album partent dans tellement de directions qu’il est difficile de savoir vers où le groupe se dirige. Et finalement, après une vingtaine d’écoutes, ces considérations s’envolent simplement car on prend son pied, on se marre à l’écoute du disque, on headbangue comme un dingue, on chante dans la voiture (chaque refrain est une tuerie en puissance) et on se dit que tout ça va probablement démonter en live dans les semaines à venir. L’album ne plaira probablement pas aux conservateurs, à ceux pour qui le heavy metal est une religion sérieuse mais pour ceux qui trouvent que Tobias Sammet a fait de Edguy ce qu’il est aussi grâce à l’humour, alors cet album risque de vous plaire.

Forcément, si l’on écoute le titre éponyme ou le redoutable "Zodd the Immortal", tétanisant face à la rugosité des riffs et des vocaux qui se font agressifs, quasiment hurlés, vous ne comprendrez pas forcément où je veux en venir. Pas plus qu’à l’écoute de l’hymne "Blood of a Lion" que Sabaton ne renierait pas entièrement, principalement dans un refrain en chœur près à être chanté par les foules, bien que les couplets dévoilent la face la plus mélodique, voir pop, de la voix de Yannis, également vocaliste du groupe grec Wardrum. C’est d’ailleurs cette voix qui est au centre du titre "Blind and Frozen", premier extrait et clip de l’album, présentant à mon sens bien mal le disque puisqu’il s’agit d’un morceau plutôt isolé et laissant une fois de plus songeur sur les choix de Nuclear Blast quant aux singles. Certes, le refrain est une jolie réussite mais le côté fantasy qui s’échappe des lyrics ainsi que les cris très aigus ne représentent que très partiellement ce à quoi l’auditeur aura affaire quand il découvrira l’album (bien que le passage « pouet pouet » en plein centre du titre soit assez représentative du côté fun).

C’est la seconde partie de l’album qui, si elle surprend au début (les yeux s’écarquillent vraiment à certains moments), semble définir ce que sera à l’avenir le « vrai » Beast in Black. "The Fifth Angel", aux claviers prédominants, risque d’être destructeur sur scène tant il semble tailler pour, entre ses envolées lyriques, son refrain dantesque, son riff simple et surtout ces arrangements très massifs qui sont une véritable invitation au headbang excessif. "Eternal Fire" n’est pas en reste et l’influence d’Europe y semble criante puisque l’on pourrait intituler ce titre comme leur "Final Countdown" à eux (un peu comme Tobias Sammet aime présenter son "Vain Glory Opera" de la sorte). Les claviers seront pour certains ridicules mais ils autant un hommage aux années 80 qu’un vecteur de puissance pour la musique de Beast in Black puisqu’ils propulsent les riffs efficaces d’Anton qui se fend également de soli lumineux, toujours dans le bon tempo, jamais dans la démonstration et à même d’apporter une fluidité, une touche de folie et de shredding dans des compositions à la chaleur contagieuse. "End of the World" vaut également son pesant d’or car, outre son introducteur « pouet pouet » à la Freedom Call (certains comprendront ce que je veux dire), il faudra saluer le superbe travail effectué derrière les futs de Sami Hänninen pour apporter une énorme dynamique au titre et déjà imaginer une salle devenir complètement déchainé sur le riff du morceau. Le refrain est absolument énorme une fois de plus et permet de mettre en avant toute la versatilité d’un vocaliste impressionnant qui, malgré son statut de relatif inconnu, prouve qu’Anton Kabanen a tiré le gros lot.
Mais s’il y a un titre qu’il est impossible de passer sous silence, c’est bien "Crazy, Mad, Insane". Après une ou deux écoutes, j’ai même préféré vérifier s’il ne s’agissait pas d’une obscure reprise electro pop disco des années 70. Mais non, c’est bien une composition originale et, après la surprise originale, j’ai même espoir que le groupe ose la jouer en ouverture de W.A.S.P en novembre prochain pour voir la tête de certaines personnes qui n’auraient pas écouter ou pris de LSD avant de venir. Des claviers electro débridés, une boite à rythme aussi ridiculeseument géniale qu’osée, un break « what the fuck » entre orchestrations et sonorités spatiales mais surtout un refrain impossible de se sortir de la tête une fois qu’il est entré, des chœurs massifs pour s’époumoner (dont un « Fuck You » jubilatoire) et un final sous forme de soli sur lequel Yannis se fend d’un hurlement suraigu. Une étrangeté comme on en fait peu mais qui fait un bien fou par sa fraicheur et sa spontanéité et qui pourrait même faire date !

"Berserker" n’est pas l’album de l’année mais il est un véritable condensé de hits, de bonne humeur et transpire une fraicheur que l’on peut désormais regretter chez la plupart des groupes cités dans cette chronique. Car comment reprocher certaines sonorités ou lignes vocales ici quand on reproche également aux Sonata Arctica, Sabaton ou Europe récents (trois groupes bien différents vous le noterez) d’être devenus trop sérieux, voir sombres. Cet opus a tout d’un premier album, avec ses qualités et ses défauts mais il est clairement une formidable carte de visite et un essai qui porte la marque de son créateur, d’un homme fan de heavy metal des années 80 et de tout ce que cela comporte et engendre. Un pur plaisir à savourer avec la banane, une bière à la main ou le vent dans les cheveux. Pas de prise de tête. Pas de réflexions géopolitiques. Pas de considérations progressives ou symphonico-conceptuelles. Juste du gros son, des refrains et du fun. Beaucoup de fun. Et putain, des fois, qu’est-ce que ça fait du bien !

35 Commentaires

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zuluwhite - 11 Novembre 2018:

Première partie de Nightwish excellentissime :) rendez vous en mars 2019

Flamma - 28 Novembre 2018:

Y'a un petit errateum... le manga s'apelle Berserk et pas Berserker.

PhuckingPhiphi - 09 Janvier 2019:

Le peu que j'ai entendu de cet album m'a plutôt fait pouffer, mais à la limite, je suis bon public (après tout, j'aime bien Battle Beast, dont ce truc est quand même un gros copié-collé – et pour cause).

Par contre, le hasard a voulu que je les vois pas moins de trois fois sur scène au cours des derniers mois et, comme Swit, j'ai franchement trouvé ça pathétique. Avoir les synthés à ce point en avant… et pas le moindre clavier sur scène, c'est quand même se foutre de la gueule du public !

Si je peux comprendre qu'un Nightwish ou un Dimmu Borgir ne puisse évidemment pas partir en tournée avec un orchestre symphonique de 40 musiciens, OK, mais se taper des bandes pour un misérable synthé qui fait pouêtpouêt… Non, vraiment, c'est au-dessus de mes forces. Dommage, car il y a sans doute au moins un peu de talent là-dessous (à défaut d'originalité), et c'est vrai que le chanteur en a sous le pied. Et entrer sur scène sur "Night Crawler" de Judas Priest (à cause du refrain "Night Crawler… Beware the beast in black !", évidemment), ça m'a paru sonner quand même un poil présomptueux…

Elle est marrante la pochette, ça me rappelle l'époque où je bossais à White Dwarf et où je collectionnais en cachette les figurines de Wolfen de Confrontation pour pas me faire allumer par la patronne, haha ! (les vieux figurinistes comprendront ;)

Merci pour la kro ! :)

King_Triton - 10 Janvier 2019:

Ce groupe est une pure arnaque, le pire c'est qu'ils tournent beaucoup, j'ai dû me les farcir en première partie de Rhapsody, c'était à chier, des bandes enregistrées, des guitares inaudibles et le comble c'est qu'en observant le chanteur je me demande même s'il ne faisait pas du play back...honteux ! Allô maman, j'ai mal à mon Metal !

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Chronique @ Flamma

24 Décembre 2018

Une surprenante découverte.

Parfois la vie vous fait de drôle de surprise, par exemple je ne m'attendais aucunement lors de mon passage à Bordeaux; de tomber sur cette petite pépite dans les bacs d'un magasin O'CD.

Alors que je cherchais des titres de Dimmu Borgir, la jaquette de cet album (mais surtout l'étrange étiquette ressemblant à un extrait de critique de film) ont attirés mon attention.

En regardant l'arrière mes sourcils se sont levés jusqu'au ciel (ce serait difficile qu'ils soient caché par mes cheveux étant donné que je suis chauve comme un œuf... Mais je m'égare !), en voyant le titre "Zodd The Immortal".

Etant fan du manga "Berserk", j'ai décidé d'acheter cet album par curiosité et l'ai écouté dés que je suis rentré à mon gîte et bordel quelle claque !

Le premier morceau "Beast in Black", du même nom que le groupe annonçait déjà la couleurs, des riffs endiablés et des paroles parlant de meurtres, de trahison et de désespoir racontait si bien l'histoire de Guts (le protagoniste du manga dont est inspiré l'album pour ceux qui vivent dans une crypte), que j'en ait eu des frissons jusque dans la colonne.

Le second morceau "Blind and Frozen" m'a aussi fait vibrer, dés le début le chanteur Yanis Papadopoulos nous fait profiter de son incroyable coffre (bon sang cette voix ! Jamais rien entendu de tel dans le milieu du Metal depuis des lustres !) et ce sans reprendre une fois son souffle, la chanson en elle-même est plaisante à écouter et Yanis réitère sa démonstration de poitrail plusieurs fois, (en revanche, même s'il est très beau le clip est franchement incompréhensible, encore aujourd'hui je ne l'ai toujours pas compris).

Je passerais sur le troisième et quatrième morceau qui ne sont pas inoubliables (bien que je trouve Born Again très bien) pour en arriver directement au morceau dont le titre m'a fait acheté l'album "Zodd the Immortal".... .
Alors ce morceau... que dire dessus sinon que le personnage de Zodd l'Immortel est très bien représenté ? A travers un riff des plus agressifs et des paroles du même genre, on a l'impression de voir le démon sanguinaire juste en face de soi.

Le reste de l'album n'est pas mauvais, mais pas aussi surprenant que le début (mention spéciale au morceau "Crazy, Mad, Insane" qui m'a bien surpris de par son fond d'Electro), on y notera des morceaux assez énergique tel que "Hell for All Eternity", "Go to Hell" et le très bon "End of the World" pour en arriver enfin au dernier morceau.

Ce dernier morceau c'est "Ghost in the Rain", ce morceau est une ballade racontant l'histoire du fantôme d'un guerrier seul avec ses regrets et devant malgré la mort faire face à sa destinée.
Je suis assez perplexe quand à quel personnage du manga ce morceau fait référence... le terme de "fantôme" semble faire explicitement référence au Roi Fantôme, mais la chanson parlant de regret il peut tout aussi bien s'agir du fantôme de la vie passé de Guts... bref en tout cas cette surprenante douceur est une belle conclusion dans un album aussi énergique.

Au final qu'est ce que j'en pense ?

Et bien je trouve le premier album de ce nouveau groupe tout à fait prometteur, bien que les morceaux sont sommes toutes assez kitsch et parfois redondant dans la forme, le simple fait que l'album soit inspiré d'un manga y apporte une certaine fraîcheur.

Au niveau de l'esthétique de la jaquette, on y sent beaucoup l'influence de Battle Beast (ex-groupe d'Anton Kabanen l'un des guitaristes) rien que par l'image d'un immense lion-guerrier (si vous ne me croyez pas aller voir les jaquettes de leurs albums).

Bref... En conclusion je conseille vivement cet album à tout ceux qui veulent écouter du Metal un peu éclectique et sans prise de tête.

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grindjeremy - 24 Décembre 2018:

Yes, je l'ai vu ;-)

Je suis d'autant plus impatient, les mecs ont gardé tout leur coté pop et accrocheur et en même temps, c'est assez chargé en émotions. Mais a ce point là, j'ai rarement vu ça.

Très bonne chronique au passage wink

Flamma - 24 Décembre 2018:

Merci c'est ma première chronique.

GrindKiller - 25 Décembre 2018:

Un album que l'on apprécie beaucoup, beaucoup plus quand on adule Berserk!

En effet, cela permet de comprendre le délire derrière les "Beast In Black" (on est clairement sur le fameux Guerrier Noir, avec une puissance musicale et vocale à la hauteur des coups de la Dragonslayer, clairement ça fout des frissons en effet!), "Zodd The Immortal" (bien que le personnage m'inspire bien plus l'Enfer qu'un morceau de Heavy Pop), "The Fifth Angel" où le parolier est clairement Femto. Même plaisir sur "Blind And Frozen", perso' j'ai l'impression de voir la scène de retrouvailles sur la coline des épées enneigée. Le reste des morceaux est juste bon pour moi. Mention spéciale à cette superbe ballade en effet, perso' je ressens la présence du Skull Night, mais surtout celle de Guts qui, dans ses rares moments sensibles, se rappelle la nostalgie de sa vieille troupe, et surtout Casca, désormais perdue... 

Ravi de lire la chronique d'un amateur du manga, je n'attendais que ça! 

Flamma - 25 Décembre 2018:

De rien, mais n'ayant pas les moyens de me payer les volumes dés qu'ils sortent je lis les scans.

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