Je suis toujours impressionné par l'esprit de combat et la volonté d'aller de l'avant du groupe indien
Slain. Dans un pays dont la culture est si éloignée de celle propice à une musique comme le metal, le cas de
Slain est remarquable. Après avoir évoqué il y a un mois le premier full-lenght du groupe, Here &
Beyond, j'ai aujourd'hui envie de parler de leur deuxième production, une démo du nom de
Before Beyond. Celle-ci, comme son nom l'indique est un prélude à l'album, qui dévoile les qualités du combo, et nous présente les prémices du power metal indien. Une première démo était déjà sortie un an auparavant, mais son intérêt par rapport à la carrière du groupe est faible.
Before Beyond comporte quatre compositions, mais seule une sera reprise sur le full-lenght ; il s'agit de Star, qui sera renommée en You Don't Have to Be a Star. Les deux titres peuvent d'ailleurs sembler contraires, mais il n'y a pas d'énormes changements entre les deux versions. Du côté de la pochette, on est ici loin de l'œuvre lumineuse d'Here and
Beyond, avec un artwork minimaliste, mais qui symbolise bien le titre de la démo néanmoins. Autre point important :
Slain déclare (à juste titre) être la réponse de l'Inde à la musique progressive ; ce propos n'est pas à prendre en compte en ce qui concerne cette démo, puisque la musique jouée ici s'approche plus du heavy classique que du progressif.
Tout commence avec The
Armour, qui impose le rythme, mais surtout l'ambiance, qui se veut chaleureuse et rafraîchissante. La guitare joue un riff simple et sérieux, pendant que le clavier distille d'intéressantes mélodies électroniques. La musique semble un peu confuse au début, et on petit entendre quelques expérimentations avec le clavier. L'ensemble parait parfois maladroit, mais cette impression disparait ensuite. À propos du chant, celui-ci n'est pas encore au niveau de maîtrise atteint sur Here &
Beyond, et on sent quelques imperfections dans la voix. Les deux points forts sur ce premier morceau, et généralement sur toute la longueur de la démo, sont le guitare (qui nous gratifie d'un bon solo), et la batterie. Cette dernière se révèle à la fois bien mixée (chose assez rare) et intelligente dans ses frappes (avec même parfois des contre-pieds, ce que j'apprécie particulièrement).
Behind the Line of Love dévoile ensuite l'une des premières qualités des indiens de
Slain : celle de composer des morceaux bien entraînants, sans retomber sur des schémas classiques. Le vocaliste, même s'il est très loin d'être parfait, chante avec enthousiasme, ce qui fait toujours plaisir. La guitare tient un rôle important pour poser une ambiance agréable, coordonnée à un rythme efficace.
More Than Conquerors se veut lui aussi bien catchy, avec un refrain dont il est facile de se souvenir (peut-être même un peu trop facile). Encore un bon morceau, en dépit d'une production moyenne et d'un chanteur qui peut faire (et qui fera) des progrès.
Star est donc le seul titre à avoir été repris sur l'album Here &
Beyond, mais la différence entre les deux se fait tout de même sentir. J'ai personnellement une petite préférence pour cette version, celle figurant sur le full-lenght ayant du mal à garder le feeling présent ici. Les montées dans les aiguës, même si elles sont moins bien contrôlées, paraissent plus naturelles et plus touchantes ici.
Par rapport au full-lenght Here &
Beyond, la démo dont il est ici question est bien sûr de moins bonne qualité (surtout sur la question de la production), mais au moins aussi intéressante. On y ressent en filigrane les particularités qui se remarqueront sur le full-lenght. On voit à quel point le groupe a travaillé pendant l'année qui sépare les deux sorties, à travers les prestations du chanteur et du claviériste notamment. Mais sur ce disque-là aussi les influences sont difficiles à cerner ; il y a évidemment un peu d'Iron Maiden, mais rien de très fort, et c'est ce qui fait l'intérêt de
Slain. Cette démo a ainsi préparé le groupe à intégrer des éléments encore plus variées dans sa musique pour la suite, jusqu'à jouer un metal totalement progressif sur certains morceaux.
Les indiens de
Slain ont donc un passé intéressant, qui permet de mieux comprendre la suite de leur discographie. C'est un groupe qui a dû se forger son expérience à la seule force de sa volonté, en étant loin d'un environnement propice au metal. Il en résulte une envie de reconnaissance encore plus forte, qui, lors du virage progressif, leur fera être "la réponse de l'Inde au metal progressif".
Slain est déjà considéré par beaucoup comme les meneurs du power metal indien ; il ne reste plus qu'à continuer sur cette lancée, et sortir un deuxième album studio. Ce sera peut-être pour 2014, qui sait ?
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