Back to Where You've Never Been

Liste des groupes Death Progressif Hacride Back to Where You've Never Been
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Nom du groupe Hacride
Nom de l'album Back to Where You've Never Been
Type Album
Date de parution 22 Avril 2013
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album54

Tracklist

1. Introversion 05:35
2. Strive Ever to More 05:42
3. Synesthesia 03:48
4. Overcome 05:15
5. Edification of the Fall 05:17
6. To Numb the Pain 03:02
7. Ghosts of the Modern World 05:08
8. Requiem for a Lullaby 07:33
Total playing time 41:23

Chronique @ Eternalis

12 Mai 2013

Gloire éternelle à ces guerriers de l’absolu qui font désormais figure de divinités…

Des choix doivent être faits. Tôt ou tard, la vie vous rattrape et inéluctablement vient le jour du réveil, brumeux et décevant, où la réalité du monde vient détruire l’onirisme du rêve. Le temps passe, les différents chemins du destin amènent chacun à prendre des voies différentes. Les liens se tissent, les impératifs grandissent, certaines étoiles peuvent être amenées à naitre pendant que le temps devient toujours plus difficile à prendre pour s’occuper d’une entité artistique, d’un bébé qui, lui aussi, a besoin de temps, d’attention et d’énormément d’énergie.

Sans préambule, avec une surprise si grande qu’elle en paraissait irréelle, Samuel Bourreau quitte le groupe qui, pour beaucoup, porte son empreinte et son âme. Voix de cet animal progressif depuis plus de dix ans, il n’était certes pas le créateur qui façonnait l’architecture d’Hacride mais celui qui lui donnait un souffle, qui lui offrait une identité si unique. 2009 avait vu un certain avènement créatif avec la publication de "Lazarus" dans la carrière des poitevins. La grandeur atmosphérique et progressive qui emplissait le spectre sonore du groupe s’était élargie en une fusion exacerbée des éléments, un amalgame multiple de beauté et de violence, d’agression et de mélancolie, d’expérimentation et de technicité. Hacride avait pris un virage radical dans son évolution, sortant définitivement de tout carcan musical pour se créer son propre paysage, son chemin initiatique le menant vers des sentiers certes toujours sinueux et nébuleux car encore nouveaux et n’ayant été foulés par personne avant eux. Les concerts qui suivirent furent une succession de rendez-vous réussis avec le public, qu’il soit français, européen ou indien.

Un quatrième album en préparation fut annoncé, puis une nouvelle tournée, la Klonosphere Tour, avec Klone et Trepalium, permit de continuer à tourner intensément tout en présentant une nouvelle composition. Ce fut une occasion de présenter Florent Marcadet (Klone) aux yeux de tous, lui qui apparaitrait sur le quatrième opus ; sur "Back to Where You’ve Never Been".
Revenir d’où nous ne sommes jamais allés…où pénétrer des frontières encore inconnus avant même de les avoir franchi et découvertes…
C’est alors que, pendant que chacun attendait des nouvelles traditionnelles, arriva celle que personne n’attendait. Sam Bourreau quittait le groupe, afin de s’occuper de sa famille, laissant Hacride aux mains d’Adrien Grousset et Benoist Danneville. Dans un jeu de chaises musicales très charentaises, c’est finalement Luis Roux qui fut nommé pour prendre le micro (ex chanteur de Sinscale, groupe dont le guitariste est actuellement chez Klone…comportait Florent, nouveau batteur d’Hacride !).

Néanmoins, ces deux nouveaux membres n’ont pas eu d’incidence sur la composition puisque c’est Adrien qui a de nouveau façonné l’album, né de ces nombreuses frustrations et d’une rage latente. Difficile de lui donner tort sur l’ouverture magistrale que forment "Introversion" et "Strive Ever to More". Le premier se pare des accords si chers à Hacride, déjà une marque de fabrique, qui monte doucement dans une puissance hypnotique. Le jeu très précis de Florent apporte énormément à la musique du quatuor car, en étant peut-être moins technique (et encore), son touché possède une sensibilité et un feeling supplémentaire permettant à la musique de vivre encore plus intensément. Les samples densifient une production proprement hallucinante de puissance et de netteté. Le chant clair de Luis emplie le spectre sonore dans une première apparition éthéré, tel un esprit réincarné, avant un hurlement tétanisant de violence et de rage. Tout s’accélère dans un tourbillon de haine et de frustration, spectre des derniers mois passés, dans une technique très haute comme à l’habitude du groupe. La lourdeur caractéristique du combo refait surface, le chant dévoile des allures plus syncopées et brutales, plus déchirées également. La souffrance qui en émane surprend, s’échappant de la mélancolie de son prédécesseur pour imposer une facette plus pure et rugueuse. Il ne suffit pas d’en écouter plus pour comprendre que, dès lors, le bon choix a été fait. L’impensable a été réussi. Sam a trouvé son frère spirituel. "Strive Ever to More" s’ensuit sur un riff alambiqué et effroyablement complexe mais jamais mathématique. La piste vocale désoriente, surprend, prend à contre-pied…puis subjugue par son placement sur un pattern de batterie improbable et d’une richesse à faire pâlir plus d’un groupe de progressif. La tension est palpable, le son vit littéralement et le chant de Luis prend toute son ampleur sur son timbre mi-clair mi-hurlé, rageur mais pas complètement agressif, plus désabusé que réellement violent. Désabusé…c’est ce qui se dégage de cette première longue composition complètement folle et écrasante, d’un groupe n’ayant surement jamais été aussi précis dans son art. Et pourtant, jamais rien ne semble calculer, un naturel incroyable découle de chaque riff, des arrangements complexes n’étant jamais suffocants ou encore de cette multitude de pistes ne venant jamais étouffer des compositions aux breaks tous plus improbables les uns que les autres.

Ce qui se dégage de "Back to Where You’ve Never Been", c’est une sensation d’accomplissement et d’unité bien plus forte que sur "Lazarus", qui, du fait de son périple "To Walk Among Them", semblait composé de plusieurs blocs distincts. Il n’en est rien ici, puisque si chaque composition contient une identité propre et une technicité à part, appartient à un ensemble cohérent et une architecture globale. Luis Roux est pour beaucoup dans cette unité puisque son chant sert de liant, fixant les différentes phases musicales les unes des autres. Complexes, les pièces musicales de l’album ne sont pas des plus accessibles lors des premières plongées en abimes. "Ghosts of the Modern World" est si technique qu’il en devient très difficile à suivre, entre son introduction très agressive pour enchainer sur des parties plus aériennes, jusqu’à un break sensationnel de feeling se posant comme l’une des meilleures parties solistes entendus depuis un paquet d’années sur un disque où le terme « polyrythmie » s’y voit affilié.
L’album propose également des instrumentaux pour permettre une respiration nécessaire, avec "Synesthesia" et "To Num the Pain". Là où "Lazarus" pouvait parfois souffrir d’un manque de rythme ou même se perdre dans sa propre complexité, "Back to Where You’ve Never Been" reviendrait presque à une formule si violente qu’elle évoquerait une fusion entre son passé proche et "Amoeba", notamment lorsque le final de "Synesthesia", hallucinatoire et lancinant, amène le destructeur "Overcome". Encore une fois, le jeu de Florent distille des merveilles d’interprétation sur un riff en constante évolution et une multiplication de samples absolument gigantesque et jouissive. Luis se montre plus violent que jamais, atteignant une brutalité et agression dans les vocaux encore jamais vus pour le groupe avant de proposer des plans mélodiques sensationnels d’intelligence et de musicalité car ne sombrant pas une seule seconde dans la facilité ou le piège de la mièvrerie comme c’est si souvent le cas.

Impossible de rester de marbre face à ce mur sonore, parvenant à l’exploit de ne pas être monolithique tout en se montrant impitoyable et subtilement assourdissant. Tout semble avoir été pensé dans ses moindres détails, d’un artwork sublime aux paroles ésotériques en passant par un packaging classieux et un disque à la surface de lecture noire. "Requiem for a Lullaby" termine un voyage bien trop court, sur une note atmosphérique où la personnalité du combo fait des miracles. Trop court car les quarante-deux minutes de l’album passent à une vitesse folle et que cela semblait préparer le terrain pour un monstre épique qui, finalement, n’arrive pas. Il s’agirait là de la seule déception d’un sans-faute artistique, qui aurait simplement mérité à être encore plus long. Mais cela n’aurait-il pas réduit son impact proche de la perfection ?
Peut-être…une seule chose est sûre…Hacride tient désormais son œuvre référence ultime…et c’est d’entre les confins des affres de la création qu’ils revenus pour nous le livrer. Gloire éternelle à ces guerriers de l’absolu qui font désormais figure de divinités…

12 Commentaires

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deathisalive - 14 Mai 2013: Très bonne chronique, et je découvrirai l'album vendradi soir lors de la release party, à niort (le camji), aux côtés de klone et trepalium. Vraiment impatient!!!
Eternalis - 16 Mai 2013: J'ai l'impression, je ne sais pas si c'est à tort, que beaucoup se focalise sur le départ de Sam pour exprimer la déception de l'album.

Dans un premier temps, j'ai également eu peur car il dégageait un charisme et la personnalité sans équivoque du combo...mais après écoute de l'album, comme je dis, il me semble évident que le Louis est le bon choix.

Une copie de Mnemic ? Je ne comprend pas comment on peut dire ça...c'est quand même bien plus riche, créatif et le spectre sonore est loin d'être aussi fade que ce genre de groupe de neo-core...
Je le trouve même largement supérieur à Lazarus qui, une fois passé l'énorme pavé initial, propose des compos trop proches les unes des autres alors qu'ici, chacune possède une personnalité propre. Quand je vois le final de Ghosts of the Modern World, c'est quand même proche du génial...les deux premières compos, l'énorme Overcome...non, sincèrement, je ne comprends pas trop ces déceptions (même si, encore et toujours, ça reste avant tout du ressenti).

Enfin voilà ;)
MCGRE - 16 Mai 2013: En effet Eternalis c'est encore une chro très complète et détaillée que tu nous proposes la bravo ça donne envie .
 
Tomahawk - 16 Mai 2013: Cet album est vraiment réussi, on y retrouve toutes les atmosphères et un son massif qui écrase autant l'auditeur qu'il le transcande cependant un chant clair peut être trop présent qui réduit un peu la puissance des morceaux cest dommage car le chant hurlé se rapprochant de celui de sam est vraiment grandiose
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