Originaire de Bavière, en Allemagne,
Dust Bolt est un peu l'archétype du groupe de revival thrash, phénomène apparu au début des années 2000 (avec le retour de
Destruction en Europe, pour situer). Si on y réfléchit un peu, ça fait presque 15 années maintenant. Soit une durée plus importante que la première vague de thrash (la meilleure bien sûr), qui dura de 1983 aux premières années de la décennie 1990, grosso modo 10 ans. Le mouvement est bien parti pour durer plus longtemps, tant les jeunes groupes naissent et se développent en nombre (à côté d'aînés reformés), associant souvent qualité à leurs sorties, à défaut de réelle personnalité.
Dust Bolt, toujours chez ses voisins Autrichiens de
Napalm Records, propose ainsi son second album, à la production adéquate et plutôt percutante.
Pas de changement dans le style pratiqué, le thrash de
Dust Bolt empruntant plus à la scène de la Bay
Area (
Slayer,
Evildead,
Exodus, entre autres) qu'à la scène locale. Un peu à l'image de
Havok ou
Angelus Apatrida,
Dust Bolt développe un thrash agressif mais pas trop, parsemé de breaks bien amenés, et agrémenté d'une voix assez proche de celle de Nick Melissourgos (
Suicidal Angels), en moins chuchotée toutefois. Les titres ne sont jamais faibles, et on retiendra la vélocité des "
Living Hell", "Agent Thrash" ou le plus alambiqué mais excellent "The Monotonous -
Distant Scream", au milieu de déflagrations purement Slayeriennes (le cri Arayesque introduisant "Soul
Erazor" en prime, visible ci-dessous !).
Le cahier des charges est bien rempli : breaks à gogo, structure des morceaux ne souffrant d'aucun reproche, musiciens pas manchots, on est en terrain balisé mais réellement agréable à l'écoute, avec des morceaux assez courts, au riffing efficace. Les titres contiennent ainsi leur lot d'influences classiques, la reprise d'
Evildead ("Future
Shock" tirée de l'excellent album "
Annihilation Of Civilization" - 1989) étant plutôt révélatrice de l'orientation du groupe.
Il manquera quand même, dans ce lot de bons morceaux assez homogènes, de réels temps forts, transformant un bon album en réelle tuerie. Vu la qualité des musiciens, et la restitution de certains titres flirtant avec ce statut, on peut espérer voir
Dust Bolt franchir ce cap pour le troisième album.
Un peu plus percutant qu'
Angelus Apatrida ou
Lost Society, et dans une veine classique à l'image du "Time Is Up" des Américains de
Havok,
Dust Bolt semble suivre une voie similaire en tournant intensivement, puisque les Bavarois sont annoncés dans une tournée européenne avec
Obituary et M-Pire Of
Evil début 2015. L'occasion de découvrir un thrashmetal vif et bien fait, ressemblant plus à un surf californien qu'à des skis allemands.
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