Av Oss, for Oss

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16/20
Nom du groupe Einherjer
Nom de l'album Av Oss, for Oss
Type Album
Date de parution 27 Octobre 2014
Style MusicalBlack Viking
Membres possèdant cet album20

Tracklist

1. Fremad 03:01
2. Hammer i Kors 04:10
3. Nidstong 04:05
4. Hedensk Oppstandelse 04:33
5. Nord og Ner 05:42
6. Nornene 07:38
7. Trelldom 04:16
8. Av Oss, for Oss 10:48
Bonustrack
9. Blodsbånd 03:33
Total playing time 47:46

Chronique @ AlonewithL

15 Décembre 2014

Av Oss, for Deg.

Des grandes formations œuvrant dans le pagan metal, que l’on pourrait considérer mésestimées au regard de la faible attention que leur porte le public, et malgré leur rôle essentiel dans la vitalité du genre, il en existe bien quelques-uns. On pourrait ainsi nommer l’ancêtre « Mithotyn » ou encore « Morrigan » qui n’attirent guère l’attention des plus jeunes. Que dire également de la formation norvégienne « Einherjer », singeant le pagan suédois depuis belle lurette, dont on aurait presque oublié l’existence malgré ses derniers opus de grande qualité. Ce trio mérite que l’on s’y attarde. Stable depuis 2008, ils ont pu nous délivrer en 2011 une œuvre d’envergure, quoiqu’un peu courte, intitulée « Norrøn ». Les critiques encenseront en général le produit, mais peu d’auditeurs s’empresseront à l’écouter, sans doute perdus par les notations trop élogieuses que l’on donne ici ou là à des albums tout ce qu’il y a de plus ordinaires. Ce n’est pas grave, ceux-là pourront se rattraper avec le suivant. « Av Oss, for Oss » fait preuve de fidélité à sa patrie. Comme son prédécesseur « Norrøn », il est édité chez le norvégien Indie Recordings et use de la langue norvégienne pour l’intégralité de ses textes. Ce sixième album interpelle par le patriotisme véhiculé en grande partie par son titre, que l’on pourrait traduire « Par Nous, pour nous ». Eu égard à la valeur notable du dit produit, il aurait été préférable de le nommer autrement : « Av Oss, for Deg ».

Pour nous mettre en appétit, et comme ce volume est adressé à nous, humbles auditeurs, « Einherjer » soigne l’introduction de l’offrande. On entend la mer, des paquets de vagues qui s’écrasent sur les rochers à travers « Fremad ». La musique associée repose sur une atmosphère énigmatique, des tonalités graves. On obtient même un contenu palpitant, presque inquiétant, par l’intrusion de lourdes sonorités cuivrées. Cela se démarque toutefois des introductions orchestrales que l’on a souvent l’habitude d’entendre. « Einherjer » a pris l’effort de s’en démarquer en cherchant à nous coller dès le départ le frisson. L’entrée est froide, mais le plat de résistance est bien chaud. Non, ne vous attendez pas non plus à des riffs frénétiques et déchirants, ce que nous propose nos norvégiens est bien plus posé, mais tout en subtilité, avec riffs salvés, légèreté tribale, une ambiance intimidante qui se montre étonnement dansante sur les couplets. Le titre est entrecoupé par des passages plus épiques et contemplatifs, élaborant ainsi un pot-pourri très intéressant.

Nous hésitons même à parler de black pagan tellement le groupe part parfois en dehors des sentiers battus. Sur « Nord & Ner », on se situe presque dans du heavy black avec un refrain qui aurait très bien pu figurer dans la mouvance sleaze tellement il peut paraître insolent. Lent, tapi, lourd dans sa généralité, mettant par ailleurs bien à profit la batterie, la piste part dans son break dans une musique plus légère et limpide, tel un ruisseau rafraichissant perçant la roche dure et abrupte. « Trelldom » est lui aussi un phénomène à prendre à part, pas pour son manque de fibre pagan, bien au contraire, les percussions tribales sont au rendez-vous. Le morceau est implacable, difficile à anticiper tellement il se montre inconstant, passant d’une rugosité qu’on croit de règle de prime abord, à des soubresauts particulièrement engageants, trahissant même une fine pointe groovy. A l’inverse « Hedensk Oppstandelse fait preuve d’une plus grande constance, grésillant sur ses couplets, il se libère dans une teneur épique à l’approche du refrain. Sur cet extrait, c’est le chant de Frode qui se retrouve mis en évidence, conséquence d’une musique plus disciplinée.

Le chant va également primé sur l’excellent morceau bonus « Blodsband ». Il est mis à l’unisson avec les chœurs sur cet extrait qui est non moins exceptionnel par sa vigueur que par sa grande rigueur. En fait, il est bâti comme un hymne, un hymne plutôt costaud, qui trouve son sommet sur le refrain. Un refrain d’autant plus étrange qu’il ferait penser à une musique de western. A y réfléchir, c’est simple, mais c’est audacieux. « Nidstong » se distingue également par son sens du rythme et sa richesse. Ne vous étonnez pas de percevoir quelques mélodies que l’on jurerait issues de l’héritage culturel du sud-est européen, au milieu de riffs percutants sous tension. Ce titre, figurant en single, impose véritablement par son impact. Il y en a qui lui préféreront « Nornene », éclatant par sa solennité, ses sons lourds et cuivrés, divin mélange entre « Mithotyn » et « Bathory ». Davantage influencé par « Bathory » en vérité, dont on ressent un fort penchant pour le titre « The Sword », tiré de l’album « Blood on Ice ». Les bruits de fer que l’on frappe vont dans ce sens. Le morceau éponyme aura aussi ses amateurs. Celui-là fait la part belle à un pagan chaleureux, aérien même. Le solo de guitare figure à ce propos en pur instant magique. Cependant, le chant y est quelque peu décalé et la relative lenteur ajoutée à la constance rythmique, finissent par rendre cet extrait supérieur à 10 minutes quelque peu redondant.

A ceux qui disent que la scène pagan ne sait pas innover, on leur répliquera volontiers de prêter plus souvent l’oreille à des formations comme « Einherjer », qui était présente depuis les prémices du black pagan. Loin de se pavaner dans des recettes éculées, Frode, Aksel et Gerhard ont su élaborer des compositions tout à fait entrainantes, mystiques dans le cas de certaines, pour ce « Av Oss, for Oss ». L’opus regorge de petites perles, s’illustre par un jeu incisif et véritablement inspiré. Les membres s’éloignent parfois de leur black pagan mi-chaud, mi-froid, apanage des formations suédoises dont les dits norvégiens sont friands, pour des sorties plus exotiques, mais assez brèves, faisant le sel essentiel pour accommoder les morceaux. Depuis leur retour en 2008, ils enfoncent le clou avec cette parution de 2014, à la suite d’un très satisfaisant « Norrøn », qui n’a pas su trouver le succès escompté. Il serait regrettable de passer également à côté de celui-là. Comme je l’ai ultérieurement rectifié, il est fait par eux et il s’adresse à vous.

15/20

3 Commentaires

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PhuckingPhiphi - 18 Décembre 2014: Merci pour cette chronique ! J'ai acheté le tout premier Einherjer à sa sortie en 1996, et depuis j'avoue que j'ai complètement perdu le groupe de vue. Ta chronique m'a donné envie de jeter une oreille curieuse sur leurs travaux plus récents. Merci !
AlonewithL - 20 Décembre 2014: De leur discographie, je préfère les trois derniers albums. Fais toi plaisir!
TheCursed - 17 Décembre 2015: Pour moi qui est un grand fan de Einherjer depuis belle lurette.. le point fort de cet album est sans contredit Nornene.
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