Les Joyaux de la Princesse... Un peu le groupe qui m'a fait découvrir le
Dark Ambiant.
Souvent cité au côté d'un autre projet français controversé pour ses idées politiques, Dernière Volonté, LJDLP est un one-man band fascinant. Mené par le mystérieux Erik K., dont la seule interview connue ne révèle que bien peu sur le véritable objectif du projet, ce groupe culte œuvre dans un
Dark Ambiant militaire, industriel, bruitiste et dérangeant. Et dont
Aux Petits Enfants de France est le premier album.
Venons en à l'album, justement. Il s'ouvre sur une piste d'environ 14 min, intitulée "Exode". Une longue plage très bruitiste, industrielle et assez angoissante. On en a les oreilles qui bourdonnent. Une ouverture qui rebutera immédiatement les profanes ou les personnes à l'ouïe sensible. Puis le silence se fait durant quelques secondes de répit, avant qu'un bourdon de fasse entendre. Tout n'est que bruitisme jusqu'à ce que la voix du Maréchal Pétain annonçant la fin du combat se fasse progressivement entendre, couvrant la musique et nous préparant à la suite de ce voyage en France occupée.
La troisième piste ferait presque sursauter dès son commencement. Ici, plus de musique bourdonnante, mais un discours. Typique des Joyaux de la Princesse, l'utilisation de sons d'archives (on sait que Erik Konofal a travaillé sur une station de radio où il a pu avoir accès à ces documents sonores). Ce titre tourne clairement autour de Pétain. Et on sent l'insistance d'Erik K. sur la phrase bien connue "Je fais à la France le don de ma personne." Cette promesse est répétée à plusieurs reprises, passée en boucle, comme pour donner encore plus de poids au discours... Ou pour soulever avec ironie la suite où le maréchal annonce la capitulation de la France... Mais au bout de trois minutes de discours intensif, on reprend nos longues plages sombres et organiques. Notons quand mêmes qu'il y a ici plus de musicalité et de variations que sur "Exode". Le grésillement qui hantait l'album depuis le début disparaît peu à peu, comme à regret, pour laisser place à un orgue imposant, inquiétant, sombre...
Après cette première partie terriblement indus', et qui peut être considérée comme assez désagréable lors de la première écoute (surtout si celle ci est superflue), le disque enchaîne sur une suite de pistes assez courtes, intenses et atmosphériques tout en restant très minimalistes (n'oubliant pas que nous sommes dans le
Dark Ambiant, pas de chichis). De l'orgue, de la solennité, des Joyaux de la Princesse pur jus. On ne retrouvera des pistes similaires que sur
Die Weiße Rose et
Aux Volontaires Croix de Sang, et encore la beauté minimaliste de Automne 1941 ne sera, pour moi, jamais égalée.
Puis le disque s'achève sur le surprenant, détonnant et incroyable Dernier Editoriat de Philippe Henriot, homme de radio et collaborateur devant l'éternel qui semble fasciner Erik K. (qui lui a d'ailleurs consacré un album intitulé "In
Memoriam Philippe Henriot"). Une piste belle, composée de sons d'archives et du clavier d'Erik qui clôt magnifiquement cet album.
Pour résumer, ce qui est toujours complexe face aux Joyaux de la Princesse, il s'agit là d'un album culte (peut-être mon préféré des JDLP), sombre par la musique, intriguant par son but (quel est-il vraiment?) et fascinant par le mélange des deux. Musique ambiante et ambiance militaire, un combo recherché par beaucoup de groupes de
Dark Ambiant, de Néofolk et autres genres extrêmes, mais aucun n'a le talent qu'étale ici Erik K.
Un album que je recommande à tous les amateurs de
Dark Ambiant militarisant. Pour ma part, je considère ce groupe comme largement supérieur à
Death In June (qui reste quand même un bon groupe),
Blood Axis (qui frôle le navet musical) et autres rigolos qui surfent sur la vague de la naziploitation avec la subtilité d'un
Panzer.
Cependant, bémol concernant le dernier paragraphe, Death In June et LJDLP étant à mon sens bien différents et incomparables.
A propos de Blood Axis, je serai curieux de connaitre ton avis sur "Absinthe : La Folie Verte", ayant justement vu collaborer Moynihan et Konofal en 2001..
Mmmmh, Absinthe est l'album qui me divise le plus... Je trouve certains morceaux excellents et d'autres... pas vraiment inintéressants, mais qui m'accroche pas, disons.
La voix de Moynihan est assez sympathique et colle bien au thème (comme quoi, on peut aimer la voix d'un mec et pas sa musique), ledit thème est intéressant, la style des Joyaux est bien présent... Mais y'a un truc qui me chiffonne. Je saurais pas dire quoi.
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