Ashes to Ashes

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14/20
Nom du groupe Luna (UKR)
Nom de l'album Ashes to Ashes
Type Album
Date de parution 02 Juin 2014
Style MusicalDoom Funéraire
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Ashes to Ashes
Ecouter56:51

Durée totale : 56:51

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Luna (UKR)



Chronique @ Peacewalker

05 Octobre 2014

Un premier album très prometteur

Luna est le projet solo de Demort, musicien ukrainien également membre du groupe de Doom Death Amily, et nous propose chez Solitude Productions un premier album doté de plusieurs particularités aptes à attirer l'attention.

D'un point de vue stylistique, Luna officie dans un Doom essentiellement instrumental (je reviendrai sur ce point plus bas) oscillant entre Funeral et Doom Death et mettant fortement l'accent sur les claviers, qui se taillent ici la part du lion. Cela étant, si l'intérêt de l'album repose en grande partie sur l'attention accordée aux orchestrations, assez ambitieuses, les instruments métalliques plus traditionnels ne se contentent pas de faire de la figuration. En effet, plutôt que de proposer une simple "base" linéaire sur laquelle viendraient se greffer les arrangements, ce qui est assez commun dans ce style de one-man-band, la partie Metal joue ici un assez grand rôle notamment dans tout ce qui concerne les montées et baisses d'intensité. La structure du morceau de presque 57 minutes qui compose l'album est de fait assez claire, de part son alternance entre passages assez lents et très typés Funeral, séquences relativement plus rythmées, et interludes, chaque type de passage étant associé à des orchestrations particulières, pour un résultat des plus intéressants et doté d'un panel d'atmosphères assez variées, l'étiquette "Symphonic Doom Metal" étant, une fois n'est pas coutume, appropriée.
La large gamme d'arrangements utilisée par Demort, allant des chœurs, tant féminins que masculins, à différents types de cordes, en passant par du piano et de l'orgue, est ainsi mise à profit pour plonger l'auditeur dans un certain nombre d'ambiances et d'émotions différentes. La référence faite par le label aux bandes-sons de film est de fait assez intéressante, tant l'alternance de séquences tour à tour mélancoliques et majestueuses, sombres et imposantes, et mystiques, gothiques et funèbres (à ce niveau-là, certains arrangements ne sont d'ailleurs pas sans rappeler le groupe principal du musicien ukrainien, en particulier au niveau des chœurs) est effectivement très cinématographique, le statut pratiquement instrumental de l’œuvre renforçant d'autant plus cette idée. Cependant cette comparaison n'est sans doute pas 100% pertinente: en effet, il manque peut-être à l'album un réel fil directeur, un schéma global, qui justifierait pleinement le choix de la piste unique et coordonnerait les différentes séquences de manière vraiment narrative, plus que purement musicale comme il semble que ce soit le cas ici.
Ce manque de structure globale vraiment ambitieuse, ou du moins l'absence de visibilité de celle-ci, n'est certes pas rédhibitoire, mais empêche sans doute Luna d'exploiter l’intégralité du potentiel que sa personnalité laisse percevoir. En outre, la qualité sonore des orchestrations, si elle est loin d'être gênante, gagnerait sans doute à être améliorée si à l'avenir le musicien ukrainien cherchait à approfondir cette dimension cinématographique.

Notons enfin que si le choix du statut quasiment instrumental de l'album est finalement plutôt intéressant, il risque de s'avérer légèrement frustrant pour certains auditeurs, au moins lors des premières écoutes. En outre, le court passage vers la 34ème minute empêchant ce Ashes to Ashes d'être considéré comme entièrement vierge de tout vocaux est plus que dispensable. Le peu de "growl" qu'il nous propose est en effet assez ridicule, et inutilement artificiel. Un défaut au final très anecdotique, mais qui risque de briser chez certains l'immersion dans l'atmosphère de l'album..

Ce premier album de Luna est donc somme toute très intéressant, la personnalité du one-man-band étant particulièrement prometteuse et laissant espérer de très bonnes choses pour la suite. Si certains défauts de jeunesse demeurent présents, gageons que Demort saura à l'avenir mettre à profit l'expérience accumulée grâce à ce Ashes to Ashes..

4 Commentaires

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Peacewalker - 05 Octobre 2014: Ce n'est effectivement pas un couinement de canard, mais je sais pas trop, je le trouve vraiment mal foutu, je peux pas m'empêcher de tiquer à chaque fois que j'arrive à ce passage, et ce malgré un nombre d'écoutes assez conséquent. C'est sans doute lié au fait que les différents effets mis sur la voix se sentent trop, j'ai l'impression d'entendre une mauvaise parodie de personnage de film d'horreur, rien à voir avec ce que je ressens avec du "vrai" growl. Merci pour ton commentaire cela étant !
Icare - 06 Octobre 2014: Merci pour la chronique, très bonne, qui donne envie de découvrir cet album!
Vinterdrom - 12 Fevrier 2015: Merci pour la chro. En effet, beaucoup de choses très intéressantes chez Luna, ainsi qu'une bonne maîtrise globale. Le genre de productions Solitude dont on présume tout connaître d'emblée (la quantité de nouveautés et la patte "soviétique" immédiatement identifiable ayant fini par induire une forme d'a priori blasé), mais qui revient volontiers sur la platine et d'où s'impose la personnalité du sieur Anton DeMort rappelant, comme tu le soulignes, Amily par certains aspects : les chœurs à la cadence martiale et au traitement presque "indus" dans leur façon d'être martelés, ainsi que cette atmosphère d'horreur gothique (au sens premier du terme), davantage mise en avant chez Luna. J'apprécie particulièrement la seconde partie, passé le point charnière des 34 minutes (séquence assez cheap, il est vrai ; à se demander si DeMort n'a pas délibérément cherché à lui donner cet aspect fauché...), où le climat bascule résolument dans le macabre. De ce point de vue, la progression de la piste est bien sentie, je trouve, telle une narration qui distille une tension crescendo jusqu'au dénouement final (je ne peux pas m'empêcher de penser à "La chute de la maison Usher", la nouvelle de Poe, ainsi qu'à son adaptation cinéma par Corman). En revanche, cette piste prend un peu trop de temps à se mettre en place et la première partie aurait gagné, à mon avis, à être un peu rabotée (la séquence à base de piano revient trop souvent et traîne un peu trop en longueur). Cela dit, les transitions sont bien amenées, des variations sur un thème ou son interprétation par un instrument différent servant efficacement de liants entre les diverses séquences, et je n'ai ressenti aucun gêne face à l'absence (ou quasi-absence) de vocaux : l'instrumentation et les images qu'elle fait naître se suffisent à elles-mêmes. Le concept du one-track album tient le coup (tout comme Ea avec ses dernières sorties). Enfin, dans un registre plus concis et dynamique, hors du carcan thématique de l'album, les deux nouveaux titres de Luna mis depuis à disposition sur le bandcamp de Solitude valent le détour !
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