Apokalipstik

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16/20
Nom du groupe Lycosia
Nom de l'album Apokalipstik
Type Album
Date de parution 2006
Membres possèdant cet album16

Tracklist

1. Last Splash
2. All These Worlds
3. Follow Me
4. Hard Dressed Bitch
5. Leftover
6. Kiss Me Hard
7. Say Fuck Yeah!
8. Light Years
9. Ymhae Apaka
10. Don't Say a Word (Make Up Mix)

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Lycosia


Chronique @ Eternalis

24 Janvier 2010

La qualité n’est pas absente, elle est juste éparse...

Il y a ces groupes qui ne respectent aucunes conventions et qui se plaisent à radicaliser leur essence musicale à chaque nouveau disque. Si Lycosia n’est en rien le chantre de l’expérimentation musicale la plus excentrique qui soit, le combo parisien a depuis ses débuts toujours évolué et proposé une musique fondamentalement personnelle et hors de toute scène. Si le troisième album éponyme représentait une forme de maturité dans l’expression d’une musique sombre, gothique, électronique et mélancolique, étrange symbiose d’un rock infusé de cold wave et des riffs parfois plus purement métal et directs, la possibilité d’évoluer dans ce genre semblait difficile. Mais l’impact de compositions aussi travaillées et sublimes qu’un "Cold Summer" (ou la définition même du terme mélancolie), "Rise Up" ou "Altai" n’avait, il est vrai, pas réellement séduit les foules avides de musique plus affiliée à un thème unique et non une telle fusion. Et pourtant…

Dans ce cadre, Lycosia, trois ans plus tard, trois années internes chaotiques, faites de déchirements de line up et de tournées annulées en cascade, débouchèrent sur le départ de Shanka777, pourtant si important sur l’album éponyme. Don Ragno et Christi Scythe trouvèrent donc d’autres musiciens et prirent une toute autre tournure musicale pour ce que deviendrait Apokalypstik.
L’omniprésence de la new wave se fait évidente, la disparition de la mélancolie exacerbée de son prédécesseur également. Volontairement plus varié et hétérogène, "Apokalypstik" (dont le jeu de mots est entièrement retranscrit sur la pochette de l’opus, une nouvelle fois teintée de rose) joue la carte d’une musique accessible et dansante, au profit d’une richesse musicale qui avait fait la force du groupe. "All These Words" surprend dans le mauvais sens du terme pour sa forte ressemblance à un Indochine sous amphétamines, forcément plus pêchu (les quelques passages plus tribaux le prouvant) mais laissant place à un chant complètement enfoncé dans les méandres de moult effets vocaux. Le chant cru et si magnifiquement émotionnel d’antan n’y est plus, notamment sur un "Light Years" pop mais sans envergure, sans magie ni ce minimalisme si sensible qui faisait de l’album précédent une perle unique.

Hétérogène. Le terme est faible, tant certains morceaux dénotent du commentaire affiché plus haut. En effet, les expérimentations complètement industrielles d’un "Say Fuck Yeah !" jouissif le prouve. Des riffs froids et monolithiques s’abattent et tranchant littéralement une production glaciale. Des riffs mécaniques et aliénants sur lesquels s’ajoutent des vocaux déshumanisés, robotiques et très lointain, que l’on aurait aucun mal à rapprocher d’un Mortiis dans ses moments les plus excentriques et barrés. "Ymhae Apaka", interprété dans une langue russe déjà froide de par sa sonorité, continu de nous plonger dans une sphère des plus brutales pour Lycosia. Des riffs brutes, des vocaux alourdis et complètement saturés de violence, proche des débuts d’un Strapping Young Lad qui aurait eu une relation furtive avec un Nine Inch Nails, mais dans une optique néanmoins plus catchy et puissante.

A l’écoute de ces morceaux, une question reste en suspens. Où est Lycosia ? On reconnait à peine le chant si caractéristique de Scythe, l’aspect dépouillé et à vif de son interprétation…et bien cette vision de Lycosia réapparait parfois, sporadiquement. "Last Splash" par exemple reste dans la droite lignée de ce à quoi le groupe nous a habitué, pouvant se rapprocher d’un "Velveteen Kiss" même si le tout sonne toujours beaucoup plus électro. Mais la sauce prend, une esthétique presque dancefloor apparait, une impression de plonger dans une certaine démence, une folie saturé par les sucreries de sonorités électroniques polissant une mélancolie bel et bien présente dans ce morceau introducteur, particulièrement sur un refrain désabusé et magnifique. On retrouve sur "Follow Me" une patte beaucoup plus mélancolique également, plus décharnée et à fleur de peau, malgré un mix toujours encombré de nombreux éléments et une réverbération constante dans le chant de Christi. Mais cette capacité à allier une sensibilité rare se retrouve complètement sur ce morceau, comme un hommage au passé. Un hommage massacré sur un "Kiss Me Hard" à l’intro quasi grunge et surtout à la progression trè rock et agressive mais sans réelle conviction. Une sensation de roue libre s’empare de l’auditeur, le groupe et "Apokalypstik" partent dans tous les sens, sans cohésion ni logique, et le perd dans les dédales d’une schizophrénie musicale au finale peu réjouissante et décevante, car inaboutie.

Continuellement au bord du gouffre, sur la lame du rasoir, ce quatrième opus flirte aussi dangereusement avec le moment qu’il ne délivre des décharges énergétiques et puissantes très intéressantes musicalement. Et lorsque le final "Don't Say a Word" résonne dans nos têtes, à la texture une nouvelle fois presque techno (ses sonorités synthétiques abusives ayant tendances à en devenir repoussantes), mais que l’on retrouve une ébauche d’un chant plus naturel et véritable, le souvenir d’un gigantesque et splendide album éponyme, trois ans auparavant, s’empare de l’esprit. La déception, sans être totale, est présente et grande. La qualité n’est pas absente, elle est juste éparse…les attentes n’étaient pas gigantesques, mais elles ne sont pas comblées…Lycosia n’était pas encore établi, il le sera probablement encore moins maintenant…une nouvelle fois…c’est "Lycosia" que l’on écoutera, et pas ce "Apokalypstik" au final bien fade et inégal…

1 Commentaire

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Matai - 24 Janvier 2010: Belle chronique, merci pour cet effort ;)
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