Angels Cast Shadows

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Nom du groupe Miracle Flair
Nom de l'album Angels Cast Shadows
Type Album
Date de parution 21 Octobre 2016
Style MusicalMetal Mélodique
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1. Angels Cast Shadows 03:55
2. Embracing the End 03:55
3. Alive 03:39
4. The Unfulfilled 03:45
5. Blessing and a Course 03:24
6. I Am Your Truth 03:28
7. Soul Witness 04:05
8. Challenge My Face 03:21
9. The Whole 03:21
10. Still Remaining Part 04:03
11. Worth the Fight 04:20
12. Great Spirit 03:22
13. I Am Your Truth (Acoustic) 03:15
Total playing time 47:53

Chronique @ ericb4

02 Octobre 2016

Un brûlant propos susceptible de les placer sous les feux de la rampe...

Créé en 2010 par la frontwoman Nicole Hartmann et le guitariste et claviériste Daniel Maurizi, Miracle Flair officie dans un metal mélodico-symphonique cadencé et accessible combiné à d'autres branches (gothique, électro, entre autres) et nourri d'influences diverses (Lacuna Coil, Evanescence, Eluveitie, Autumn...). Encore peu popularisé hors de ses frontières, celui-ci s'est néanmoins déjà illustré en concert et lors de plusieurs festivals (Kulturfestival (St Gallen) ; Rock & Country Festival (Sarganserland), etc.) au cours de ces six dernières années. Il a notamment joué auprès de groupes tels que : Eluveitie, In Extremo, Blues Pills, etc. Etapes cruciales de développement qui lui ont permis de se faire plus largement connaître et d'asseoir progressivement son projet, élaboré sur de solides bases techniques et espéré à long terme.

Suite à un premier et substantiel album, « Inner Peace of Mind » (2011), le quintet a intensifié ses efforts en studio, affiné son jeu d'écriture, caressant l'espoir d'intégrer un jour le cercle fermé des valeurs montantes de cette scène metal. Aussi, revient-il, cinq ans plus tard, habité par la ferme intention de marquer de son empreinte son registre metal d'appartenance avec le présent « Angels Cast Shadows », second et corpulent opus de longue durée, sorti chez Massacre Records. Preuve en est la production d'ensemble et le mixage, particulièrement soignés, laissés aux mains expertes de Tommy Vetterli (Coroner, 69 Chambers, Eluveitie) et réalisés au New Sound Studio ; quant au mastering, il a relevé de la patte de Dan Suter (Echochamber). Enfin, l'artwork de la pochette d'inspiration fantastique et au trait fin, signé Colin Marks (Fleshgod Apocalypse, Whitechapel, Hypermass...), utilisant différentes nuances de gris, achève de nous convaincre de ne plus attendre pour ouvrir le boitier, en sortir et placer le cd dans la platine à la découverte de ses 13 pistes.


Nos acolytes ont d'abord opté pour un regard pluriel pour tenter de nous rallier à leur cause, sur un modus operandi similaire, ces passages tutoyant à leur manière les charts.

Ainsi, l'entraînant et graveleux « Embracing the End » libère une déesse inspirée par son sujet, enjolivant la piste de son chatoyant grain de voix, contribuant à rendre le moment éminemment enivrant. D'aériens et mélodieux refrains trouveront une adhésion quasi immédiate auprès d'amateurs d'Evanescence ou de Lacuna Coil sur un titre qui aurait déjà valeur de hit en puissance. De même, le cadencé « The Unfulfilled » marche aussi sur les pas d'Evanescence pour faire valoir ses vibes enchanteresses. Dans cette joviale mouvance, difficile d'esquiver les fondantes inflexions doublées de fines modularités de la princesse où qu'elle se meut. Aussi, on ne restera pas de marbre sur une plage fringante distribuant ses refrains catchy comme autant d'espaces privilégiés de profonde jouissance auditive. Pour sa part, l'énergisant « Blessing and a Course », un poil électro, dissémine ses couplets hauts en couleurs et ses sulfureux refrains, mis en exergue par une instrumentation échevelée et une interprète aux graciles volutes. Encore un espace de félicité à mettre à l'actif des charts qu'on ne quittera qu'à regrets. Enfin, l'énigmatique et voluptueux mid tempo « Alive », d'inspiration eluveitienne, nous plonge dans un velouté de couplets immersifs relayés par des refrains nuancés s'étirant à loisir, comme pour mieux happer nos émotions.


Moins tubesques, d'autres moments tablent sur une frappe plus sèche, une rythmique plus volcanique, une fougue riffeuse plus manifeste, ce qui réussit également à l'inspiré collectif.

D'une part, l'offensif titre éponyme, « Angels Cast Shadows », n'a de cesse de faire dégouliner ses riffs gras et vrombissants adossés sur une brûlante rythmique, non sans rappeler Lacuna Coil, avec un zeste de Passionworks eu égard aux harmoniques. Ce faisant, le corrosif ensemble instrumental suit les siréniennes impulsions de la belle qu'elle parsème tout le long, magnifiant de fait un refrain qu'on entonnerait à tue-tête. Dans cette logique, le frondeur « I Am Your Truth », tel un Lacuna Coil de la première heure, déploie un puissant arsenal rythmique surplombé par des riffs colériques, le long d'un vénéneux brûlot qui aura du mal à dissimuler ses hypnotiques refrains. D'autre part, le tonique « Great Spirit » aligne ses blasts sans retenue, enflammant le tympan par ses riffs crochetés et alambiqués. Il n'en demeure pas moins harmonieux, véhiculant un message musical clair, cohérent, s'avérant bien habité par une interprète totalement en phase tant avec sa partition qu'avec ses musiciens.


Par ailleurs, un brin électro, le saillant « Still Remaining Part » assène le pavillon de blasts en série, sans y perdre en mélodicité, notamment sur l'accueillant refrain. Sur un break opportun, de jolis arpèges au violoncelle se font jour, avant que ne bondisse une reprise sur la crête du refrain. Saisissant et intrigant instant. Enfin, le mordant « The Whole », à la manière de Passionworks, dissémine une atmosphère sereine de par un agréable tracé mélodique dispensé et une énergie communication eu égard à une impétueuse et accrocheuse orchestration, avec d'insoupçonnées variations rythmiques et de tonalité au programme.


Non sans un certain brio, la troupe sait aussi tempérer ses ardeurs sans y perdre en magnificence mélodique, et même avec une subtile dynamique de fond transparaissant dans ses instants plus fragiles.

Aussi, à l'image d'une docile aubade, « Soul Witness » s'offre comme une gentille ballade mais qui, par moments, sait dynamiser son atmosphère par quelques frappes percussives bien senties. Un cheminement mélodique feutré coule dans les veines de cette féérique rivière de mots bleus, subtilement colorisée par les douces patines de la maîtresse de cérémonie. Emouvant instant s'il en est. Dans cette énergie, de jolis accords à la guitare acoustique nous ouvrent les portes d'accès à « Worth the Fight », power ballade progressive partiellement instrumentalisée d'un romantique violoncelle. Le moment de totale zénitude sera interrompu par un riffing sanguin, qui ne masquera ni une rayonnante lead guitare ni une indéfectible harmonisation du dispositif groupal, faisant mouche, ici comme ailleurs, sur le refrain. On ne passera pas non plus outre « Challenge My Face », mid/low tempo naviguant dans une fournaise de riffs magmatiques, délivrant une lead guitare alors investie dans de sémillants gimmicks, le long d'un sillon mélodique qui jamais ne s'affadit, à mi-chemin entre Autumn et Within Temptation. Une délectable pièce mise en habits de lumière par une sirène parfaitement à son aise dans ce schéma.

Enfin, dans une mouvance plus soft, tel un ultime et enchanteur îlot caché derrière une épaisse nappe de brume enfin entraperçu, on découvre une version acoustique de « I Am Your Truth », en outro d'opus, révélant toute la sensibilité de composition et la précision des séries d'accords inhérentes aux portées de la partition. Dénuée de sa rythmique originelle, cette option offre un regard complémentaire et d'autant plus intéressant qu'elle livre quelques petites variations et charge émotionnellement l'auditeur, à sa manière. Un exercice de style qui a donc toute sa raison d'être.


Résultat des courses : on parcourt d'un seul tenant une œuvre techniquement fertile, à la fulgurante dynamique rythmique, aux arrangements bien pensés, ne souffrant que de rares notes parasites dans sa trame. Efficace, rayonnante, attachante, cette seconde production est d'une tout autre dimension artistique et logistique que son aînée. Elle renseigne donc clairement sur les prérogatives du combo, souhaitant dès lors ne plus se situer en position de retrait d'une pléthorique scène metal mélodique à chant féminin, celle-là même qui pourrait bien lui ouvrir plus largement ses bras. Un délectable cocktail metal que les sources d'influence ont indirectement contribué à alimenter, mais dont l'originalité des séries d'accords et des textes incitent à penser qu'une signature artistique se dessine déjà chez nos valeureux gladiateurs. Raison de plus pour se lancer à la découverte d'un réel potentiel, celui d'un combo opiniâtre et bien inspiré...

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