Si les Brésiliens de
Terra Prima osaient affirmer, crânement, qu'ils ne sont absolument pas influencés par les travaux de leurs congénères d'
Angra, ils pourraient alors sans problème être taxés de menteurs tant il y a chez eux beaucoup d'éléments nous rappelant immanquablement les compositions de
Kiko Loureiro et de ses camarades.
Dès cet instrumental, GateZzzZzz, l'impression d'une certaine résurgence dans cette construction aux percussions quelque peu semblables à celles imaginées par Ricardo Confessori, notamment sur le Crossing de ce splendide Holy
Land, nous effleurera. Bientôt suivi de ce Time to Fly vif au break nous évoquant, lui aussi, inévitablement le travail de Luis Mariutti et de ses acolytes. Une sensation prégnante que l'on retrouvera également sur des pistes telles que
Gain. Et plus généralement ailleurs sur ce disque. Même si, soyons tout à fait francs, elles ne seront pas toujours aussi flagrantes que sur les chansons déjà évoquées.
Il faut dire que le fait que Daniel Pinho de Souto Lima partagera quelques intonations communes avec l'ancien, nouveau, ex, futur, on ne sait plus vraiment, vocaliste de
Viper, à savoir André Matos et qu'il aura, aussi, tenu le micro durant quelques concerts d'
Angra en 2014, ne nous simplifiera pas la tâche dans cette entreprise de distinction des deux entités. Surtout qu'en plus,
Terra Prima aura eu la brillante idée d'inviter Rafael
Bittencourt à venir jouer quelques notes sur le titre final de ce disque,
Essence pourvu de ce break, aux voix féminines; sensuel et splendide. La confusion règne.
Cela dit, ce manifeste étant surtout composé de matériel ancien, on peut espérer qu'avec le temps
Terra Prima sera parvenu à s'affranchir du joug de celui que, visiblement, il adule.
Ces ressemblances seront d'ailleurs d'autant plus déplorables que
Terra Prima ne sera pas totalement dénué d'arguments à faire valoir et que dès lors qu'il laissera s'exprimer son tempérament le plus personnel, il nous offrira de bien belles choses. Comme, notamment, tous ces instants délicieux où il met en exergue les particularités de sa culture latine ou ses aspirations plus éclectiques.
Citons donc quelques exemples de cette diversification et de cette inspiration moins connotées avec, par exemple, cet Await the Story's
End emprunt de souffles divers avec même un break final Jazzy tout à fait remarquable. Ou un
New Dawn à l'entame aux parfums superbement hispanico-tziganes sur lequel Andria Busic (Dr.
Sin) viendra donner de la voix aux côté du chanteur de
Terra Prima. Ou comme encore un
Step by Step aux pianos splendides et dépaysant.
En définitive, dès lors que
Terra Prima prendra quelques distances avec l'autre formation native des terres de braise mentionnée ici en long, en large et en travers, il saura véritablement nous charmer. Surtout lorsque, en plus, il mettra en avant tout ces apparats les plus ethniques.
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