« Les envahisseurs : ces êtres étranges venus d'une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par une auberge abandonnée et par un homme devenu trop las pour continuer sa route. Cela a commencé par l'atterrissage d'un vaisseau venu d'une autre galaxie. Maintenant, David Vincent sait que les envahisseurs sont là, qu'ils ont pris forme humaine et qu'il lui faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé… »
Rappelez-vous. C’était la grande époque de l’ORTF qui vit la première chaine diffuser le 4 septembre 1969 le premier des 43 épisodes de cette série devenue culte.
Quel rapport avec une chronique sur
Spirit of
Metal ? Aucun, et alors ? Ce n’est quand même pas interdit par le guides des soumissions j’espère ? Ah si, j’oubliais. David Vincent, Vinnie Vincent
Invasion. Vincent, les envahisseurs,
Invasion… Bon ok, j’arrête de faire de l’humour. Cela pourrait être mal interprété.
Disons que la pochette résolument spatiale et le patronyme de l’illustre guitariste laisse mon esprit digresser vers des associations d’idées nostalgiques.
En effet, Vincent John Cusano aka « Vinnie Vincent » se fit d’abord connaitre pour sa participation comme guitariste au sein de
Kiss, en lieu et place d’
Ace Frehley, sur deux de leurs albums et non des moindres « Creatures of the
Night » en 1982 et « Lick it up » en 1983. Excusez du peu, mais il aura vécu la période « bas les masques » du
Baiser et un succès interplanétaire dont on redescend difficilement. On passera sur les raisons bassement pécuniaires du divorce avec le groupe après un monstrueux « Lick it up » Tour à l’hiver 1984 pour se consacrer aux premiers pas du projet solo de l’ancien parolier des chansons de la célèbre série «
Happy Days » que fut Vinnie Vincent à son arrivée à
Los Angeles au début des eighties.
Il commença par prendre un break d’une année pour se ressourcer lors d’un tour du Monde. Convaincu par l’ex-recruteur de prodiges à la guitare pour Ozzy, à savoir le bassiste Dana Strum, Vinnie Vincent consolida les assises d’un projet solo avec l’apport du batteur Bobby Rock. Vinnie Vincent
Invasion naquit donc avec l’ex-chanteur de
Journey Robert Fleischman derrière le micro et le groupe sortit en 1986 son premier album chez Capitol dans un style glam-metal, parfait pour faire fondre des norias de groupies en chaleur.
Evacuation faite de Fleischman, manu-militari et pour des raisons encore de monnaie sonnante et trébuchante, la troupe investit sur le pied de guerre le Cherokee Studios d’Hollywood en mai 88 pour enregistrer ce «
All Systems Go » avec le craquant Mark
Slaughter aux vocaux. Le concours de brushing est lancé sur le recto de la pochette !
Un vrai piège à midinettes cet album.
Les paroles abordent les sacro-saints sujets comme les filles, le sexe, l’amour et bien sur le rock’n’ roll. Essentiellement glam-hard, la musique de Vinnie Vincent allie des mélodies inspirées de Mötley Crüe et
Kiss, tiens donc, dans un ensemble fringant et pêchu d’où émergent des chœurs magnifiques auxquels contribua
Jeff Scott Soto et des soli de Vinnie parfois un poil bordéliques et décousus. Ces derniers contrastant de manière systématique avec les mises en place de morceaux, arrangés par un Dana Strum, fin stratège qui n’aura pas oublié de mettre en avant son instrument. Mark
Slaughter, en dépit d’être une bête de scène, dispose quant à lui d’un organe nasillard et puissant.
Son timbre et sa performance vocale sur «
That Time of Year », splendide heavy-rock élégant et racé qui constitua l’un des deux clips du groupe, regorgent d’un feeling que même Vinnie adopte sur un solo pour une fois tout en retenue. Le second single tiré de cette galette, lui aussi gratifié d’une vidéo, sera «
Love Kills », power-ballade propulsée par une basse bombardier de Dana Strum et illuminée d’un solo stratosphérique, qui figurera sur la bande sonore du chapitre 4 de « A
Nightmare on
Elm Street » du sanguinaire Freddy
Krueger.
Ces deux morceaux ne reflètent pas la dépense d’énergie que les 4 musiciens dépensent sur la plupart des autres titres. C’est le cas sur un tonitruant «
Ashes to
Ashes » porté par une section rythmique aux ordres d’une mélodie entrainante, transpercée de chœurs et d’un chant soudainement plus animal. Le groupe nous offre même en fin d’album un morceau de speed rock « Breakout » sur lequel Bobby Rock lâche enfin la vapeur en pilonnant sa double grosse-caisse pendant que Dana Strum suit la cadence infernale et Vinnie singe Mick Mars, non sans talent, avec un riff supersonique. La fibre Mötley se retrouve sur l’efficace up-tempo «
Burn » fracassé par le couple Rock-Strum en pleine osmose et sa ligne de guitare rampante comme un crotale au milieu du désert. L’hymne « Let
Freedom Rock » complète cette partie véloce et virile dans une débauche de décibels diablement mise en valeur par la basse de Dana Strum et le solo de Vinnie Vincent.
Côté « plan-drague », le groupe dispense une leçon digne de la célèbre méthode Assimil.
« Pretty little girl, come out and play, your candyman is here to stay, bringing you sugar from paradise » nous clame Mark
Slaughter de sa voix groovy et sexy sur un gros rock au « Dirty Rythm » qui, à défaut de faire tomber direct la première blonde aux gros seins venue, vous fera taper frénétiquement du pied. «Naughty Naughty » sur une basse ronflante et un riff Marsien n’y va pas non plus par quatre chemins avec son accroche aussi grossière qu’un hameçon à 3 branches. Leçon de pelotage avec « Heavy Pettin » pas aussi convaincant malgré un faux air de Guns n’Roses et un solo qui part dans tous les sens, ou qui visite peut-être les coins et les recoins du chemisier de la grande brune au regard de braise. A l’heure du quart d’heure Américain, vous essaierez d’emballer sur « Ecstasy » qui débute tout en douceur avec un chant sirupeux et une basse carnassière avant de passer à l’attaque en fin de piste, langue pendante et sens aux aguets d’une accélération salvatrice qui finalement n’arrivera jamais. Normalement si tout se déroule selon vos plans, « Deeper and Deeper » consacrera vos desseins avec un rock binaire sans prétention mais au combien jouissif…
Vinnie partagera au final le destin de paria de son homonyme dans la série de science-fiction citée plus haut.
Ne parvenant pas à véritablement percer ni à convaincre, le groupe splittera en 1989 là où David Vincent était pris pour un fou malgré d’indéniables valeurs et un combat qu’il entreprit de mener seul et contre tous. Il ne faut jamais perdre de vue, qu’envahisseurs ou pas, l’humain cherche toujours à exploiter les failles morales ou psychologiques des masses pour imposer aveuglement une vérité unique. Une seule solution : résister !
Didier – Février 2014
Sweeter than honey of love on my tongue
Je me suis récemment repassé cette galette après avoir regardé Freddy 4 "The Dream Master" en VO svp, quelle soundtrack.. Sea Hags, The Angels, Love/Hate et VVI avec la sublime "Love Kills". L'un des deux plus grands moments du disque avec "That Time Of Year" du même accabit. En fait avec Vinnie Vincent Invasion, je trouve que c'est du bon, les morceaux tiennent la route, le chant de Mark Slaughter c'est du très très lourd, Dana Strum et Bobby Rock c'est la classe, mais il y a juste les soli de Vinnie que je trouve... un peu pourris sur les bords. Un comble pour le leader du groupe ! Un peu comme Dreamcatcher avec Chris..
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