Aldar Rök

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Nom du groupe Vanir (DK)
Nom de l'album Aldar Rök
Type Album
Date de parution 26 Fevrier 2016
Labels Mighty Music
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album9

Tracklist

1. Black Legion 04:59
2. Pretorian 05:24
3. Unrepentant 04:51
4. Broken Throne 05:33
5. Wrath of Sutr 04:38
6. The Serpent 03:45
7. Drukvisen 02:50
Total playing time 32:00

Chronique @ AlonewithL

12 Janvier 2016

Nous assistons là à un retour en grâce.

La vie est une lutte permanente. C’est une passion qui demande de produire les plus grands efforts. Parfois on néglige les ressources de ceux qui se raccrochent obstinément à la vie, alors qu’on les donnait morts. Vous vous souvenez sans doute de la formation danoise « Vanir », qui nous avait tant déçu avec son malheureux forfait « The Glorious Dead ». Et bien, elle s’est pressée d’en remettre une couche en bouleversant beaucoup de choses. Premièrement, le line up a subi une sérieuse refonte. Lasse et Sara sont débarqués. On accueille le claviériste Stefan Dujardin et le guitariste Kirk Backarach. Ces deux éléments vont être déterminants dans la suite à venir. Tout d’abord, le retour des claviers donnera plus ample perspective à la formation, qui avait manqué de contenu et d’enrobage dans sa musique. Puis, concernant Kirk, ce n’est pas un inconnu, puisqu’il s’agit d’un des piliers du groupe de power metal « Iron Fire », véritable institution danoise. Avec pareil renfort, on peut s’attendre à un « Vanir » plus mélodique que d’ordinaire. Ça n’a apparemment pas manqué avec le quatrième full length du combo, intitulé « Aldar Rök », qui ne rompt pas totalement avec la nouvelle tournure black death prise sur « The Glorious Dead », mais balaye loin toutes les impuretés laissées par ce dernier. Nous assistons là à un retour en grâce.

La validation de l’abandon du folk death des débuts se vérifie au premier instant avec « Black Legion ». L’entame se constitue en une brume épaisse et inquiétante, où retentissent des coups sourds. Un passage lourd et frissonnant qui installe bien la matière à la fois rugueuse et mélodique à suivre, qui rappelle étrangement « Moonspell », même si on y pressent à la différence une présence très discrète du death metal. Si on peut globalement le situer dans les tiroirs du black death mélodique, celui-là est bien plus léger qu’un « Dissection » ou un « Sacramentum », à titre de comparaison. Il faut en fait plus se tourner vers la récente scène pagan allemande à tendance atmo-mélodique, pour trouver un potentiel équivalent à la nouvelle monture de « Vanir ». Ça ne fait aucun doute à l’écoute du massif « Unrepentant », sous couvert d’une bonne couche atmosphérique, nous resituant dix ans en arrière. Cela se vérifie d’autant mieux sur « Wrath of Sitr » dont la forte emprise épique et atmosphérique le ramène à l’ouvrage « Oath a Warrior » de « Black Messiah ». Ce groupe caractéristique se devine en compagnie d’une influence plus locale, celle de « Svartsot », dans le festif et vigoureux « Drukvisen » (version radicalement différente de « Drikkevisen » de 2012). Morceau complètement à part dans cette galette qui est loin de faire totalement preuve de joie et d’insouciance.

« Vanir » prend au contraire une démarche plus solennelle et guerrière dans la grande majorité de l'opus. C’est ce qui en ressort notamment du très martial « Pretorian », tendant à se rapprocher d’« Adorned Brood » par son jeu massif et sa part épique. C’est un titre qui interpelle, qui fait bon usage des mélodies et qui s’illustre également par un solo bien fourni. « Broken Throne » s’en distingue par une tonalité plus grave et une fibre plus death mélodique, malgré la tiédeur rythmique adoptée. Il figure autant saisissant que « Pretorian », mais reste tout à fait sage en comparaison du tortueux et noir « The Serpent ». On en retient des parties vocales abrasives qui, néanmoins, se retrouvent en conflit avec une partie non négligeable de son environnement. Car, si on s’en tient à la seule musique, hormis certains passages épousant parfaitement la pression et la cruauté simulées par la voix, le reste navigue en relative quiétude grâce à la tiédeur des riffs, et surtout grâce à l’apport atmosphérique qui a pour effet d’adoucir la piste. Le titre est consistant, mais ne laissera pas pour autant un souvenir impérissable.

Après le désastre laissé par « The Glorious Dead », il était temps pour « Vanir » de réagir. Heureusement, il l’a fait sans tarder, démontrant une fois de plus sa vigueur et sa prise de conscience. Il a eu droit à un remaniement quasi complet sans pour autant s’être détourné des objectifs du précédent ouvrage, en s’efforçant même d’aller plus loin. Le black death indigeste et fermenté a laissé place à un metal à tendance pagan et mélodique assez représentatif de la scène germanique, de « Black Messiah », en passant par les actuels « Suidakra » et « Adorned Brood ». Voilà « Vanir » pour ainsi dire transformé, ayant abandonné toute trace de folk metal dans sa musique. Adieu flute et cornemuse. « Aldar Rök », mixé par Jacob Olesen au studio JBO Sound, est considéré par le groupe comme un album à part entière, malgré sa courte durée qui ferait pencher à l’idée d’un EP. Plus qu’une œuvre de renaissance, ce quatrième né relève de l’œuvre de combat. Ainsi, la vie continue.

14/20

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