Saturnalia Temple fait partie de ces groupes à la « densité informationnelle » telle qu’il est inévitable d’ouvrir cette chronique par une petite introduction contextuelle afin d’appréhender leur musique en toute connaissance de cause.
Ce groupe stockholmois est composé de deux membres : Peter à la batterie et Tommie à la guitare/ chant. Tommie Eriksson (cerveau du one man band
Lapis Niger,
Ritual Dark Ambient), par son affiliation à
Therion (ex-guitariste du groupe) et Shadowbreeds est intimement lié à Thomas Karlsson, fondateur de l’ordre magique du
Dragon Rouge, organisation initiatique à la voie de la main gauche (magie noire, individualisme, méditation, yoga, tantrisme, philosophie,…). Nous ne nous étonnerons donc guère d’apprendre que Tommie est un occultiste expérimenté, auteur d’un ouvrage intitulé « Mages Mörk » (« Magie Noire ») et membre phare de l’ordre du
Dragon Rouge.
Le sens du titre de ce premier album («
Aion of Drakon », soit l’âge du dragon) nous paraît de ce fait beaucoup plus clair.
Nous sommes ainsi projetés dans un monde occulte, ritualiste et lovecraftien autant mystérieux que passionnant, parfaitement représenté par un artwork de toute beauté exécuté par Dennis Dread (célèbre illustrateur ayant notamment réalisé la couverture des trois derniers
Darkthrone)
Alors comment ça sonne ? Certains chroniqueurs ont décrit la musique de
Saturnalia Temple comme étant du
Kyuss à 16 rmp ou encore du
Black Sabbath imbibé de peyotl. Nous avons ici à faire à du Stoner/
Doom, agrémenté de psychedelic rock (surtout pour le son) à tendance occulte, mélangé à du proto-metal, avec une pincée de heavy et des textes dignes de groupes de Black
Metal. Adeptes d’
Electric Wizard,
Black Sabbath,
Pentagram,
The Wounded King,
Dark Buddha Rising,
The Funeral Orchestra et
Celtic Frost (pour les riffs), ce groupe a bien des chances de vous plaire.
La principale caractéristique d’
Aion of Drakon réside dans le fait que cette musique est purement et simplement hallucinatoire, envoûtante, ésotérique et magique.
Les riffs saturés, groovy et répétitifs accompagnés d’une basse sabbathienne, anesthésient vos neurones, tandis que quelques soli parfaitement placés évitent toute monotonie et procurent de belles mélodies, jusqu’à être ravalées par une batterie martelant d’une constante lourdeur. A cela viennent se superposer les échos du chant incantatoire du maître de cérémonie Tommie, faisant parfois penser à celui de George Birch, ex-
The Wounded Kings (chant clair, obsédant et « drogué »).
N’oublions pas les nombreux effets bizarroïdes et étrangement électroniques faisant bruire chant et instruments, produisant un effet de mirage, principale cause des propriétés hypnotiques de cette musique. Le tout est polishé par une excellente production.
Tout en vous épargnant une étude titre par titre, j’attire votre attention sur le titre éponyme reflétant à mon avis la teneur générale du CD : On nous y livre des riffs répétitifs et miroitants qui semblent se réverbérer les uns les autres tout en étant transcendés par des sonorités étranges et un chant halluciné ; la transe !
Quant au paysage musical, l’on s’imaginera assister à un culte (anti) cosmique au cœur d’une nuit chaude et humide au pied d’un temple aux marches recouvertes du flux lent et incessant de la pourpre visqueuse ; Shub-Niggurath n’est pas loin.
Voilà peut-être le futur du Stoner/
Doom, sans être parfaitement innovateur on a quelque chose de frais et séduisant. Une musique psychotique, exaltée, lourde et monolithique qui ne manquera pas de vous séduire.
«
Aion of Drakon » en trois mots : Hallucinatoire, rituel, hypnotique
Par contre tous ces riffs qui se répètent et avec ce coté saturé me font penser à du drone par moment.
EN tout cas c'est psyché, hallucinogène et très bon.
Je partage totalement ton rapprochement avec le drone, je m'en veux presque de ne pas y avoir penser.
Un seconde chronique n'est jamais de trop (d'autant plus que tu avais déjà chroniqué Ur), je serais intéressé de voir ton point de vue sur cet album!
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