Aeons of Magick

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Sirius (POR)
Nom de l'album Aeons of Magick
Type Album
Date de parution 01 Fevrier 2000
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1. Sidereal Mirror 06:18
2. The Collapsing Spheres of Time 09:13
3. Ethereal Flames of Chaos 06:31
4. The Stargate 03:36
5. Travellers of the Stellar Ocean 06:26
6. Aeons of Magick 09:16
7. Beyond the Scarlet Horizon 05:36
Total playing time 46:56

Chronique @ BadaOfBodom

19 Septembre 2010
L’espace : refuge des mystères les plus insondables de l’Univers, théâtre du Big Bang, catalyseur de la création, berceau de l’existence et de la vie… L’espace est un ailleurs qui a toujours fasciné les hommes à la recherche de leurs origines ou rêvant d’évasion. Car l’espace est a priori un monde infini où tout est possible, et où tout reste à découvrir. Grâce aux immenses progrès de la science depuis moins d’un siècle et notamment grâce aux efforts des astronomes/astronautes, le rêve le plus fou de l’humanité consistant à résoudre les énigmes du cosmos, est en train de se réaliser petit à petit. L’odyssée stellaire a définitivement commencé, et il y a fort à parier que ce voyage au cœur de la nuit des temps nous apportera des révélations qui transformeront notre perception de l’Univers à tout jamais…

En musique, et notamment dans le Metal, ce thème est particulièrement récurrent. Regardez Limbonic Art, formation norvégienne pionnière en matière de Black Metal Symphonique. Il ne se passe pas un album sans que le cosmos ne soit invité à la fête… On pourrait tout aussi bien évoquer Arcturus, groupe norvégien de Metal Atmosphérico-Symphonique Expérimental, tirant évidemment son nom d’une étoile. Mais il y a aussi les Allemands d’Obsidian Gate qui évoluent dans ce style caractéristique, et il convient de ne pas les oublier ; on verra pourquoi... Avec "Aeons of Magick", Sirius semble donc s’inscrire dans la même logique conceptuelle que les groupes sus-cités, et je ne vais pas manquer de vous expliquer pour quelles raisons…

Sirius, comme vous le savez probablement, est une étoile. Une étoile, oui, mais pas n’importe laquelle… Dans certaines cultures, quelque part entre ésotérisme et astronomie, Sirius est effectivement l’étoile la plus brillante de notre galaxie, ce qui lui vaut naturellement le nom de "soleil de la Voie Lactée". Pour ces cultures, de la même manière que les astres gravitent autour du soleil dans notre système solaire, la Voie Lactée toute entière (dont notre propre soleil) gravite autour de Sirius. Ainsi, on comprend déjà mieux la cohérence globale du groupe quand on jette un œil sur la pochette ou plus précisément sur le logo. La pochette représente sans équivoque le système héliocentrique potentiellement en vigueur dans notre galaxie, comme en témoigne ce zoom sur Sirius. L’astre apparaît naturellement flamboyant et immense à côté du reste de la galaxie, quasiment noyée dans un bleu intersidéral ; d’autant que le soleil galactique semble être mythifié par un cercle spirituel - pour ne pas dire ésotérique - qui l’entoure. Détail intéressant : il semblerait que Sirius, sur le dessin, s’apparente à la partie centrale d’un œil (pupille et iris), alors que la galaxie en forme le contour. Concernant le logo en particulier, il est clair que ce dernier s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la pochette puisqu’il glorifie lui aussi Sirius, le supposé "soleil des soleils" dont nous venons de parler.

Comme vous pouvez vous en douter, ce n’est pas tout… Sirius, le groupe, a aussi pris soin de rédiger des textes qui soient les plus proches possible du concept pictural. C’est en cela que l’on aura le plaisir de retrouver dans les paroles un véritable hommage à l’espace. Et, on en conviendra, le plaisir s’avère d’autant plus intense que la musique est parfaitement bien adaptée à la situation…

Musicalement, nous sommes quelque part dans la discographie de Limbonic Art, entre "In Abhorrence Dementia" et "Epitome Of Illusions" (version réenregistrée des démos précédant "Moon In The Scorpio") avec un chant qui ressemble à s’y méprendre à celui d’Ihsahn dans "In The Nightside Eclipse". En fait, "Aeons of Magick" est globalement moins emphatique et diversifié qu’"In Abhorrence Dementia" mais reste plus travaillé et symphonique qu’"Epitome Of Illusions" ; d’où la place intermédiaire que je lui ai attribuée. Les pistes instrumentales sont, par exemple, symptomatiques de cette place. En effet, que ce soit "The Stargate" ou "Beyond The Scarlet Horizon", on reste bel et bien entre un "Oceania" mélancolique et un "Arctic Odyssey" orchestral. À propos des chansons au sens strict du terme, il faut reconnaître que les compositions sont globalement trop homogènes, et c’est quelque peu regrettable. Tout ceci nous donne presque l’impression que le groupe, malgré son talent, n’est pas créatif. Limbonic Art est un bonne influence, et donc une bonne base de travail compositionnel. Cependant, il faut savoir s’en détacher, et se faire violence pour acquérir une autonomie dans le milieu, pour imposer sa marque de fabrique. Il faut aussi savoir introduire un minimum de variations dans les compositions, sans quoi on sombre automatiquement dans une logique de bloc compact qui lasse généralement l’auditeur à terme, ce dernier ayant l’impression d’écouter à chaque fois la même piste.

D’un certain point de vue, on pourrait dire qu’il y a malgré tout de l’innovation puisque "Aeons of Magick" n’est pas un plagiat pur et simple d’un album de Limbonic Art en particulier, vu qu’il est dans une position intermédiaire entre "In Abhorrence Dementia" et "Epitome Of Illusions". Seulement, ce qui est gênant, c’est que Sirius a aussi été précédé dans cette entreprise par Obsidian Gate (nous y voilà…) avec "The Nightspectral Voyage". La conséquence, c’est que Sirius arrive presque comme un cheveu sur la soupe avec rien de bien nouveau à nous proposer. Néanmoins, sur ce dernier point, on ne tiendra pas vraiment rigueur à Sirius dans la mesure où il est très peu probable que les Portugais aient eu connaissance des travaux des Allemands ; déjà parce qu’Obsidian Gate est un groupe à notoriété limitée, mais aussi parce qu’un intervalle de temps assez court sépare "Aeons of Magick" de "The Nightspectral Voyage"…

Ceci étant dit, depuis le début de ma chronique, je parle beaucoup de Limbonic Art, et je pense que cela n’a échappé à personne. Mais pour ceux qui ne seraient pas familiers avec les productions de ce groupe, surtout avec "In Abhorrence Dementia" et "Epitome Of Illusions" dont il est question ici, il m’incombe d’apporter de plus amples informations afin de livrer une analyse compréhensible par tous.

"Aeons of Magick", c’est quoi exactement ? Eh bien, c’est du Black Symphonique, au sens propre du terme. Ici, le clavier est quasi omniprésent, à tel point qu’il noie en partie les autres instruments dans ses nappes symphoniques sophistiquées. Mais justement, l’utilisation grandiloquente de cet instrument fait que la dénomination "Black Symphonique" prend tout son sens ; et ce d’autant plus que la production est très correcte. Les pistes instrumentales évoquées plus haut, à savoir "The Stargate" et "Beyond The Scarlet Horizon", en sont des preuves éloquentes car le clavier y est ici le seul acteur, avec néanmoins quelques percussions en toile de fond pour "The Stargate". "The Stargate", justement… Il faut avouer que ce morceau porte particulièrement bien son nom… Vous connaissez sans doute le film de science-fiction éponyme ou la célèbre série associée - "Stargate SG-1" - avec toutes ses dérivées, qui mettent en scène des humains ayant découvert une porte des étoiles permettant de voyager à travers la galaxie. Dans le cas présent, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a comme une similitude réelle entre ce que nous propose Sirius avec "The Stargate" et les bandes son symphoniques associées aux réalisations cinématographique ou télévisuelle que l’on vient d’évoquer. Même constat, ou presque, avec "Beyond The Scarlet Horizon" qui, sans être similaire aux bandes son de "Stargate", incarne bien l’esprit présent dans de nombreuses musiques de films. Remarquez, les "vraies" chansons de l’album ne sont pas non plus à négliger dans le cadre de ce constat car les compositions de Sirius pourraient tout à fait être des musiques de films, avec néanmoins le côté Metal en plus.

Un mot sur le groupe… Sirius est né en 1994 de la volonté d’un seul homme : un certain Draconiis. À la base, il devait s’agir d’un projet solo, mais trois ans plus tard, suite à l’éclatement de Twilight, groupe de Metal Portugais où jouait également Draconiis, ce dernier fut rapidement rejoint dans le projet Sirius par ses camarades du groupe défunt. Un premier effort - "… The Eclipse (The Summons Of The Warriors Of Armageddon)" -, démo saluée par la critique, verra le jour peu de temps après cette collaboration. Mais c’est en 1999, fière de son contrat avec Nocturnal Art Productions, que la formation présenta "Aeons of Magick", son premier véritable album et l’objet de toutes nos attentions aujourd’hui. Alors, bien sûr, un détail qui n’échappera pas aux connaisseurs est le label avec lequel Sirius a signé après sa démo. Oui, c’est effectivement celui qui a fait la renommée de Limbonic Art. Quelle surprise, me direz-vous…

Finalement, s’il fallait ne retenir qu’une seule chose de cette chronique, c’est donc bien qu’"Aeons of Magick" est un album fort sympathique à écouter pour tout admirateur de Black Symphonique, et notamment pour tout fan invétéré de Limbonic Art, véritable monument du style. Malheureusement, on regrettera le manque d’engagement flagrant de Sirius avec cet opus qui fait tout sauf sortir des sentiers battus. Le talent est là, mais l’inspiration manque cruellement. Et, soit dit en passant, ce n’est pas parce que Therion a sorti un "Sirius B" et Gojira un "From Mars To Sirius" bien après ce "Aeons of Magick" des Portugais qu’il faut y voir une relation de cause à effet… Peut-être Draconiis et sa bande devraient-ils revenir sur terre car ce n’est pas en levant simplement les yeux vers le ciel que l’inspiration va forcément pleuvoir…

7 Commentaires

2 J'aime

Partager

valentheris - 19 Septembre 2010: J'ai écouté rapidement et en effet un rapprochement avec Limbonic Art n'est pas dénué de sens ce qui n'est pas pour me déplaire.

Merci pour la découverte et ce bel effort littéraire Bada.
Val'

BadaOfBodom - 19 Septembre 2010: Merci, vous deux ! ;)
BadaOfBodom - 23 Septembre 2010: Merci pour ce commentaire, korwin ! ;)

Voilà, bon, tu as parfaitement résumé la situation. La preuve, je suis d'accord en tout point.

EDIT : La chronique de l'album suivant est en préparation... :)
BadaOfBodom - 23 Septembre 2010: Emperor période "IX Equilibrium", très juste (en plus brutal). En revanche, pour les arrangements à la Limbonic Art, je réponds non si tu me parles de la première période. Le clavier n'a pas du tout la même utilisation que dans ce "Aeons Of Magick". Il est beaucoup plus en retrait, déjà en terme de fréquence d'intervention, mais aussi en intensité. Il est pas mal écrasé par la violence des riffs, en fait. Maintenant, si tu me parles de Limbo deuxième période, c'est vrai que là... C'est très différent, mais on est dans le même esprit pour ce qui est de la place du clavier.

Enfin, tu verras ça en temps voulu, n'est-ce pas ? ;)
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire