Depuis
1994, les italiens d'
Heimdall tentent de s'immiscer dans une brèche ouverte par leur compatriote de
Rhapsody,
Secret Sphere, ou
Thy Majestie. Sans réelle succès à vrai dire. Ce qui, soyons honnête, n'est pas tout à fait injuste puisque jusqu'en 2004, 2002 diront certains, ce groupe aura donné dans un Heavy
Power Metal plutôt anecdotique et de facture assez moyenne. Une musique que les atroces faussetés d'un piètre chanteur auront, de surcroit, salement mutilé. Un désastre que la sortie providentielle d'un
Hard as Iron inespéré aura arrêté cette année là. La formation transalpine, accompagné d'un nouveau vocaliste et de nouvelles ambitions, aura, en effet, su rendre son propos bien plus attractif.
Neuf ans après cette album aboutis, les ultramontain s'apprêtent donc à revenir sur le devant de la scène avec un nouvel effort baptisé
Aeneid.
Le premier changement notoire s'agissant des acteurs s'employant sur cet opus concerne le chanteur. Cédant sa place à Gandolfo Ferro, Giacomo Mercaldo a préféré quitter l'aventure. Lorsqu'on connait quel fut, par le passé, l'incapacité chronique de ce sextette à choisir un vocaliste digne de ce nom, les pires craintes sont alors permises. Fort heureusement ses doutes seront assez vite dissipés dès lors que ce nouveau venu aura posé sa voix sur une très bon Forced by
Fate.
De plus e travail des guitares est ici d'une étonnante virtuosité et tendrait même, toute proportion gardée, à se rapprocher de ces mouvances Neo Classique que d'aucuns, dont votre modeste obligé, trouvent un peu trop inutilement démonstrative. Ce qui, soit dit entre nous, n'est pas le cas ici puisqu'il ne s'agit le cas présent que d'influences en des passages succincts (notamment sur ces remarquables soli). Les claviers et pianos, ainsi que les chœurs inhérents aux genres, sont bien évidemment de rigueur. Néanmoins, s'agissant de l'instrument aux touches d'ébènes et d'ivoires, ils ne seront jamais envahissant. Ni même vains. Contribuant à souligner l'émotion juste, ils seront, en effet, très pertinents. Quant aux éléments orphéoniques, tout comme ce fut le cas sur son excellent prédécesseur,
Heimdall aura eu l'excellente idée d'employer, à contrario de nombre de ces congénères, des voix graves et masculine toute aussi belles mais plus majestueuses encore. Une solennité ajoutant, par ailleurs, de l'authenticité tragique aux propos de ce collectif. Toutefois user ainsi de chorus différent n'est pas l'apanage unique de ce groupe, mais la démarche est suffisamment rare pour être souligné.
Un autre élément qui démarque
Heimdall de certains de ces camarades est qu'il n'oublie jamais l'aspect vif et intense de sa musique. Il a beau composer des titres empreint de virtuosité et de mélodicités, ses riffs et ses intentions demeurent très Heavy
Metal. Du moins davantage que nombres d'autres.
Soulignons aussi que ce nouveau chapitre est une fresque racontant l'épopée de Virgil, de la chute de Troie et donc de la naissance de la cité allant devenir
Rome. Si musicalement
Heimdall tend à développer une personnalité un peu moins convenue que celles qu'on rencontre généralement, il n'en va pas de même concernant ces thèmes historiques ordinaires pour le genre.
Aeneid est donc, en définitive, un très bon album qui manque de peu d'atteindre la perfection de son prédécesseur.
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