Absinthe

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Nom du groupe Naked City
Nom de l'album Absinthe
Type Album
Date de parution 1993
Labels Avant
Style MusicalJazz Metal
Membres possèdant cet album9

Tracklist

1. Val de Travers
2. Une Correspondance
3. La Fée Verte
4. Fleurs du Mal
5. Artemisia Absinthium
6. Notre Dame de l'Oubli
7. Verlaine (part 1 : Un Midi Moins Dix)
8. Verlaine (part 2 : La Bleue)
9. ... Rend Fou

Chronique @ Corwin

26 Septembre 2007
Naked City fait partie de ces groupes qui ne font jamais deux fois le même disque et qui prennent des tournants qu'on n'attend pas. Absinthe ne déroge pas à la règle, bien évidemment. C'est donc un disque de dark ambiant, accompagné de quelques interventions industrielles, que nous livrent cette fois John Zorn et ses acolytes. Reste à savoir si le genre abordé, forcément calme, peut avoir convenu à la bande de tarés qui compose Naked City. A l'écoute, la question se trouve être finalement assez épineuse.

Le groupe aborde donc une phase ambiante de son travail, et créé une musique très calme, mais bien évidemment chargée du grain de folie qui ne quitte jamais Naked City. Yamatsuka Eye a disparu du line-up pour ce disque (à moins que Naked City n'ait sorti cet album car s'était trouvé diminué de son hurleur, je ne sais précisément). Plus de brutalité directe comme sur les morceaux grind de Torture Garden/Grand Guignol, plus de rouleau compresseur à la Leng Tch'e, mais les ambiances sont pourries, viciées et hallucinées.

Le disque s'ouvre sur Val de Travers, un morceau ou des notes dissonances pleuvent comme au hasard, irrégulièrement, sur un fond sonore mécanique, le genre de musique qui convient très bien à des déambulations nocturnes au cœur d'un hôpital psychiatrique désaffecté en penchant la tête pour voir le monde de traviole. une Correspondance reprend le fond sonore du morceau précédent, lui donne plus de profondeur, et laisse les sonorités industrielles s'exprimer, crissements, martellements, bruits de chaînes, sons de cloche obscurs et résonnants. Le morceau en question est une suite logique au Val de Travers, les deux morceaux évoquant la même ambiance presque clinique et noire au possible. Une ouverture talentueuse, donc.
Suit le très, très étrange Artemisia Absinthium, qui continue dans sa veine industrielle, rajoutant un bruit de moustique par dessus (le résultat est un peu contestable, le morceau s'en serait bien passé à mon avis). Ce morceau, ses crissements et ses grésillements, clôt correctement la partie la plus industrielle du disque, malgré la maladresse étrange du bruit d'insecte, qui se trouve être un peu trop trivial pour coller avec l'ambiance de l'album.

Suit un trio de titres de dark ambiant en nappes, le dispensable La Fée Verte, petit pont entre les deux genres sans grand intérêt, Fleurs du Mal un morceau constitué d'une unique nappe infrabasse et ondulante qui manque un peu de relief, et Notre Dame de l'Oubli, titre basé sur une pulsation très sourde, presque cardiaque, et des nappes d'une lenteur posée digne d'un banc de brume de campagne anglaise se déplaçant avec paresse sur la lande (je fais de belles comparaisons tordues si je veux d'abord). Ce dernier morceau sauve un peu le mouvement, qui manque tout de même de portée.

Arrive Verlaine première partie, un morceau complètement fou qui revient aux premiers morceaux (les pouic pouic de Val de Travers font leur réapparition après une entrée en matière rappelant Une Correspondance) et y rajoute piano et un chant féminin, enfin, des vocalises sombres et flottantes à peine doublées d'une partie narrative de la taille d'un confetti et proférée avec un petit côté burlesque décalé. Le titre change brusquement d'orientation en son milieu, mélangeant des percussions répétitives à une ou deux nappes, elles mêmes rejointes des pouic pouic issus de Val de Travers. Une sorte de synthèse des morceaux précédents, et qui en tire vraiment le meilleur sans donner dans la redondance, un morceau qui vaut vraiment le détour et qui est sans doute le plus "Zornien" du lot.
Verlaine part 2 est une simple nappe transition. Quand à ...Rend Fou, il s'agit de la mise en musique de bidouillages sonores genre papier froissé et parasites dans la Radio, titre mal foutu s'il en est, et qui gâche la fin du disque.

Bref, le résultat est mitigé. De très bonnes choses se cachent dans ce disque (l'ambiance particulièrement noire des deux premiers titres ou le côté complètement jeté et malsain de Verlaine part 1), mais aussi de nettement moins bonnes, qui cassent un peu la cohésion de l'ensemble. Ce sont les titres les moins fous qui sont responsables de cette noyade, ...Rend Fou étant trop répétitif pour faire effet, La fée Verte et Fleurs du Mal manquant de relief. De quoi tout de même se faire plaisir pour un amateur d'ambiant et d'industriel, mais pas un chef d'œuvre non plus. Pas le disque le plus réussi de Naked City.

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