4 Shades of Me

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Nom du groupe Illnath
Nom de l'album 4 Shades of Me
Type Album
Date de parution 12 Mars 2013
Style MusicalBlack Mélodique
Membres possèdant cet album12

Tracklist

1. Blood Warrior 03:48
2. Gallow Hill 03:29
3. King of Your Mind 03:55
4. Pieces 03:26
5. No Salvation 03:37
6. Captain of the Seven Seas 03:57
7. Unleashed 03:16
8. Shade of Me 02:55
9. Not My God 04:33
10. It's on Me 03:46
11. Angelic Voices Calling 03:15
Total playing time 39:57

Chronique @ AlonewithL

16 Novembre 2013

Illnath a lui préféré mourir que souffrir.

Porteur d’espoir à ses débuts, il a vite déçu, il s’est montré fragile, en quête perpétuel d’inspiration. « Illnath » termine son périple en 2013, et c’était temps que ça finisse. Les quatre albums de la formation danoise sont schématiquement sur une courbe qualitative descendante. De sortie en sortie, la troupe de fans s’est étiolée, fatiguée de défendre une musique sans personnalité, sans envergure. La signature chez un label chypriote, plus habitué à lancer les jeunes recrues que les grosses pointures, était un signe annonciateur de déclin. A écouter « Third Act in the Theatre of Madness », on se doutait que le projet emmené par Peter Falk savourait ses dernières années d’existence. « 4 Shades of Me » est le second album paru chez Pitch Black Records, et le dernier ouvrage d’ « Illnath », même si le recrutement de Marika Hyldmar à la place de Mona Beck suite à l’enregistrement de l’opus, laissait encore préfigurer un nouveau souffle pour le groupe. Le râle n’aura été que de courte durée. « Illnath » n’a pas survécu à la désillusion de « 4 Shades of Me », la dernière cette fois-ci.

Ce quatrième ouvrage avait pourtant pris en considération les difficultés vocales de sa chanteuse dans les conceptions trop mélodiques. Les claviers ont donc été mis en sourdine, laissant à Mona Beck carte blanche pour exprimer sans obstacle son chant violent et légèrement growlé. « Illnath » fait le choix d’un black teinté death qui ne lui correspond pas ou qu’il ne cherche absolument pas à approfondir. Le changement est d’abord frappant dès la mise en lecteur. Les premiers instants de « Blood Warrior » sont perturbants. Le jeu paraît en premier lieu redoutable, privilégiant l’impact. Passé quelques bonnes sorties en première partie de piste, la structure s’affaisse, elle s’enlise dans la redondance. On atteindrait le pire avec « Pieces », qui ne laisse pas transpirer un chouia de subtilité. C’est massif, un poil nerveux, mais sans la moindre conviction. Le chant seul de Mona Beck semble profiter du changement. « Illnath » fait pire en faisant moins compliqué, c’est un comble.

Une touche groove a bien été apportée à des titres comme « Gallow Hill » et à « Unleashed ». Cela réussi d’ailleurs différemment. « Unleashed » s’illustre moins générique et plus mélodieux que « Gallow Hill ». Il y a cette fois du répondant qui s’exprime, sans pour autant friser l’excellence, loin de là. Ce serait au tour du chant de faiblir, ici. Dès qu’il y a un soupçon de mélodie, quelques plans heavy metal comme sur l’étrange « It’s on Me », la chanteuse ne paraît pas très à son aise. Comme si elle devenait irritée. Elle est dans son élément quand les choses vont vite et quand le rythme va dans le sens de sa furie. Nous en avons un bon exemple avec « No Salvation », malheureusement boursoufflé, mais également et de manière un peu plus pertinente avec « Not My God », qui offre enfin un semblant de fermeté et d’envie. La seconde partie du morceau est d’ailleurs intéressante pour sa rythmique doomesque et son ambiance intimidante. Cependant, ces moments sont beaucoup trop rares, faut-il le rappeler.

Les riffs ont beau être salvés et afficher un certain acharnement, que ce soit à travers « King of Your Mind » ou « Shade of Me », les guitares sont toujours aussi retranchées, incapables d’investissement et d’imagination. Le titre éponyme est très révélateur de l’inertie musicale que nous interprète péniblement « Illnath ». C’est assez incroyable que cette formation aussi estimée il y a quelques années en vienne à produire des compositions aussi poussives. C’est avec une grande satisfaction que nous écoutons les palpitations d’entame de « Captain of the Seven Seas », avant de déchanter. Malgré l’énergie dégagée, l’ensemble mal articulé ne fera certainement pas non plus l’unanimité. Nous serons plus nombreux à retenir le titre de 2012 « Angelic Voices Calling » reposant dans un esprit plutôt similaire aux débuts de « Cradle Of Filth ». On y retrouve cette même vigueur, ce même sens de la mélodie.

Quitte à choisir, il aurait peut-être fallu qu’« Illnath » se soit contenté de produire du « Cradle Of Filth » worship. C’est ce qui avait fait son succès, il y a longtemps. « 4 Shades of Me » pourrait se traduire en quatre mots : désintéressé, instable, pauvre et impersonnel. Il ne faut pas conclure que les danois ont joué comme des manches, ce n’est pas de faiblesse technique qu’il s’agit. L’album passe d’une traite sans rien en retenir. Nous avons atteint là le stade du néant. Les muses se sont définitivement en allées. Il était temps, en effet, d’arrêter, de passer à tout autre chose. Peter Falk s’en retourne à son projet rock « Leadfreak ». Le metal extrême est devenu trop exigeant pour lui. Une fable de La Fontaine nous apprenait que les hommes préféraient souffrir que mourir, « Illnath » a lui préféré mourir que souffrir.

11/20

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