La tâche qui nous incombe à nous autres forçats de la chronique à l'esprit enfermé dans ces pièces sombres et étriquées de la pensée, consiste, parfois, bien trop souvent d'ailleurs, à sortir de son fourreau ce sabre de la justesse et à couper quelques têtes (de manière figurée, bien évidemment). Or nous vivons dans un monde où une génération complète d'adultes a grandi en s'entendant répéter, pour ne pas la frustrer et freiner son épanouissement, qu'elle était formidable même si, en réalité, et surtout si d'ailleurs, elle était loin de l'être; formidable. Ce travail, voire ce sacerdoce (comme dirait Maurice Chevalier à Pénélope Sollette), est, pourtant, absolument nécessaire. Et croyez-le ou non, le plus souvent, il ne nous enchante guère.
Bref,
The Losts. Pour dépeindre le tableau offert par le premier album de ces Lillois, il nous faudra d'abord évoquer sa production parce qu'à mon sens elle participe, et peut-être même qu'elle en est la cause principale, de la faillite (le mot est lâché) de cet opus. Dans l'ensemble, les sons graves sont ici bien trop présents et mis en avant, et notamment ceux de cette batterie qui occupent un espace bien trop conséquent au détriment des guitares. Les premiers morceaux sont particulièrement difficiles à écouter. Surtout My
Devil's
Rising ou Freewings Are
Burning où, de surcroît, ce batteur, on ne sait trop pourquoi, s'acharne à vouloir mettre parfois quelques notes supplémentaires de grosse caisse sur les parties rapides pour un résultat qui, personnellement (et j'insiste sur le "personnellement"), m'écorche les oreilles.
Lorsque nos âmes endolories se seront enfin habituées à cette ambiance sonore étrange, viendra le temps de l'incompréhension. Mais qu'est donc cette chose qui nous traverse? Du Heavy
Metal? Du Heavy
Doom? Du Heavy Gothique? Du Heavy Thrash Death? Du Heavy Autre Chose? A ce stade j'aurais aimé pouvoir vous faire une de ces réponses pleine d'esprit, ou tout au moins pertinente, dont je crois avoir le secret mais j'en suis proprement incapable. Je ne sais pas ce qu'est ce disque. Tout y est si confus. Si insolite. Si maladroit. Si énigmatique.
Prenez par exemple Lema
Sabachthani et ses passages orientaux. Le morceau est loin d'être sans intérêt mais on ne saisit absolument pas quelles sont les intentions de ce groupe avec une telle démonstration. Tant et si bien d'ailleurs que dès lors que les dernières notes de cette piste se seront tues, il ne nous restera que cette profonde détresse liée à cette perplexité. Sur Venus Kills Mars on a droit aux voix écorchées Black Thrash ainsi qu'à des rythmes syncopés véloces pour un résultat qui, une fois encore, nous laisse très dubitatifs.
Et puis il y a tous ces passages qui, simplement, ici, ne fonctionnent pas. En dehors d'un sentiment diffus mais tenace qui m'a étreint tout du long et qui m'a conduit à penser que, mélodiquement, ici, beaucoup de choses sont à revoir, il y a de vraies exemples de ces dysfonctionnements comme, par exemple, l'enchaînement, si tant est qu'on puisse parler d'enchaînement, entre
... Of Shades & Deadlands et Holy Faces of
Conspiracy qui est abrupt et gauche.
Pour conclure, essayons d'évoquer quelques points positifs comme ce Dr Punkelstein ''The Maximator'' bien trop court ou ce Genesis, Livre III au final en français dans le texte du plus bel effet précédant un intéressant
Witchcraft lancinant et ritualiste dans la veine de toute cette scène Heavy
Doom occulte dont
Black Sabbath furent les précurseurs. Enfin un peu de calme dans ce spectacle étourdissant. Parlons aussi de ce chanteur à la voix très intéressante qui ne sera pas sans nous rappeler, justement, celle d'
Ozzy Osbourne.
En définitive, rarement je me suis senti aussi nu et démuni face à une œuvre aussi absconse au travers de laquelle j'ai voyagé en observateur détaché, impassible et imperméable. Au fond, peut-être que ce disque n'était tout simplement pas pour moi. Mais pour qui alors?
Le terme de "Heavy Mélodique" était plus adapté à notre EP de 2013. Pour l'album ça s'approcherait plus d'un "Dark Heavy Metal".
Je ne sais pas si l'ensemble du press book t'es parvenu avec les titres de l'album? Si ce n'est pas le cas je vais faire le point avec notre attaché Presse d'Elie Promotion pour voir ce qu'il en est
L'étiquette Dark Heavy Metal serait effectivement plus appropriée mais je trouve que c'est encore loin de refléter la pluralité de votre musique.
Pour ce qui est de votre album, je n'ai rien reçu du tout puisque je me suis contenté de deezer pour rédiger mon article. Il me semble que vous proposiez l'envoi d'un CD en dur pour cette chronique, toutefois je préfère travailler avec du format démat. Ca peut paraitre étrange mais j'ai le sentiment qu'en acceptant un CD, je me sens obligé ensuite d'être moins critique, moins objectif et plus sympa avec le groupe en question (parce que cadeau, parce que connivence, parce que considération pour mon travail et que donc renvoi d'ascenseur...). Ce qui, au fond, vous aurait arrangé mais qui, moi, m'aurait mis dans une situation inconfortable quant à mes convictions profondes.
Par contre s'il existe un press book dans lequel vous expliquez plus en détails votre démarche et l'histoire du groupe, franchement, ça m'intéresse. Evidemment, ça ne pourra pas vraiment changer ce que j'ai ressenti en écoutant votre travail, mais ça me permettrait, déjà, de comprendre et, ensuite, de rendre mon article plus précis sur les faits.
Si tu veux bien me donner ton mail en message privé je t'enverrai de quoi assouvir ta curiosité
Je t'envoie mon mail par MP pour assouvir ma curiosité et compléter mon article. Mais surtout pour satisfaire ma curiosité...
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