Red Sativa + Mama Witch + Devils Cards

the Jueves , Cherrydon

Un couché de soleil presque rouge nous accompagne le long de la route qui mène au Cherrydon. Quel présage nous montre l’astre qui disparaît ce soir ? En arrivant sur les lieux du live, nous sommes inquiet devant le peu de véhicules présents. Heureusement, nous sommes accueilli par la bonne humeur légendaire du maître de cérémonie.  Il va être l’heure d’envoyer le premier groupe sur scène, mais dans la salle le nombre est loin d’être élevé.  Mais comme un signe venu d’ailleurs, une coupure d’électricité nous plonge dans le noir. Une diablerie qui permet, comme par une magie venue d’îles lointaines, à quelques âmes amoureuses de Metal d’arriver pour profiter du premier groupe régional qui nous avait envoûté lors de leur première prestation ici même.

Red Sativa :

Un visuel mettra l’ambiance qui prendra de la hauteur dans un univers presque lugubre. Vert et rouge animent ces deux piliers de papier sur un son pesant et lent. Les titres sont aux limites de l’éthéré, surtout lorsque la voix, à demi-chantée, plane au centre de certaines mélodies, comme venue du fond de la vallée aux brumes blanches. Le chant prend la forme d'une nappe enveloppant les instruments lourds à souhait. L’homme qui place le fond de sa voix est aussi celui qui décoche les notes de six cordes aiguës au milieu de tant de pesanteur.

Lorsque le son se fait encore plus grave, nous y sommes. Les monts lugubres nous ont attrapés de leur ombre, nous sommes prisonniers comme lors de notre premier voyage sur les terres des Red Sativa. Lorsque les cris sortis de nul part attaquent nos oreilles c’est comme un réveil. De courte durée, car la rythmique des quarte gars en noir revient d’entre les monts pour ralentir à nouveau ce tempo enivrant.

Les notes aiguës qui sortent de la guitare solo sont notre seul espoir de réchapper à cette série de vibrations graves. Après les remerciements à la salle et à l’organisateur, le dernier titre navigue entre des voix sorties de vieux micros, de rythmes à peine plus rapide, jusqu’au vrai final qui fait voler nos esprit derrière les baguettes du chef d'orchestre qui accélèrent une ambiance, vers la pointe d’un voyage aux confins du Stoner et aux limites du Doom.

Set List : Le temps nous dira sans doute quels sont les thèmes et les titres de cette musique envoutante...    

 

Mama Witch :

Le premier titre donne le ton avec une voix aux grains assez Thash (James H. te caches-tu derrière ce refrain ?) et aux riffs aux accents plutôt Heavy. Mama Witch, sur ce titre éponyme, est en place et pose les bases de leur style. Le troisième morceau en français nous mène au cœur d’un manoir livré à un savant fou. "Nono" annonce alors la prochaine : « on va essayer d’aller un petit peu plus vite » avec 'Faster'. Un brin de Heavy sortant d’une guitare solo sur une voix qui s’éclairci. Puis ça balance vraiment bien sur un 'Swagger' et toujours ces intonations de voix qui accrochent méchament nos oreilles.

L’intro sombre qui suit fait honneur au roi des vampires. Nosferatu rempli nos oreilles de mots dans la langue de Molière pour une ambiance mugubre sur laquelle plane une guitare solo aux notes rapides et habiles comme les battements des ailes dans la nuit. Alternant titres en français et en anglais, le suivant sera là pour s’amuser avec le petit peu de monde présent dans la salle. On peut dire que le chanteur, à la présence indéniable, a la foi pour essayer de faire chanter sur le titre suivant, avec les quelques « Ride by my side » aux riffs mélangeant habilement les bases d'un Thrash Old School sur les couplets et les envolés classiquement Heavy sur le refrain (que de souvenirs de jeunesse qui reviennent à la surface).

Un groupe venu de loin pour trouver un accueil qu’ils disent très chaleureux. Mais leur sympathie est également très grande en invitant l’organisateur de la soirée sur scène pour partager la lumière. Le dernier titre fait honneur au bar et surtout au rhum avec un air de Running Wild et sa piraterie. De chauds remerciements aux organisateurs du Sud : « venant de Paris, on voit la différence ». Des mots qui, comme l'originalité de leur répertoire, fait chaud au cœur. Nous sommes bien dans le sud, surtout quand un groupe venu de la capitale partage avec nous un savant mélange des genres.

Fort d'un EP dont les cinq titres ont été joués ce soir, nous suivrons la suite des aventures de ce groupe qui a largement assimilé ses fondamentaux.

Set List : Mama Witch – Burning Lies – Dans mon Labo – Faster – Swagger – Nosferatu – Over Again – Cigarette – Ombre et Lumière – Where Do I Take This... ? - Shadows and Fears    

 

Devil's Cards :

Tonnerre d’applaudissements au bassiste Luca « EastBoy » et à Samuel »:3 » qui assure guitare et chant. Et ce soir, il lancera la batterie sur piste faute du « PunkMan » qui ne sera pas derrière la batterie. Mais leur rock claque quand même surtout sur les Slap de la basse. Maquillage noir en guise de masque, le diable est dans la guitare saturée et la voix attaquant le micro chrome. Les deux garçons se battent comme des démons et gardent le sourire malgré « un batteur électronique » qui gâche quelque peu l’énergie de ce duo.

Puis, un titre sur un ton plus Rock, voir Grunge, dont les mimics du chanteur montre l’engagement dans une composition aux voix changeantes. Les regards complices entre les deux jeunes lancent un morceau « un petit peu plus velu ». Et toujours ce grain de folie dans la voix face au sérieux des cordes graves. Le duo attaquent tour à tour un solo de guitare, puis de basse presque embrouillés par un fausse batterie. Dommage car cet intermède est plus que bienvenu.

Sur un set assez court, la dernière est annoncée un petit peu plus funky et rigolote pour garder l’ambiance d’une foule malheureusement absente ce soir. Mais comme le dit ce dernier titre, sur des accélérations de refrain : « Fuck You » (a ceux qui ne sont pas venus).

Les Devil's Cards travaillent actuellement sur leur premier rejeton qui verra le jour fin 2018. Le groupe nous confie que deux clips suivront cette naissance pour bien débuter l'année 2019. Nous surveilleront tout ça et ne manqueront pas d'essayer de les revoir au détour d'un festival d'été...histoire de profiter d'un set complet avec la fougue d'un batteur qui a terriblement manqué ce soir.

Set List : Intro – Cowbay – The Black Door With Red Eyes – N.S.C. - Insane Decay – Fuck You




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Cherrydon

photo of CherrydonMarseille, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, France
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