Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
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Lundi 20 Avril 2015 - 11:14:20

C'est beau.

PS : je développerai éventuellement plus tard.



Mercredi 22 Avril 2015 - 11:09:00

Net. Précis. Sans bavure. J'aime ! :D Merci !

@Hells : j'espère avoir le temps de lire Ton topic dans la semaine.


Lundi 01 Juin 2015 - 15:09:17

Oyez !
Un peu de nouveauté par là :
http://www.spirit-of-metal.net/forum/lire_topic-sujet-Le_Guetteur_%5BVinzWallbreaker%27s_novel%5D-id-51936-l-fr.html

Bonne lecture.



Mardi 28 Juillet 2015 - 21:34:21

Bonjour à toutes/tous !

Je tenais à vous faire lire "Danse Macabre", une histoire courte inspirée de la composition du même nom par Camille Saint Saëns, que j'ai écris pour un concours de musique et littérature. Les mouvements du texte sont plus ou moins ceux décrits par la musique. N'hésitez pas à me donner des avis

Le morceau en question :

PS : le concours étant organisé par le conservatoire Gabrier Pierné, il était obligatoire d'appeler un personnage Gabriel)


Danse Macabre


La nuit était déjà bien avancée en ce chaud jour d’été. Il devait probablement être quelques minutes avant minuit, et il régnait un Silence de mort, un Silence reposant pour l’esprit et pour les sens. Au milieu du noir qui m’entourait et m’oppressait, seule la Lune et les étoiles faisaient office de lueurs rassurantes et éclairaient mon chemin.

Alors que j’arrivais au sommet de la colline que je gravissais, je m’arrêtai, presque machinalement, et regarda en contrebas. Dans le creux de la vallée, mon regard fut attiré par une lueur, probablement un feu, autour duquel des formes indistinctes faisaient une ronde, dansaient et sautaient gracieusement. Quelques notes d’un instrument que je n’arrivais pas à identifier, probablement une harpe ou une mandoline, brisèrent le Silence qui dominait jusqu’alors et s’envolèrent jusqu’à moi. Toute cette chaleur, cette lumière, ces sons au milieu des ténèbres environnants me poussèrent, sans que ma raison eût son mot à dire, à descendre et me rapprocher.

Au fur et à mesure que je me rapprochais, je distinguais plus nettement ce que j’avais vu quelques minutes auparavant : d’élégantes femmes, vêtues de longues robes colorées et légèrement transparentes, dansaient autour des flammes, tandis que les hommes, parés de masques de démons et de toges d’un blanc pur, jouaient de divers instruments. La musique devenait aussi plus distincte : des flûtes et des violons s’étaient ajoutés à la harpe. Quand je fus assez près des danseuses, elles agrippèrent mon bras et m’entraînèrent dans la danse, un grand sourire aux lèvres, me firent sauter, virevolter, danser ! Je me sentais emporté, mon poids s’était envolé et avait laissé place à une plaisante légèreté, envahissant mon corps tout autant que mon esprit, qui était désormais vide de toutes pensées. Jamais ces instants ne semblaient pouvoir s’arrêter.

La musique avait un air mystérieux, quelque chose d’impénétrable qui rendait son écoute fascinante et un peu dérangeante. Le rythme augmentait, la danse se faisait de plus en plus rapide, et lorsque je quittais les bras d’une femme, ce n’était que pour revenir dans ceux d’une autre. Les musiciens, quant à eux, tournaient sur eux-mêmes, alors que leurs doigts couraient sur leurs instruments. Cet étrange ballet de minuit avait des Airs de messe noire, tandis que nous dansions tous comme de beaux diables autour du feu, vénérant des divinités païennes, comme une sorte de Danse Macabre mêlant morts et vivants dans une ultime représentation avant l’instant final. Certaines choses auraient probablement dû me sauter aux yeux, mais j’étais incapable de me poser des questions : la musique m’avait littéralement ensorcelé.
Alors que le crescendo se faisait de plus en plus Intense, un éclair de lucidité traversa mon esprit. Une sorte de signe m’apparût, l’avertissement d’un Danger à venir dont je n’avais pas Conscience lorsque j’avais descendu la colline : j’avais senti un piège imminent. Les danseuses avaient lu dans mes yeux cet éclair de bon sens, et à l’aide de quelques sourires charmeurs ayant quelconque pouvoir sur moi, me l’avaient vite fait oublié. La mélodie s’adoucissait et la valse repartait de plus belle.

Lentement, et sans vraiment que j’y prête attention, tout le groupe s’éloignait du feu initial. Sa lueur si rassurante disparaissait au loin, comme la dernière étincelle de vie dans tout ce paysage nocturne. Il était si tard que la nuit m’empêchait de voir plus loin que quelques mètres devant moi. Je ne pouvais repérer les hommes que par la musique qu’ils jouaient, mais les femmes avaient une peau si blanche qu’elle semblait briller dans la nuit. La musique devint à nouveau nerveuse, plus rapide, alors que violons, violoncelles et percussions se répondaient, chacun semblant vouloir jouer plus fort et plus rapidement que l’autre. Mais pour la première fois depuis le début de la soirée, un sentiment m’envahissait doucement, une sorte de malaise indescriptible … C’était de l’angoisse. Les gestes des danseuses étaient devenus plus violents, comme si elles avaient ressenti cette peur qui m’avait traversé l’échine.
C’est lorsque les violons se mirent à émettre des sons rappelant des pleurs puis des sons oppressants que la terrifiante réalité apparut devant mes yeux. Aussi soudainement que violemment, des flammes jaillirent tout autour de moi, faisant apparaître les limites grillagées d’un cimetière. Je me retournais alors pour voir le feu de camp au loin, mais il avait disparu dans les ténèbres. Plus le crescendo montait, plus la panique montait en moi. Des gouttes ruisselaient sur mon visage, j’étais balancé d’une paire de bras à une autre sans rien pouvoir faire, et lorsque je tentais de m’enfuir, les danseuses finissaient toujours par me rattraper. Fatigué de cette danse macabre sans fin et qui me conduisait probablement vers un sort funeste, je cherchai à connaître le visage de ceux qui m’avaient charmé et emmené contre mon gré vers ce lieu de malheur. Alors, pour la première fois depuis le début de cette gigue infernale, j’effectuai une action consciente. Je poussai l’une des séduisantes jeunes femmes, couru vers l’un des violoncellistes, et tentai de lui arracher son masque de démon. Mais jamais ma main n’arriva à arracher quoi que ce soit de son visage : le masque semblé avoir fusionné avec sa figure. La réalité était bien plus sordide, et je ne la compris que quelques secondes plus tard, après avoir nié l’impossibilité de la chose : les musiciens n’avaient pas des masques de démons ; ils étaient des démons. Horrifié, je tentai de m’enfuir, mais les femmes me barrèrent le chemin, et elles aussi révélèrent leur vraie nature. Leur peau d’un blanc pur, leur habit presque transparent et leur séduisant corps de jeune fille cédèrent leur place à une forme translucide et à un visage âgé, terrifiant, qui paraissait avoir porté toute la misère du monde autrefois. Je fus tétanisé par le cri suraigu qu’elles lancèrent dans ma direction. Pour moi, le temps était arrêté, mais en réalité, cela n’avait duré qu’une poignée de secondes, durant lesquelles les flutes et les percussions s’étaient rajoutées aux violons et aux violoncelles pour jouer la mélodie de ma mort. Et une fois encore je fus emporté par la musique, mais cette fois, j’en étais pleinement conscient. Ce cortège diabolique s’enfonçait toujours plus loin dans le cimetière jusqu’à ce qu’il s’arrête devant un trou qui faisait environ ma taille. Une fois de plus, la stupeur me frappa, lorsque je vis mon nom gravé sur la pierre tombale qui surplombait la fosse : Gabriel Pierné.

J’essayais de me débattre tant bien que mal, mais il était trop tard : mon destin funeste était scellé, et quel que fut ma force, je ne pouvais pas y échapper. Ces démons me penchaient au-dessus de ce qui allait très bientôt me servir d’éternelle demeure. Après un court moment de résistance, le pouvoir de la musique me fit sauter malgré moi dans ma tombe, de laquelle je n’avais plus la force de ressortir. Ces diables de musiciens faisaient sonner leurs violoncelles une dernière fois sur un air évoquant ironiquement le regret, alors que la terre m’ensevelit peu à peu. Sous la terre de laquelle je ne pouvais m’extraire j’entendis les hautbois finir la mélodie mortelle qui avait pris le dessus sur moi. Et une dernière fois, le silence envahit ces collines où j’avais été charmé par le pouvoir de la musique.


Mercredi 29 Juillet 2015 - 23:36:06

Salut Brozzy. Alors concernant le texte en lui même, je le trouve très bon à part quelques répétitions de ci de là (rapprocher, danser qui sont deux fois en deux lignes). Par contre pour le contenu, je suis désolé mais je ne suis pas d'accord. Il n'y a rien de démoniaque là-dedans.
La musique (que j'ai étudié durant les cours de solfège) écrite à la période du romantisme donne un rôle à chaque instrument. Ainsi les toutes premières notes de harpe représentent les 12 coups de minuit, le violon soliste représente la mort personnifiée tandis que le hautbois que l'on entend à la fin (6:19) est en fait un coq qui chante l'aube montante. Voilà des éléments dont tu dois absolument tenir compte dans Ton invention (selon moi).

D'ailleurs savais-tu que ce morceau est inspiré d'un poème du même nom (de Henri Cazalis) ?

Voilà, voilà



Jeudi 30 Juillet 2015 - 07:15:53


citation :
Mozabi649 dit :
Salut Brozzy. Alors concernant le texte en lui même, je le trouve très bon à part quelques répétitions de ci de là (rapprocher, danser qui sont deux fois en deux lignes). Par contre pour le contenu, je suis désolé mais je ne suis pas d'accord. Il n'y a rien de démoniaque là-dedans.
La musique (que j'ai étudié durant les cours de solfège) écrite à la période du romantisme donne un rôle à chaque instrument. Ainsi les toutes premières notes de harpe représentent les 12 coups de minuit, le violon soliste représente la mort personnifiée tandis que le hautbois que l'on entend à la fin (6:19) est en fait un coq qui chante l'aube montante. Voilà des éléments dont tu dois absolument tenir compte dans Ton invention (selon moi).

D'ailleurs savais-tu que ce morceau est inspiré d'un poème du même nom (de Henri Cazalis) ?

Voilà, voilà



Hey ! Merci de ta réponse

Oui, je suis au courant, et pour le poème dont il est inspiré, et pour la structure et ce qu'elle évoque. Mais j'ai juste décidé de tenir compte que de l'aspect de Danse Macabre et, puisqu'on ne devait pas choisir de musique avec paroles, faire abstraction de l'histoire qu'elle a pu raconter (parce que sinon ça ne serait qu'une adaptation en prose du poème original) pour raconter ce que la musique m'évoquerait si je ne connaissais pas son histoire. Donc voilà, c'est un choix, pas forcément le meilleur, mais je ne voulais pas faire un simple copié-collé on va dire On verra bien si ça passera ou pas au concours !

Et je relirai le texte pour traquer ces répétitions (j'ai déjà envoyé mon texte, mais au moins histoire d'avoir une version "propre") D'ailleurs il est possible que j'ai posté une version non-relue, parce qu'elle n'était pas dans le bon dossier !


Jeudi 30 Juillet 2015 - 10:01:38


citation :
Brozzy21 dit :
Et je relirai le texte pour traquer ces répétitions (j'ai déjà envoyé mon texte, mais au moins histoire d'avoir une version "propre") D'ailleurs il est possible que j'ai posté une version non-relue, parce qu'elle n'était pas dans le bon dossier !


C'est de l'art brut


Jeudi 15 Octobre 2015 - 15:36:29


Je vous fais part d'un petit délire... À lire avant de manger, c'est mieux...



Vu d’aussi près, qu’elle horreur !

 

Le long corps flasque et blanchâtre patiente dans son cloaque ocré, au milieu de ses congénères enchevêtrés. Le liquide dans lequel il baigne avec ses semblables fume légèrement. Enfin, une brume fine s’élève à faible hauteur, portant avec elle ses fragrances particulières. À la surface ondoient quelques yeux de tailles diverses. Dans les profondeurs de cette petite Mare, des morceaux épars de végétaux flottent entre deux eaux. Le fluide est vaguement acide et piquant. Tout semble calme sous la lumière légèrement blafarde de ce lieu. Les bords du petit étang semblent ornés de motifs plus ou moins géométriques. En y regardant plus attentivement, on remarque que ce dernier est parfaitement circulaire. Il est clair qu’il n’est pas naturel. D’ailleurs, les serpentins blancs légèrement translucides qui y barbotent abjectement ne sont pas plus naturels non plus. Et vu d’aussi près, ils sont vraiment dégoûtants. Et si vous tentez d’en saisir un, ou plusieurs, vous constaterez qu’ils sont fuyants et replongent facilement dans leur élément. Si possible en vous éclaboussant de cette eau saumâtre qu’ils affectionnent tant.

Malgré leur répugnante apparence et leur texture plus ou moins gluante, il paraît qu’ils sont comestibles. Le plus effrayant, c’est qu’ils ne possèdent aucun organe extérieur. Ils commencent comme ils se terminent et il est totalement impossible de savoir le quel des deux bouts est censé être la « tête ». Ils sont le plus souvent amorphes et n’opposent presque aucune Résistance si l’on désire les attraper. Mis à part cette fabuleuse faculté à glisser, que j’ai évoqué plus tôt en disant qu’ils « fuient ». En fait leur nature les trouve ainsi.

Il paraît qu’une fois sortis de leur milieu, ils deviennent, en quelques jours, durs et cassants. Honnêtement, maintenant que j’en ai vu de si près, je crois bien que je n’aurai pas le courage de tenter d’en pêcher ne serait-ce qu’un seul. Non. Ces longs filaments me collent la nausée. Même en me servant des bouts de bois traditionnels pour les saisir, je sais que je ressentirai leur viscosité immonde dans tout mon être. Et je ne veux pas connaître pareille sensation.










Vendredi 11 Décembre 2015 - 14:26:37

Ce n'est pas à proprement parler une composition littéraire mais plutôt un court pamphlet traité avec humour et dérision sur le FN, je le partage quand même...

http://www.rodolphe-lamothe.fr/le-fn-dans-la-lumiere/


Lundi 21 Décembre 2015 - 18:49:44

L'incipit de la dernière nouvelle de mon recueil, l'épilogue, qui changera totalement de mes deux anciennes publications - si toutefois le recueil trouve un éditeur...



" Six ans, onze mois et un jour.

  Oui. Six ans, onze mois et un jour. C'est bien cela, je ne peux pas me tromper. Il me suffit de jeter un coup d’œil au calendrier derrière le comptoir de l'accueil pour le savoir, là où l'infirmière en chef vient de barrer le jour d'hier. Je crois que c'est une façon pour elle de se venger de ce travail qu'elle déteste, en tirant littéralement un trait sur le temps écoulé. Un bien étrange et maussade rituel. D'ailleurs, combien de fois l'ai-je surpris à murmurer les mots "putain... je n'en peux plus... putain..." entre ses dents et pleurer en Silence dans les ténèbres d'un couloir ? Je ne saurais le dire. Je m'étonne encore de sa capacité à conserver les apparences malgré les années, comme si elle était coincée au jour présent. Sans vraiment la connaître, j'ai fini par la résumer à cette petite croix rouge et sèche tracée de la main droite sur un morceau de carton imprimé, la gauche tenant toujours un café brûlant et sans sucre.

  Cette boisson résumait idéalement sa vie : elle était bien trop chaude pour son palais, un peu fade. Elle laissait un arrière-goût désagréable au fond de la bouche et, surtout, elle venait d'une machine impersonnelle, salement éclairée, qui broyait les grains et en crachait l'essence. L'hôpital dans lequel je me trouvais depuis Six ans, onze mois et un jour lui était incroyablement similaire, et je me demandais constamment à quel moment tel ou tel grain du personnel, à force d'être broyé par sa hiérarchie, finirait par craquer. Sans méchanceté ni ironie aucune, je tenais les Paris avec moi-même et ne me trompais jamais, à mon grand regret. Au fil des années, j'avais appris à interpréter certains signes avant-coureurs..."