Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
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Dimanche 22 Mars 2015 - 22:09:31

@Vinz : si tu as d'autres éclairs d'inspiration comme celui-là, n'oublie pas de nous en faire profiter ! J'ai beaucoup aimé, et cela m'a fait pas mal penser à du Céline (la traversée de la Manche où tout le monde se vomit dessus dans "Mort à crédit" est anthologique !) et à un côté Monty Python.

@Hellsheimer : intriguant au possible ! J'ai pas mal songé à Lovecraft et à Dan Brown, je me trompe ? De plus, s'agit-il d'une nouvelle ? d'un début de roman ? Et dans quel genre comptes-tu l'ancrer ? Fantastique ? Horrifique ? Merveilleux ?


Dimanche 22 Mars 2015 - 23:01:54

L'univers de Lovecraft plutôt.
Pour le format, je ne sais pas encore trop mais je pense à plusieurs petites histoires qui forment un tout.

Sinon merci



Lundi 23 Mars 2015 - 09:39:33


citation :
kabraxis dit :
@Vinz : si tu as d'autres éclairs d'inspiration comme celui-là, n'oublie pas de nous en faire profiter ! J'ai beaucoup aimé, et cela m'a fait pas mal penser à du Céline (la traversée de la Manche où tout le monde se vomit dessus dans "Mort à crédit" est anthologique !) et à un côté Monty Python.



Je n'y manquerai pas. J'en ai d'ailleurs un autre dans le genre... Je le cherche et je vous le poste.



Lundi 23 Mars 2015 - 11:37:06


A y est je l'ai retrouvée. (J'implore votre indulgence pour les fôtes)



D’abord il y eu les secousses. Terribles. Violentes. Certes il y en avait déjà eu, il y a fort longtemps, mais depuis tout était redevenu calme et tranquille. Ensuite ce fut un bruit étrange accompagné d’une lueur aveuglante qui engloba le tout. Cette puissante lumière reflétée par la blancheur immaculée de notre monde nous brûla les rétines. Dès cet instant j’avais admis que le pire serait à venir. Et malheureusement j’eus raison.Le cataclysme n’était même pas encore venu que partout l’agitation gagnait mes semblables. Tous, nous avions peur. Peut-être étais-je pessimiste ? Fataliste ? Réaliste ? Peu importe, j’avais compris qu’on n’en sortirait pas. Je me tus donc pour ne pas en rajouter.

Jusqu’à présent nous avions vécu dans le noir et la froideur qui nous sied particulièrement bien. Mais dorénavant il y avait la lumière.

Crue.
Agressive.
Implacable.

Et avec elle il y avait la chaleur écrasante qui nous tombait dessus comme une chape de plomb fondu. En fait ce n’était pas de la chaleur mais une véritable fournaise. Il y eu une nouvelle secousse. Moins longue mais d’une puissance inouïe. Mes congénères s’affolaient en tout sens. Moi ? Je contemplais le désordre à venir. Les choses empirèrent rapidement. Une pluie tiède et collante s’abattit soudain. Elle était compacte et étrange. Un véritable rideau marron nous balaya. Peu d’entre nous y échappèrent, englués et figés dans la terreur et l’incompréhension la plus totale. Par chance, ou non, une bulle se forma à l’endroit où je me trouvais et m’enveloppa d’une sphère protectrice apparemment indestructible. Pendant un laps de temps incertain il ne se passa plus rien. Un Silence pesant était tombé.

Puis l’horreur arriva. D’abord très lointaine. Mais malgré la distance je la devinais immense. Que dis-je, incommensurable ! J’étais pétrifié. Glacé. Et ce malgré la température qui devait avoisiner maintenant les quinze ou seize degrés Celsius. La chose disparu dans les cieux emportant avec elle un énorme morceau de notre monde et tout ce qui s’y trouvait. Et peu de temps après elle revint à la charge, avide et impitoyable, emportant de nouveau une parcelle de sol laissant un vide inepte et démesuré à la place.

À l’attaque suivant je pu discerner son odeur méphitique et âcre. Tel l’haleine d’un monstre qui aurait englouti des quantités astronomiques de fromages ou de produits laitiers fermentés.

Soudain le ciel s’assombrit et la chose, avec ses reflets métalliques froids et menaçants, s’abattit derrière moi dans un bruit de mousse écrasée suivit d’un tremblement hors de mesure. Alors tout bascula. Le sol trembla encore. Pencha. Puis se désolidarisa du monde pour être soulevé par quelque force hallucinante et colossale. Je me sentis plaqué au sol par la force de l’accélération du décollage. J’atteignis en quelques fractions de seconde une altitude effrayante où régnait une chaleur abominable et des lumières incompréhensibles.

La chose se déplaçait à une vitesse ahurissante alors qu’elle tenait une portion de sol gigantesque. Puis une autre horreur plus abjecte encore de par sa forme et la puanteur qu’elle dégageait apparue. Je compris vite quel devait être son rôle. J’étais pourtant prêt à accepter mon sort funeste. Mais, Grand Dieu, pas de cette manière… Non…

Cette monstruosité avait une forme indéfinissable et était encore plus gigantesque encore. C’est simple : je n’en voyais pas les contours. J’aurais bien voulu vous la décrire mais le temps et les mots me manquèrent. Mû par la première chose j’approchais d’une zone noire et putride qui avait, semble-t-il, comme dessein de m’avaler avec la portion de monde qui m’accompagnait.

Et c’est exactement ce qu’il se passa. L’immense trou noir aspira tout. La lumière. Le sol. L’air. Moi. La température augmenta de manière terrible. Je dirais qu’au moment où d ‘énormes blocs blancs et durs se rapprochèrent pour tout broyer, la température devait déjà frôler les trente cinq ou trente sept degrés.

Les blocs, massifs et humides, chutèrent écrasant tout. Puis, comme si cela ne suffisait pas ils remontèrent pour redescendre aussitôt cherchant à pulvériser ce qui ne l’était pas encore. J’échappais miraculeusement au cataclysme. Mais ce ne fut que pour affronter l’ultime outrage. Une chose hideuse, molle et rosâtre, qui se tortillait d’une manière abjecte, déboula du fond de l’antre accompagnée d’une espèce de liquide gluant, acide et écœurant. Je fut happé et précipité dans le gouffre dont je n’aperçu jamais le fond.










Lundi 13 Avril 2015 - 19:28:34

Pas mal du tout, vraiment. Je regrette seulement que tu n'aies pas cherché à plus décrire la menace. Une petite description aurait été la bienvenue, même floue.
Le Seul gros souci de cet extrait est ce passage "À l’attaque suivant je pu discerner son odeur méphitique et âcre. Tel l’haleine d’un monstre qui aurait englouti des quantités astronomiques de fromages ou de produits laitiers fermentés." : la comparaison avec les produits laitiers fait perdre à Ton texte toute sa force et son caractère grandiose et méphitique. J'aurais plutôt vu un souffle âcre ou une odeur de pourriture, de vieillerie, de désespoir... enfin, un truc un peu plus dantesque.


Mardi 14 Avril 2015 - 14:49:42

Disons que c’est un p’tit délire ponctuel,
comme le précédent, qui m’a prit subitement en mangeant et j’ai tout écrit dans
la foulée. Je ne pensais pas forcément les divulguer.


Mais je note pour les prochains…

En plus j’avais un léger coup dans le nez. Mais
ça n’excuse rien car j’étais sobre quand je les ai saisi.


C’est mon côté fumiste qui prend parfois le
dessus.




Mardi 14 Avril 2015 - 18:37:38

Bon, j'ai créé un topic à part et j'ai remis mes premier posts plus une suite. C'est toujours pas corrigé au niveau des fautes, je précise, ni de la forme. Enfin ça évoluera, quoi. 



Mercredi 15 Avril 2015 - 09:51:23

Ça veut dire qu'on aura une suite bientôt ?



Mercredi 15 Avril 2015 - 18:24:43

J'ai déjà mis une site et j'en remettrai un autre morceau ce week End car je pars 15 jours en vacances.



Samedi 18 Avril 2015 - 19:04:10


Le début de la dernière nouvelle du recueil sur lequel une amie et moi travaillons, qui s'appelle "Une Fin heureuse" :

  "Il est des soirs qui nous touchent plus que d'autres - qui savent nous corrompre comme personne n'en serait capable. À ces moments-là, le trop-plein de nous-même s'échappe lorsque nos yeux se posent sur les lampadaires alignés dehors, grandes tiges osseuses au crâne jaunâtre, et sur la nuit d'un bleu indécis et nuageux -- des contrées oniriques, sans le moindre miracle.

  C'est l'heure des âmes mortes et des regrets, l'heure des étoiles infiniment lointaines que l'on se décide enfin à regarder - et l'on se rappelle qu'au fond nous sommes aussi seuls qu'elles -, l'heure sacrée où notre vie n'a plus la moindre importance, où l'on se surprend à sourire aux ténèbres. Le Silence dehors fait écho à celui qu'on a au fond du cœur, et, parfois, le souffle nous manque lorsqu'on réalise ce que l'on est, sans fards ni mensonges - nus.

  Paradoxalement, certaines personnes goûtent ces nuits avec délice et leur prêtent un romantisme né de leur Seul bonheur, au point de se sentir apaisés quand la lune remplace enfin le soleil. Le vent frais qui souffle, été comme hiver, ne parvient qu'à vivifier leur Essence et leur âme : ils semblent insensibles à ce que le monde a de pire.

  Amélie faisait partie de ces rares chanceux auxquels la nuit froide n'était que douce. Elle aimait le Silence des couloirs vides et l'écho de ses pas sur le linoléum collant et fraîchement javellisé. Elle aimait respirer ce parfum nocturne qui supplantait celui de la naphtaline et des maladies, cette fraîcheur étrange qui se glissait partout comme un merveilleux sédatif.

  D'ailleurs tout l'hôpital dormait profondément, à l'exception d'Amélie et de ses collègues, mais ces dernières oscillaient entre la quiétude et le désespoir, au point de multiplier les pauses cigarettes pour échapper à ces assauts de réalité. Amélie, elle, les suivait, mais la vraie raison était plus intime, plus personnelle : elle avait besoin de respirer cet air nocturne sans qu'aucun parasite ne s'interpose. C'était du délire olfactif sans les effets secondaires ; un bonheur inégalé qui chassait tous les autres. Et même les fumées de cigarette et de café qui s'envolaient, qui dansaient et disparaissaient, la faisaient sourire. Elle ne voyait qu'une lune belle, et pas sa tristesse, pas la tache plus sombre sur sa surface inférieure. Elle n'entendait pas les hurlements de haine du Silence ; ses yeux étaient heureusement clos.

  Les autres infirmières retournèrent travailler, rêvant de la fin de leur service et, pour les plus chanceuses, de leur week-end à venir. Amélie, pour sa part, n'y pensait pas, elle était rêveuse, comme si elle soufflait ses pensées avec la fumée grise. Mais la réalité la rattrapa bien vite :
- Tu viens ? Fit l'une de ses collègues.
- Oui, oui, j'arrive. Dis, quelle heure est-il ?
- Presque deux heures.
- Merci.

  La nuit allait être encore longue, et Amélie se sentait privilégiée. Elle acheva son café d'une dernière gorgée plus sucrée que les autres, écrasa le mégot dans le cendrier de pierre à côté d'elle et retourna au travail, là où l'odeur de naphtaline dominait le silence. Elle était si habituée à évoluer dans ces couloirs qu'elle ne remarqua pas, en se dirigeant vers la salle des infirmiers pour Ranger son paquet de cigarettes, la violence de cette blancheur trop pure pour être honnête. Tout était si propre, si clinique, si intact et pourtant si clairement usé et silencieux qu'on eût dit que la mort s'était maquillée pour mieux tuer. "