Un extrait d'un récit en plusieurs
Volumes (4 normalement) que j'ai attaqué il y a déjà quelques temps et sur lequel je bosse sporadiquement...
Il n'est même pas sûr que cet extrait soit intégré dans l'histoire finale d'ailleurs

:
Acculée.
Aucune issue.
Et ces trois flics qui me font face et mettent en joue.
Derrière. Une grande baie vitrée.
- Jetez ce couteau ! À plat ventre ! Mains derrière la nuque !
Non D’un bon je me jette à travers l’immense vitre. Plusieurs balles m’encadrent et me frôlent en sifflant. Pendant une fraction de seconde mon corps semble flotter en apesanteur, un peu comme les ralentis qu’on voit au cinéma dans les films d’action, puis je sent cette brusque accélération qui m’aspire vers le sol.
La vingtaine de mètres qui m’en sépare se résorbe à une vitesse ahurissante et je m’écrase lourdement sur le toit d’une voiture, faisant exploser les vitres et le pare-brise de celle-ci. La violence du choc me met KO pendant quelques secondes.
Six étages plus haut les trois policiers restent un instant incrédules et figés avant que l’un d’eux s’exclame :
- La vache !!!
- Comme tu dis. Bah merde.
Bon appelle des renforts et une ambulance pendant qu’on descend.
La Douleur…
D’abord seule et unique sensation. Puis à mesure que ma
Conscience revient cette douleur générale s’ancre en des endroit précis et s’y concentre et me submerge. Les multiples fractures que j’ai m’assomment et me déboussolent. Dans le semi
Coma où je me trouve j’entends des bruits confus et mélangés. Des voix qui semblent venir de partout et de nulle part à travers les méandres improbables du vide. Puis d’autres sensations arrivent. D’abord une odeur. Celle d’un des trois flics. Puis une palpation de ma jugulaire.
Je crois que c’est cuit je ne pourrai pas m’échapper. Enfin pas de manière conventionnelle. On va opter pour une technique que j’ai déjà utilisée par le passé. Je vais faire le mort. Me laisser transporter, examiner et enterrer. Je vais devoir endurer le froid. La mort. La solitude et l’humiliation d’être photographiée sous tous les angles sans la moindre pudeur. Comme un vulgaire corps froid et inerte. Comme un cadavre.
Les yeux toujours clos je sent qu’on m’attrape et qu’on me porte sans ménagement. Une aiguille acérée de douleur me lance depuis mon épaule démise et brisée avec un craquement sec.
Ne pas bouger.
Ne pas se raidir.
Ne pas réagir.
Souffrir en silence.
De nouveau des mains me palpent.
«… effectivement morte… »
Des bruits de pas et des flashes bleutés.
« …décès causé par une chute de six étages… »
Une fermeture éclaire qui glisse au dessus de moi.
« …multiple fractures. Contusions ayant entrainer la mort de la… »
Un déplacement et un choc.
«… pas facile… …retrouver son identité… »
Une sensation de flottement.
« …par ici… »
Une odeur médicale et aseptisée.
« …je la range où ?… »
Une porte qui se ferme avec un bruit hermétique et mat.
Puis le froid.
Insidieux.
Pénétrant.
Tenace.
Le silence.
La mort.
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