Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
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Vendredi 23 Août 2013 - 17:38:42
Beau début, ça donne vraiment envie de lire la suite ! Juste un détail : "Lors des tempêtes hivernales je pouvais rester des heures entières à contempler les vagues furieuses se briser sur les digues projetant de formidables et majestueuses explosions d’écume immaculée". Ta phrase a une rythmique un peu étrange, je verrais bien une virgule entre "digues" et "projetant" et une mise à l'actif de ce verbe : "qui se brisaient sur les digues, et projetaient". (ça ne reste que mon avis, hein).

Tu comptes dévoiler la suite sur SoM ?

Samedi 24 Août 2013 - 19:10:15
Je me permets de poster un tout dernier passage de mon écrit (je ne pense pas en poster d'autres, donc inutile de faire un nouveau topic) relativement frais et plus long que la normale, j'espère que cela plaira autant que le reste. Pour remettre dans le bain, le narrateur est en prison et se remet en question.

"Avais-je jamais été heureux ? Cette question s'imposa à moi au fil de mon voyage Mental, et j'opérai une remise en question de l'intégralité de mon existence. J'étais né par inadvertance, j'avais grandi parmi de véritables inconnus dont je n'avais partagé que le sang, j'avais été à l'école avec des élèves méprisables... je m'arrêtai ici. En dévisageant mes ténèbres, je revis précisément ce jour où, Seul assis sur une marche de la cour de récréation, je regardais les autres s'amuser, jouer et rire comme ils riraient rarement au cours de leur vie. Ils jouaient à la marelle, au loup, attroupés selon leurs affinités claniques. Je les regardais avec envie : ils s'amusaient. Leur bonheur éphémère restait Intense et heureux, et ils m'en excluaient. Me voici spectateur du bonheur des autres ! `A cet instant précis, j'aurais dû comprendre que ma vie allait être ainsi : je resterai comme un con sur le bord de la route à regarder la joie me passer sous le nez. La fin de la récréation sonna, et nous retournâmes tous, enfants idiots, devant nos tables de bois.
Soudain, je fus extirpé de mon enfance par ce début de Rage et d'injustice, l'introspection -- la tempête sous mon crâne -- se poursuivit : j'étais jeune, à présent, et plus à même de multiplier les erreurs à cause de mon ignorance, de ma lâcheté et de ma cruauté. Je retrouvai les femmes qui avaient faites l'erreur de m'aimer et, pendant un court instant, laissai battre mon cœur au rythme de ce jeune idiot qui avait partagé mon nom et mon vécu : je constatai qu'il était non seulement cruel mais aussi sans-cœur, souffrant et se repentant pour le Seul plaisir de se repentir de ses erreurs, de sa paresse, de ses choix. Comment... comment ai-je pu être ainsi ?
Je me revois, lâchant un horrible "va te faire voir" à une jeune fille amoureuse, je me revois l'insultant et me délectant du mal que je crée. Je me nourrissais des immondices que je semais pour mieux me plaindre par la suite -- monstrueux personnage ! --, brisais ceux sur qui j'avais la moindre once de pouvoir comme un gamin jette son jouet par terre. Regarde ! Me siffla mon esprit sentencieux, regarde ce que tu étais ! Juge tes actes avec le poids des années ! Et je ne pouvais m'empêcher, toujours baigné par le calme de ma respiration, de vouloir pleurer, de subir un Cyclone Infernal qui déterrait tout ce que ma lâcheté avait perfidement dissimulé à mes souvenirs pour mieux me les faire vivre. Des larmes, des pleurs, des soupirs, de l'ennui, de la nullité, de la paresse... je ne parvenais pas à extirper quoi que ce soit de positif de mon adolescence.
Mon introspection se poursuivit -- ultime tempête sous un crâne -- : j'étais jeune, et plus à même de multiplier les erreurs à cause de mon ignorance. Je retrouvais les femmes que j'avais fait l'erreur d'aimer et, pendant un court instant, mon cœur battit aussi fort sinon plus que cet idiot dont j'avais gardé le nom.
Ma vie professionnelle reparut à son tour et me révéla une multitude de choix par défaut, de hasards, de coïncidences et d'adaptation... mais jamais le moindre choix conscient, désiré et définitif. Ma vie entière n'avait été qu'une succession d'événements fortuits et incontrôlés. Donc, s'il en fallait croire mon point de vue -- que je voulais le plus neutre possible -- : non, je n'avais jamais été heureux au sens où les gens l'entendent.
Continuellement, ma nature avait semé d'une main le chaos et cherché à le réparer de l'autre. Nombreux doivent être les heureux à me savoir croupissant dans une geôle, tous ces gens que j'ai brisés dans la demie-conscience d'une vie. "Une vie"... à cette idée vieille comme monde s'apposa, pour la première fois, une couleur nouvelle, un sentiment étranger et atroce, qui avait pour objet mon ancien travail, accompli avec toute l'assiduité d'une machine bien huilée. Je me rappelais mon étage, mon bureau, et les piles d'autorisations de natalité qui m'attendaient tous les matins sur mon bureau, et sur lesquels j'apposais si souvent le tampon "REFUS", sauf cas exceptionnel -- enfant de noble, erreur de dirigeants à couvrir, etc. A combien de couples aimants avais-je imposé un refus justifié par ma lâcheté et mon aveuglement devant des lois injustes ? Combien, précisément, avais-je condamné à vivre sans le bonheur qu'apporte un enfant ? Tous ces rejetons n'existeraient jamais ; tous ces futurs hommes et femmes ne seraient jamais sur Terre, ne respireraient jamais notre air, ne vivront jamais nos joies.
Mais alors où sont-ils ? Ont-ils conscience de ce que je leur ai fait ? Oh ! Dire que je ne me souciais pas d'eux, qu'ils n'étaient et ne seront jamais rien ! C'est ma faute. Je... je ne parvenais pas à réfléchir plus loin, il semblait qu'une brume s'était appesantie dans ma démarche mentale et me dissimulait un chemin terrifiant, que je pouvais qualifier de "non-existence" ou de "non-conscience". Une idée me brûlait les lèvres sans que je parvienne à la saisir, à moins qu'il ne se fut agi du remords qui me rendait misérable et incapable de penser ; imaginez, je suis un monstre ! comme toutes ces machines humaines dénuées de conscience, qui justifient leur macabre passivité à cause de petitesses salariales, d'avantages ridicules, d'un confort de vivre superflu. Ils refusaient aux autres ce que, pour la plupart, ils possédaient ; et jamais, jamais leur conscience ne les écraserait !
Je souris presque. J'étais dans un état horrible, démuni, malade, ostracisé et déprimé, mais je commençais à me réveiller. Je n'avais plus à accomplir ces tâches répugnantes, ni à cohabiter avec ces hommes vides qui peuplaient le monde civilisé. J'étais seul et malgré tout plus heureux que jamais ; j'étais seul et, enfin, je commençais à regarder dans le miroir de ma vie les erreurs que je n'avais jamais pu accepter. Pour la première fois, je me pardonnais."


Lundi 26 Août 2013 - 09:57:34


citation :
kabraxis dit : Beau début, ça donne vraiment envie de lire la suite ! Juste un détail : "Lors des tempêtes hivernales je pouvais rester des heures entières à contempler les vagues furieuses se briser sur les digues projetant de formidables et majestueuses explosions d’écume immaculée". Ta phrase a une rythmique un peu étrange, je verrais bien une virgule entre "digues" et "projetant" et une mise à l'actif de ce verbe : "qui se brisaient sur les digues, et projetaient". (ça ne reste que mon avis, hein).

Tu comptes dévoiler la suite sur SoM ?



Tout à fait d'accord pour la virgule. J'en mettrais bien une aussi après hivernales.

Je vais lire la suite de Ton récit.... Et j'éditerais mon post.


EDIT : Voilà. Ça se précise grandement Ton histoire. Tu as lâché un gros morceau mais y a encore beaucoup d'interrogations en suspens.


Sinon je pense que quand ma nouvelle sera finie je la posterais dans un sujet dédié. Mais attention elle sera un peu longue (10 pages actuellement et j'ai une partie centrale que j'ai pas encore saisie qui doit bien en faire 4 ou 5 et il me semble que l'histoire va se poursuivre encore sur 4 à 8 pages, c'est la première fois que j'écris autant).


Lundi 26 Août 2013 - 16:50:54
Eh bien les vacances ont été productives ...



citation :
Kabraxis : Je me permets de poster un tout dernier passage de mon écrit je ne pense pas en poster d'autres, donc inutile de faire un nouveau topic)


Tu ne comptes pas poursuivre?

Lundi 26 Août 2013 - 19:26:40
@ Vinz : tiens-moi au courant, alors, j'ai hâte de lire la suite.

@Derivation : je compte poursuivre, mais ça dépassera aisément les 30-50 pages sous LaTeK, donc trop nombreuses pour un forum et, indépendamment de cela, je n'ai pas envie de le dévoiler ici.


Lundi 09 Septembre 2013 - 11:14:36
Aller je vous poste deux passages de ma nouvelle.... Je l'ai finie. Reste à la relire pour les éventuelles retouches. Mais je suis arrivé au bout. 20 pages.

Donc un petit passage du milieu :

Il tenait dans ses mains un livre. Le livre de bord du navire échoué. Il me demanda ce que j’avais vu ou entendu à propos du naufrage et je lui racontais également ma trouvaille de ce matin là. Je ne lui fit pas du tout part de l’incident de l’oiseau ni même des sons étranges que je pensais avoir entendu pendant mes tribulations nocturnes. Ensuite, après un long Silence de réflexion, il me lu certaines pages du livre de bord. Les dernières, relatant les faits depuis la nuit du 31 octobre.

Nuit du 31 octobre : Avons aperçu une étrange lueur à tribord à quelques encablures. Vents forcissant à mesure que la lueur s'intensifie. L'équipage est très inquiet.
Plus tard : La lueur est désormais en poupe et faibli. Mais le vent a changé de direction, nous empêchant de nous éloigner de la zone.

1er Novembre : Avons percuté quelque chose tôt ce matin. Avons perçu un son étrange et strident au moment de l'impact. L'eau qui nous entoure semble s'épaissir et devient sombre. La minute d'après Jean Kerbec m'annonce qu'il a vu une masse sombre dans notre sillage. Cette chose est immobile et de taille imposante. Avons stoppé. Mis trois chaloupes à la mer pour voir ce que c'est. Sans doute une baleine.
Dix minutes plus tard : Avons en fait capturé étrange créature marine. Avons vérifié qu'elle est bien trépassée. Ai donné instructions pour attacher cette chose par bâbord. Cela devrait intéresser les naturalistes. Nous avons dû déplacer de nombreuses choses en cale à tribord afin de rééquilibrer le navire. Cette créature est colossale et très lourde. Elle mesure à peu près 35 mètres de long et ne ressemble à rien que je connaisse.



Et la fin :

Je ne me souvient pas quand ni comment je fut retrouvé vivant. Je ne sais même pas si ce que j’ai vu a existé ailleurs que dans ma tête. Mais je ne peux plus rester au bord de la mer. Cette étendue mouvante qui cache en son sein des périls pires que la mort elle même me terrifie. J’ai mis en vente ma demeure et vais partir vivre loin… Très loin de la mer.


J'hésite à la publier en entier.... Je sais pas... Vais réfléchir....



Mardi 10 Septembre 2013 - 20:58:10
Réfléchi pas trop ...

Jeudi 12 Septembre 2013 - 10:48:06

citation :
DerivationTNB dit : Réfléchi pas trop ...


Pareil...


Dimanche 15 Septembre 2013 - 17:52:51
Voici un petit test. Je ne suis pas doué pour les "gros projets", du coup, je préfère en réunir plusieurs "petits". Du coup je ne sais pas si je vais reprendre mon autobiographie géométrique.

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Des requins et des hommes

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J'aurais voulu être un requin. Un gros. J'aurais voulu être un megalodon. J'aurais été imposant et je n'aurais pas eu de prédateurs, à part l'homme et encore. Je repérerai mes proies à plus d'un kilomètre à la ronde, mes sens aiguisés m'auraient permis de repérer mes repas vivants même si ceux-ci tentent de se cacher ou de s'enfuir. Sur mon territoire, le simple fait d'être blessé t'aurai donné un aller simple dans mon système digestif. C'est comme ça que ça fonctionne, avec les requins. On parlerait de moi pour mes mâchoires mais jamais pour ma véritable arme de prédateur, c'est-à-dire mes sens ultra-développés. Les hommes m'auraient redouté, tenteraient de me chasser mais ce serait l'inverse qui se serait produit.

Pourquoi j'aurais voulu être un requin ? Parce que je veux à tout prix connaître la sensation que procure le fait d'être le plus fort. Le plus grand prédateur de tous les temps. Au sommet de la chaîne alimentaire. C'est moi qui dicte les règles du jeu. C'est moi qui décide, tel un dictateur, si un être à le droit d'être vivant où s'il doit mourir. Et il n'y aurait pas de Justice ni de tribunaux pour me péter les burnes, puisque la Justice et les tribunaux se seraient retrouvés entre mes mâchoires. Je peux faire ce que je veux de la vie des autres sans remords et sans regrets. je me nourris, je tue afin de rester en vie. Parce que dans le grand bleu, la règle est très simple : tue ou sois tué.

Je ne suis pas un requin. Je suis un humain. Le problème avec ce terme, c'est qu'il peut tout désigner et son contraire. Quand tu es un humain, tu ne peux pas tuer sans avoir à assumer les conséquences. Il y a une Justice et des tribunaux. Ce que la nature à fait de plus beau, à savoir la loi du plus fort, nous l'avons salopé comme des chiens galeux. Maintenant pour survivre, il faut travailler et être honnête. Cela rapporte de l'argent. Entre nous, tu as déjà vu un requin qui donne de l'argent pour manger ? Non. Lui, il n'a pas besoin de travailler et d'être honnête. Lui, il déchiquète ses proies et se sert tout Seul comme un grand. Nous, humains, nous sommes petits, il faut qu'une ligne de conduite nous soit dictée, il faut qu'on nous impose des règles pour vivre heureux.

Je crache sur le système, je crache sur le monde moderne, je crache sur la technologie, je crache sur ces notions de merde que les bien-pensants vomissent dans nos faces. Je suis un homme avec une âme de requin. Je n'ai pas envie de suivre la règle de l'uniformisation que l'humain applique à la lettre. Je n'ai pas besoin d'écrans géants. Je n'étalerai pas ma vie sur Facebook, d'ailleurs je n'aurai jamais de compte Facebook. Je n'ai pas besoin de tablettes. Je n'ai pas envie de me fringuer en costard pour faire Semblant d'être sérieux. Et si ça te plait pas, c'est pareil. Les requins n'ont pas besoin d'être aimés après tout.

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Par contre la mise en page est merdique, vous m'en excuserez. Ca serait bien si il y avait une option pour "justifier"...


Jeudi 19 Septembre 2013 - 16:47:35

citation :
DerivationTNB dit : Réfléchi pas trop ...


Ouais. Je vais la publier d'ici quelques jours.