Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
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Mercredi 17 Juillet 2013 - 18:49:57
A chaque fois que je vois des écrits sur les araignées et autres choses bien sympathiques, je pense au poème d'Hugo ou aux écrits de Francis Ponge qui aime décrire des objets incongrus (un cageot par exemple).

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur Morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit...

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,

Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !
(Hugo)



Mercredi 17 Juillet 2013 - 19:20:03
Excellent ce poème d'Hugo, je ne l'avais jamais vu celui-là ! Bon, en même Temps ce n'était pas au lycée qu'on allait l'étudier...

Et il a raison ! Je n'aime pas les araignées, c'est un fait. Mais bon, j'essaye - péniblement - de me guérir de mon arachnophobie, et je suis déjà bien parti ! Il fut un Temps où lire Arachnéa de Thorgal était impossible, par exemple. Voir Le Retour du Roi aussi, d'ailleurs...

Jeudi 18 Juillet 2013 - 10:41:40

citation :
Pomme dit :
L’araignée

On la prend en horreur, souvent, avec ses huit pattes qui bougent follement, qui tremblent avec la toile. Celle-ci est invisible, elle colle, elle résiste au doigt, au visage, nous attend dans l’ombre, mais l’araignée la connaît par cœur. Patiente, avec des dessins sur le dos, ceux qui fascinent et indiquent la mort aux piégés.

Imaginez : vous volez par une belle journée d’été, vous êtes là insouciant, vrombissant dans la chaleur, dans la lumière de l’après-midi. Vous butinez quelques coquelicots, des pissenlits, des bleuets.
Mais votre course s’arrête brutalement.
Suspendue.
Vous comprenez, vous sentez, vous vous débattez ! Mais les fils s’entortillent, pervers, vos ailes sont tendues à craquer puis se replient sur vous pour mieux vous emprisonner.
Terreur.
Vous pleureriez si vous le pouviez.

Et là… Une ombre à votre gauche. Vos yeux à facettes multiples rencontrent les siens. Y voient sa faim. Votre mort. Ses pattes qui se meuvent sur la toile sans la faire bouger d’un cil, alors que vous y avez fait un trou. Un Spectre, buveur de sang, qui va bientôt vous dévorer de l’intérieur, et vous ne serez plus qu’une carapace vide.

Bientôt : pas tout de suite. D’abord elle vous piquera, un peu, pas trop, juste le temps de vous rendre inerte. Elle vous enroulera de son fil gluant, collant, avec des bruits de succion, et vous conservera en vue de son repas du soir.



Et bon appétit !


Jeudi 18 Juillet 2013 - 10:57:15
Après les moustiques, les araignées ... Aurais tu un soucis avec les insectes ?????


Jeudi 18 Juillet 2013 - 11:10:46
Seulement les moustiques et les araignées (et les tiques aussi), on en a des tonnes dans le Jura...

... Et les araignées sont des arachnides, pas des insectes ! Non mais ! D'où le "Peut contenir des traces d'arachnides" dans le beurre de cacahuète. Ah non c'est les arachides...




Jeudi 18 Juillet 2013 - 11:32:37

citation :
Pomme dit : Seulement les moustiques et les araignées (et les tiques aussi), on en a des tonnes dans le Jura...

... Et les araignées sont des arachnides, pas des insectes ! Non mais ! D'où le "Peut contenir des traces d'arachnides" dans le beurre de cacahuète. Ah non c'est les arachides...




T'es aussi allergique aux cacahuètes? 


Jeudi 18 Juillet 2013 - 11:47:54
Non, et heureusement d'ailleurs !


Jeudi 18 Juillet 2013 - 13:04:52
L'introduction d'un nouvel écrit commencé très récemment, et encore trop peu relu :



  Je n'avais jamais connu la peur. Voilà qui est chose faite.

  Oh, je l'ai déjà rencontré des milliers de fois, comme tout le monde, mais alors ce n'était qu'un effleurement, un invisible souffle. Non, ce que je respirais ici était infiniment plus terrible et, par conséquent, nécessitait un autre nom. Seul, peut-être, le terme "effroi" était le plus à même de s'en rapprocher, grâce à sa consonance hivernale mais jamais, jamais aucun mot ne pourrait s'apposer intégralement sur cette idée. Il faut la vivre, afin que les sentiments créent leurs mots avec notre sang et l'impriment dans notre cage thoracique pour ne jamais l'oublier.
  Je connaissais la peur. C'était l'inconnu le plus total, celui que personne n'avait jamais vécu et, avec de la chance, n'avait que rêvé. D'ailleurs, lorsque, la nuit, je regardais au loin la lune à travers les barreaux de ma geôle, je ne songeais pas à sa beauté ou à sa solitude parmi les étoiles. Je pensais plutôt au premier homme qui, un jour certainement, poserait le pied sur elle, et je le plaignais silencieusement.
  Cet homme ne me connaîtrait jamais et considérerait sûrement son voyage comme une grande et merveilleuse aventure, mais, bien vite, il découvrirait ce que je vis en cet instant : non pas de la solitude mais bien pire, le désespoir qui en naît ; la brutalité infamante d'une découverte. Oh ! Il l'aurait voulu, désiré, cherché, traqué, certes ! mais être le premier dans ce que les hommes n'avaient jamais connu et à peine ressenti était tout bonnement atroce, et je ne doutais pas que, passée l'excitation de l'aventure, il finirait comme moi, immanquablement fou.
  Il est des choses que nous ne sommes pas à même de découvrir à cause de notre nature incapable de la supporter, et j'aurais volontiers passé mon éternité à croupir dans ma prison plutôt que de vivre ce que j'appréhendais. Comme dit, je serai le premier, c'était l'évidence même, mais toute l'horreur de la chose réside dans cette simple question : "premier à quoi ?" Quel horrible destin m'attendait ? Cela faisait des jours et des nuits que je tournais en rond dans mon cachot, cette immense salle vide, ce véritable hall sombre, Lugubre et éclairé par une ouverture Solitaire munie de barreaux. Non, cela faisait plutôt des semaines et des mois, si j'en croyais ma barbe et mes cheveux qui avaient énormément poussés. Il en aurait été de même pour mes ongles si je ne les avais régulièrement rongés.
Non, en réalité, cela faisait un temps infini si j'en croyais ma maigreur, mes bras décharnés et la crasse qui était comme une seconde peau. Par chance, il n'y avait aucun miroir en ces lieux, et cela m'épargnait le Triste spectacle que je me contentais d'imaginer ou de deviner lorsque je passais mes mains sur mon visage flétri. Pourtant, malgré l'incroyable horreur de ma situation, j'étais serein et, assis à même le sol poussiéreux, je rêvais souvent en dévisageant les cieux.


Vendredi 19 Juillet 2013 - 10:07:45
Bon début. Quelques lignes qui suffisent à mettre l'eau à la bouche. A faire réfléchir à la suite mais aussi à l'antécédent de la situation décrite.


Vendredi 19 Juillet 2013 - 10:54:27
Merci bien ^^ l'écrit sera porté principalement sur le passé et sur ce qu'a subi le personnage pour en arriver à cet état de fait. Reste à imaginer et faire la suite (j'ai les grandes lignes mais c'est bien tout...)