Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
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Jeudi 27 Juin 2013 - 20:27:31
Mais... Mais c'est tellement évident en fait ! Merci Dark_O, que ferions-nous sans toi !

Edit : N'aie pas peur, publie ! Je veux voir - enfin, lire !


Lundi 08 Juillet 2013 - 15:07:25
Caviidae

 
La porte de la cage était grande ouverte. A moitié rongée, l'attache pendouillait le long des barreaux. L'écuelle d'eau était renversée et des traces humides s'éloignaient vers les soubassements de la pièce.

Elle resta sur le pas de la porte. Ses pieds refusaient de franchir la barre de seuil. A croire que tant qu'ils resteraient dans le couloir, rien de tout ceci n'aurait de poids dans la réalité. Franchir s'était accepter et être obligé d'agir. Elle pouvait encore faire demi tour, refermer la porte, attendre que quelqu'un d'autre s'en aperçoit. Elle saisit la poignée et recula.
Elle entendit des pas dans les pièces voisines. On la verrait sortir et puis à quoi bon. Peu importe qui s'en apercevrait, c'est elle qu'on viendrait chercher. C'était de sa responsabilité.

Elle rouvrit la porte. Son pied droit se souleva, son genou se déplia et la propulsa dans un monde de terreur.

Elle transpirait d'une sueur glacée au goût de peur. Son estomac gargouillait d'angoisse. Elle arriva devant la cage et suivi du regard les traces de pattes. Elles se dirigeaient vers la chaudière. Un plan de travail entourait cette dernière et pour pouvoir fouiller, elle allait devoir se mettre à genou. Être en position de faiblesse. Avoir le visage à hauteur du sol. 

Son coeur accélérait et ralentissait à la fois. Les boites étaient lourdes, la position rendrait son exploration difficile. Elle se cognerait la tête au dessous du plan de travail. Pousserait un cri chaque fois que ses doigts lui sembleraient effleurer des poiles.
 
Une fois bien enfoncée derrière la chaudière, la bête pourrait surgir de sa cachette et se ruer vers elle sans qu'elle puisse fuir. Elle imaginait ses yeux rouges, l'épiant depuis un coin d'ombre, attendant le moment propice pour venir lui planter ses dents aiguisées dans le corps. Le bruit de ses pattes griffues se précipitant vers elle sur le dallage, le couinement immonde qui accompagnerait l'attaque. Elle sentait déjà la douleur, voyait le sang, entendait ses cris et ses pleurs.

Elle se recula et s'assit au milieu de la pièce. Elle regrettait sa robe, laissant ses bras et ses jambes nus. Elle aurait aimé un pantalon d'hiver bien épais. Elle resserra ses jambes contre elle et les emprisonna dans le tissu. Le menton appuyé sur ses genoux, les bras entourant ses mollets. Elle attendit. Elle regardait la pièce. Tous ces barils, tous ces recoins, toutes ces cachettes potentielles. La peur lui serrait le cœur et les côtes.

Sort de Ton trou.

Son regard s'arrêta sur la porte du fond. Elle donnait sur le jardin. Et si …
Et si, elle l'ouvrait.
Et si, elle ne disait rien.
Et si, elle attendait patiemment qu'elle se sauve.

Elle serait à jamais débarrassé de cet Animal du diable.

« Sarah, Sarah. »

Au loin, elle entendit crier son prénom.

Elle se leva d'un bond, se précipita vers la porte du jardin, l'ouvrit, sorti en courant et referma derrière elle celle donnant dans le couloir. Le cœur battant, elle se dirigea vers la cuisine.

Toute la soirée, elle pria pour que personne ne s’aperçoive de rien.

Le lendemain matin, personne ne fit cas de quelque chose d'anormal. Elle n'osa pas aller vérifier si la porte était toujours ouverte.

Lorsqu'elle rentra en fin d'après midi, sa mère était dans la cuisine.
« Sarah»
« Oui Maman ».
« Tu as été donner à manger à Pompon ».
« J'y vais Maman ».
« Tiens des morceaux de pomme, il va adorer ».
« Merci »

Elle prit les morceaux de pomme et se dirigea vers la buanderie. Elle se demandait s'il avait filé pendant la nuit. Elle pensa au chat de la voisine. Si seulement …

Elle rentra dans la pièce, laissa tomber les morceaux de pomme, se concentra de toutes ses forces jusqu'à ce que de grosses larmes se mirent à couler sur ses joues et se mit à crier.

« Maman, maman, Pompon, maman, Pompon …. »

Elle entendit les pas précipités de sa mère dans le couloir.

« Qu'est ce qui se passe ma chérie »
« Pompon, il est pu dans sa cage et la porte du jardin est ouverte »

« Oh mon dieu. Ma pauvre puce, j'ai du oublié de la fermer. Je suis désolé. Peut être est il toujours dans la pièce »

Sa mère retourna la buanderie, affligée.

Elle la regarda faire, reniflant à qui mieux mieux, s'enfermant dans son rôle de pauvre petite chérie. Elle avait toujours détesté ce cochon d'Inde. Il était tout blanc avec des yeux rouge. Elle en avait voulu un car sa copine Fanie en avait un tout drôle et qui lui faisait des câlins. Le sien ne faisait que mordre, puait et en plus il fallait le nourrir et le changer. Elle détestait l'entendre glousser, voir son nez remuer.
 
 
Sa mère, la prit dans ses bras et la câlina.
« Désolé ma chérie, je suis vraiment désolé. Si tu veux on ira en chercher un autre »

A cette idée son cœur se crispa. « NON »

Sa mère prit ce « non » pour un cri de désespoir.
« Bien sure ma puce, rien ne remplacera Pompon ».

Oui voilà, on ne remplace pas la sale bête, pitié. Par contre …

« Un chat »

« Un Chat ? »

« Oui maman, je voudrais un chat s'il te plaît »

« Je ne sais pas si ton père ... »

«  Pour mes 4 ans ... »
Elle fixa sa mère avec ses grands yeux pleins de larmes et de tristesse.

« Va pour un chat.»

Sa mère quitta la pièce. Elle la suivit.
 
Avant de fermer la porte, elle jeta un dernier coup d’œil en arrière.

Oui un chat, on ne sait jamais ...



Lundi 08 Juillet 2013 - 15:44:19
Je n'écrirai que trois mots :

JUSTE...
... TROP...
... BIEN !!

Mardi 09 Juillet 2013 - 10:12:30
Vraiment bien cette histoire....
Heureusement qu'en Amérique du sud ils les bouffent les cochons d'inde...


Mardi 09 Juillet 2013 - 10:17:45
@Pomme et Vinz: Merci

Je me suis particulièrement ennuyé hier au boulot.

Et oui avant de devenir des animaux pour n'enfants c'était de la bouffe, comme les lapins.



Mardi 09 Juillet 2013 - 14:45:19

citation :
DerivationTNB dit :
Je me suis particulièrement ennuyé hier au boulot.




Toi aussi t'es obligé de faire de la présence ?

En ce moment je suis en train de chercher une suite à une nouvelle mêlant biture et possession.... Mais comme je part à tout ber zingue, j'écris et échafaude au fur-et-à-mesure,  je suis donc confronté au problème suivant : Qu'elle fin dois-je atteindre ?


Mardi 09 Juillet 2013 - 14:55:09
Est-tu obligé de planifier tes écrits ? Personnellement je déteste ce genre de chose, j'écris comme ça viens. Bien sûr que j'ai un "plan" ; c'est-à-dire des idées que je garde en tête parce que je les juges intéressantes mais ça s'arrête là ; écrire une structure reviens pour moi à la mise en cage du récit et à la fin de la créativité.

Pour moi - et surtout pour ce sur quoi je suis actuellement, c'est-à-dire à ces pages nommées "La table" -, j'utilise aussi mes rêves quand je les juge assez parlants, vu qu'ils auront de toute manière un lien quelconque avec l'histoire et que le rêve n'est rien d'autre que la créativité pure, le cerveau droit libéré !

Tout ça pour dire : ne te fixe pas de type de fin, prends plusieurs idées et essaye d'y aboutir, ou encore mieux, arrive à la fin que Ton imagination fais naître ! Tu peux toujours remanier si besoin est, quitte à arriver à quelque chose de complètement différent.

Oh et puis qui suis-je pour écrire à l'impératif au fait, moi qui exècre quand on me dit "Tu ferais mieux de faire ceci/cela"...
Rahlàlàlàlà ! Bref, tu peux me lire si tu veux, mais fais comme tu le sens.

Surtout qu'en fait je suis la plus mauvaise personne en matière de conseils d'écriture puisque j'écris uniquement comme ça viens et que je déteste les démarches rationnelles...
Vive l'intuition, l'imagination et l'inspiration !!

... Oh à ce propos, je peux quand même te dire que, pour rentrer dans une ambiance voulue, une certaine musique aide ! Mais en fait tu le sais sûrement mieux que moi.


Mardi 09 Juillet 2013 - 14:59:11


citation :
VinzWallbreaker dit :
Toi aussi t'es obligé de faire de la présence ?


C'est l'idée ...
Les gamins, dont je m'occupe, sont  soient en stage, soient en recherche d'emploi, de contrat d'apprentissage ou en école buissonnière (ah le beau temps).
Du coup, j'ai un peu plus rien à faire et comme je finis dans 1 mois, je n'en reprends pas d'autre.



citation :
Qu'elle fin dois-je atteindre ?


Dans 95% des cas, quand je commence à écrire, je ne connais pas la fin. J'ai une idée de départ et ça évolue tout seul. La fin (comme l'histoire) se dessine au fur et à mesure et / ou change dans le temps ...





Mardi 09 Juillet 2013 - 15:23:47
Oui mais là je bloque car je suis à une étape charnière de mon histoire... Donc faut que je réfléchisse pour savoir comment ça doit évoluer maintenant...


Mercredi 17 Juillet 2013 - 14:10:39
L’araignée

On la prend en horreur, souvent, avec ses huit pattes qui bougent follement, qui tremblent avec la toile. Celle-ci est invisible, elle colle, elle résiste au doigt, au visage, nous attend dans l’ombre, mais l’araignée la connaît par cœur. Patiente, avec des dessins sur le dos, ceux qui fascinent et indiquent la mort aux piégés.

Imaginez : vous volez par une belle journée d’été, vous êtes là insouciant, vrombissant dans la chaleur, dans la lumière de l’après-midi. Vous butinez quelques coquelicots, des pissenlits, des bleuets.
Mais votre course s’arrête brutalement.
Suspendue.
Vous comprenez, vous sentez, vous vous débattez ! Mais les fils s’entortillent, pervers, vos ailes sont tendues à craquer puis se replient sur vous pour mieux vous emprisonner.
Terreur.
Vous pleureriez si vous le pouviez.

Et là… Une ombre à votre gauche. Vos yeux à facettes multiples rencontrent les siens. Y voient sa faim. Votre mort. Ses pattes qui se meuvent sur la toile sans la faire bouger d’un cil, alors que vous y avez fait un trou. Un Spectre, buveur de sang, qui va bientôt vous dévorer de l’intérieur, et vous ne serez plus qu’une carapace vide.

Bientôt : pas tout de suite. D’abord elle vous piquera, un peu, pas trop, juste le temps de vous rendre inerte. Elle vous enroulera de son fil gluant, collant, avec des bruits de succion, et vous conservera en vue de son repas du soir.