Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
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Mercredi 26 Juin 2013 - 19:59:39
Derivation : ah ouais, pas mal ! 'Faudrait que je retrouve le début... Par contre, quelques fautes d'orthographe, de concordance des temps, etc. Mais ça c'est mon chipotage naturel de maniaque.

La suite du récit La table - finit par "...te tuer pour échapper à ça. A Ton Existence creuse, vide, faite de... Non. Tu dois l'apprendre toi-même." :



Les doigts

 

Tes jambes repliées contre toi-même, la tête contre tes
genoux, les yeux fermés… Tu redresses soudain le visage, tu te regardes.

Tu te fais face. T’affronterais-tu ? Ou t’accueillerais-tu ?

Lentement, précautionneusement, d’une manière hésitante, tu
déplies tes jambes. De longues jambes, comme pour explorer le sol. A la manière
d’une araignée.

Tes pieds retrouvent le contact glacé du béton, et, piqués par l’éclair froid,
ils remontent dans l’air plus chaud, les orteils… orteils ? Oui, tu fais courir tes doigts sur tes jambes, non
pas sur des habits les recouvrant. Tu es nu. Face à toi-même, sans… Allez,
dis-le. Tu as peur de le formuler, n’est-ce pas ? Tes habits te
protégeaient. Mais tu es seul. Tu as donc tout le Temps d’accepter ta réalité.

Promène tes doigts sur Ton visage. Tes doigts longs, minces,
d’ailleurs. Leurs sens dessinent des joues minces parcourues de multiples creux
et bosses si minces qu’ils arrivent à peine à les détecter ; si tes yeux
pouvaient te voir, tu croirais ta peau parfaitement lisse.

De tes joues, tes mains passent à tes lèvres. Minces elles aussi. Tu sens une
blessure encore ouverte s’éveiller en sursaut. Un éclair de douleur te
traverse, quelque chose se met à couler sur Ton menton. Instinctivement, tu
l’écartes.

Après les lèvres, tu fais la connaissance de Ton nez : lui aussi mince, et
petit. Quoique… Tes doigts te présentent des narines qui te paraissent trop
grosses pour un os entouré de peau.

Continue de monter, fais marcher les pattes de tes mains. Les yeux, maintenant.
Tu ne peux en savoir la couleur : pas de miroir, que des murs,
rappelle-toi. Mais ils sont plutôt grands, ainsi en juges-tu en faisant le tour
des paupières. Lentement. Tes sourcils sont moyennement épais, pas trop touffus
ni trop féminins.

Tes doigts, tes mains tremblent. C’est normal.

Surmonte la peur. Continue. Tu passes à tes oreilles. Tu
parcours le lobe, tu ressens Ton oreille dans son pourtour, puis tu vas
lentement jusqu’à l’entrée de l’oreille moyenne.

Suis le front. Il est haut. Sur lui tombent quelques mèches de cheveux, que tu
repousses, avec énervement d’abord, puis tu te souviens… Tu ne te connais pas.
La seconde mèche est placée en arrière avec beaucoup plus de… respect.

Suis le front. Suis les chemins des rides qui se sont formées dessus ; les
rides de l’inquiétude, de la méfiance. Elles sont profondes, mais tu peux les
effacer.

Enfin, tu touches à tes cheveux. Ils sont assez longs pour un homme. Lisses, et
gras. Là aussi tu n’en connaîtras pas la couleur. Depuis combien de Temps
n’as-tu pas lavé tes cheveux ?

Mais ce n’est pas l’important. Il te reste tout Ton corps à
découvrir. Enfin, ce que tu pourras en découvrir, pas l’entier.

Tu actionnes, lentement, les muscles de la nuque. Tes yeux
se baissent et voient, balayent lentement des pectoraux plutôt développés, un
ventre dur quoique sans abdominaux dessinés, des bras minces mais durs, des
doigts à la paume couverte de corne et de cloque.

Ces derniers, d’ailleurs, accompagnent tes yeux dans ton exploration. Tes
jambes ; minces et longues, tu le sais déjà. Poilues, aussi. Tes pieds
sont froids, mais moins qu’avant : ils se sont habitués au sol.

Tu te demandes, plus calmement, ce que tu fais là. Et tu
vois les pages. Tu vois les crayons, les stylos. Tu dois écrire. Pour exister
d’abord, pour exprimer l’existence ensuite.

Tu n’as que cela à faire.

Tu passes encore ta langue sur ta lèvre saignante. Le goût de ton essence.




Mercredi 26 Juin 2013 - 20:07:45
Et encore la suite - en fait j'ai tellement écrit depuis que je pourrais mettre au moins dix extraits à la suite, mais 'faut laisser aux autres artistes le Temps de s'exprimer, non ? Alors je ne mets qu'une partie de la suite.

La pièce

Vois ces murs, vois cette table, vois cette chaise. Ces feuilles. Tu ne le sais pas encore, mais tu es beaucoup plus serein qu’il y a vingt minutes, quand tu haïssais tout ce qui composait cette pièce.
Mais tu l’as déjà acceptée.

Cette pièce… a forcément une insertion logique dans quelque puzzle de dément, penses-tu. Peut-être… En attendant, c’est Ton univers. Oh ! Tu t’empares d’une feuille, et tu écris…

« Mon univers, ce sont ces murs gris, ce sol et ce plafond tout aussi gris, cette chaise de bois insipide et cette table de plastique détestable. Je ne sais pas ce que j’y fais, comment j’y suis arrivé, mais…
… La délivrance ne peut venir que de ma mort, ou de mes mots sur ce papier. Il n’y a pas de porte, pas de poignée.
Je ne peux pas me lever : je n’en suis pas capable… »

… Tu as mis du Temps à t’en apercevoir, sûrement parce que l’opération est conçue de manière à ce qu’on ne s’en aperçoive jamais immédiatement. L’encre est rouge.
Ton sang.
Tu écris avec une partie de ce qui fait Ton être. Tu y es obligé, sans quoi tu n’aimeras jamais tes mots ; tu ne t’aimeras pas. Il le faut pourtant. Tiens Ton doigt, contemple l’encre si rouge, qui déjà change de couleur et devient brune couleur de boue… Panique encore un peu. Mais tu apprendras à supporter, encore et toujours. Ou tu craqueras.

Le stylo, pourtant, à l’air parfaitement normal. Tu le tiens entre tes doigts, tu le jettes comme s’il était porteur d’un maléfice. Sur la feuille est un gros trait rouge qui part du e de capable. C’est un bon début. Cela aussi te fait vivre, cela étant la vivacité d’une coupure.

Elle t’emmerde, elle te gêne. Tu la sens palpiter, chaque pulsation, tu la sens. Lèche le sang, lèche. Imprègnes-en ta langue et tes lèvres.
Tu finis par te calmer, encore une fois. Tu respires profondément. Avant tu dérivais, maintenant tu as quelque chose à faire. Parce qu’avant tu ne faisais rien. Peut-être. Quoiqu’il en soit… Voilà Ton esprit dirigé vers un but. Espère donc l’atteindre.
Continue. Tu prends un autre stylo…

« … et je me demande si je le serai jamais. J’écris avec mon sang. Cela fait mal, comme je n’ai jamais éprouvé de mal auparavant. C’est vif, c’est rapide. La table en est colorée, le sol aussi, les murs, un peu, à cause du premier stylo que j’ai jeté… »

… Affronte ! Affronte ! Tu as réussi à écrire quatre ligne en étant pleinement conscient de cette douleur, affronte-la, accepte-la, fais-en ta compagne…

« … des taches qui changent et qui deviennent, de rouge vif, brunes et noires comme de la terre boueuse. Je ne pensais pas qu’écrire ferait autant mal. Je dois… Je le dois… Je le sais. »

… Tu le dois surtout parce que tu es dans une impasse et que tu veux y trouver un sens quelconque. Tu en as besoin, de cette cause ultime. Mais pourtant, tu y penses et tu ne sais même pas pourquoi tu penses ainsi…

« Je le sais.
Tout cela est sûrement une épreuve quelconque, un test, et si je le réussis… si je le réussis - quoi ? Si j’écris avec mon sang, il s’agit forcément de quelque chose de plus intime qu’un roman. Mais pourtant, tous les écrivains ne racontent-ils pas leur propre histoire au travers de leurs romans, même les plus fantastiques ? De manière allégorique, je veux dire.
Quelque chose de plus intime qu’un roman.
Quelque chose sur moi ?
Qu’y a-t-il à raconter sur moi, si ce n’est ce que j’ai déjà écrit, à savoir que je suis dans une pièce fermée, bétonnée, assis sur une chaise en train d’aligner des mots avec mon propre sang ?
Oh. Mais je ne peux raconter que l’instant présent. Instant… Dans ce mot, il y a la sonorité Temps. Pourquoi, d’ailleurs ? Pourquoi ce mot ?
J’ai trouvé ! Aïe ! Putain… »

… Tu lâches le stylo, cette fois. Tu serres ton doigt - non, tes doigts - au lieu de les tenir simplement, ils saignent tous, tous ceux de ta main droite. Tu te demandes comment tu as trouvé la force d’écrie "Aïe ! Putain" alors que tu ressentais déjà une douleur beaucoup plus forte que celle à laquelle tu t’étais habitué.

Mais oui, tu as trouvé. Un sujet de départ, du moins. Pas le moindre, d’ailleurs. A ta place, j’en aurais pris un bien plus évident à mes yeux… A ta place. Mais je n’y suis pas. Il n’y a que toi. Avec une grande mission, mais sans autre pouvoir magique que ton écriture et ta sincérité. Tu ne sais même pas si cela sera utile, d’ailleurs. Mais il le faut.

« … de merde de bordel de chien ! Pourquoi la douleur s’est-elle accentuée quand j’ai parlé du… maintenant j’ai même peur de l’écrire, tiens… C’est si intime que cela, ce sujet ? Parlons d’autre chose, alors… Je me suis déjà demandé qu’est-ce que je faisais dans cette foutue pièce. Cette prison.
C’est une boîte de quatre murs de béton gris, sans couvercle, sans porte, sans fenêtre, éclairée par une ampoule nue, avec une table en plastique, une chaise, et moi. Moi, nu. Pourquoi suis-je nu d’ailleurs ? Qui m’a mis là-dedans, bordel de merde ?
Non. Il faut que je me calme. Je risque de faire revenir une douleur plus forte encore si je m’énerve. Je risque de péter un câble et de me tuer en ne me contrôlant plus. Je ne le veux pas. Je veux vivre. La mort m’inquiète.
Un autre pourquoi.
Commençons par la pièce. C’est une sommation. Je dois écrire, ou devenir dément. Oh ! Y en a-t-il d’autres ? Pas loin ? Que je pourrais atteindre, et… je ne le pourrais pas. Pas de porte ni de fenêtre.
Cette boîte est entièrement artificielle, humaine : la Nature n’a pas de béton, pas de plastique. Pas de chaise, ni de table. Extraterrestre ? Qui a dit qu’ils ne mangeaient pas sur des chaises, attablés ? Mais il ne s’agit que de notre vision, humaine, de la chose, n’est-ce pas ?
Pourquoi est-elle entièrement artificielle, d’ailleurs, cette putain de boîte ? ».

Ça… Tu le découvriras demain. Peut-être. Même si tu n’es pas en mesure de savoir qu’un jour vient de passer. Tu es fatigué, non ? Alors…
… Dors.

Mercredi 26 Juin 2013 - 20:11:18
Dites les amies, vous pensez pas que quand vous avez un texte long et construit, qui raconte une histoire développée donc, il serait plus intéressant pour le suivi d'ouvrir un topic avec les passages rédigés (et éventuellement un autre avec les comms) plutôt que de mélanger tout les récits de tous ici? Je suis pas sur que quelqu'un qui voudrait lire, par exemple, l’œuvre de derivation fasses vraiment l'effort de retourner chercher plus en amont le début de cette histoire. Alors que si elle ouvrait un topic ne contenant que son histoire à elle, il serait plus simple de suivre...

C'est juste mon opinion. Si vous pensez que c'est idiot, continuez donc ainsi...


Mercredi 26 Juin 2013 - 20:55:57
La voix de la sagesse.


Jeudi 27 Juin 2013 - 10:23:37
Pas con comme idée... Maintenant voir ce que ça implique techniquement parlant...


Jeudi 27 Juin 2013 - 11:16:29
Rien du tout. Je veux dire rien qui n'ait déjà été prévu. Il suffit d'ouvrir ici http://www.spirit-of-metal.com/forum/forum-f-p4088-l-fr.html un topic avec le nom de l'histoire et d'y publier, au fur à mesure, les chapitres ou les passages de vos récits...


Jeudi 27 Juin 2013 - 17:32:49
Complètement d'accord ...


Jeudi 27 Juin 2013 - 17:44:56
J'aurais bien montré l'exemple en postant une des bribes avortés de mes méfaits d'autrefois, mais après relecture, je vais m'abstenir...Trop mauvais...


Jeudi 27 Juin 2013 - 19:28:24

citation :
VinzWallbreaker dit : Pas con comme idée... Maintenant voir ce que ça implique techniquement parlant...

Pffff, des heures de travail en plus

Jeudi 27 Juin 2013 - 19:35:46