Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
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Mercredi 12 Juin 2013 - 13:00:28
Ah mais le manque de joie de vivre n'est pas forcément une critique négative ! En tout cas là, ce n'en était pas une ;)

Et sans ça c'est juste trop bien ce que tu inventes pour Ton fils !

EDIT :

La joueuse de piano

Au milieu de la pièce trônait un grand piano de maître.

Elle, qui venait tous le soirs jouer là, fit son entrée dans la salle. Cela faisait quelques mois qu'elle avait découvert cet instrument, abandonné là dans cette maison au coeur de la Forêt, et elle n'avait pas résister à y entrer, pour s'abandonner aux délices que seuls connaissent les musiciens et y oublier ses misères.


Le plancher la salua en grinçant allègrement à chaque pas jusqu'au piano, et se creusa confortablement lorsqu'elle s'assit sur le petit tabouret de bois usé, qui lui avait encore quelques traces de vernis.

Et elle se mit à jouer.

Ses doigts faisaient l'Eau ; la pluie d'abord, doucement, comme une berceuse à la Nuit : les gouttes du piano tombent, qui effacent les peines et rafraîchissent les cœurs... Chaque note, ronde et fraîche, faisait une goutte, qui tombait sur les feuilles du hêtre, sur les brins d'herbes, rebondissait  doucement, se couchait amoureusement dans la terre pour se fondre dans l'humus et abreuver la Vie.

Puis la mélodie se mua en une rivière tranquille charriant feuilles, aiguilles et caressant les branches des Arbres trempant dans ses eaux. Une rivière ombrageuse dans laquelle on aime se baigner l'été, à l'abri des regards et de toute présence inopportune, une rivière pour les jeunes amants.

Enfin, à mesure que la jeune femme se plongeait dans le piano pour le devenir, la rivière déborda, emportant Forêt, Arbre, Terre, et se faisant Océan impérieux, magnifique, sujet d'amours et de poésies sans pareilles, et les roulements des notes entraînaient les vagues grises toujours, toujours...

Peut-être la retrouverez-vous.



Jeudi 20 Juin 2013 - 15:59:05
@ Pomme: Bah si tu édites sur un vieux post comment peut on savoir que tu as posté un nouveau texte????????????


Vendredi 21 Juin 2013 - 08:16:53
J'croyais que les doubles posts étaient interdits ?
Mais effectivement, tu as raison


Lundi 24 Juin 2013 - 21:16:41

citation :
Pomme dit : J'croyais que les doubles posts étaient interdits ?
Mais effectivement, tu as raison

Oui mais là c'est différent. Tu commentes un truc et tu publies une nouvelle à différent moment de la journée (peut être même jour je ne sais pas quand tu as édité).


Lundi 24 Juin 2013 - 21:36:14
D'où le "Mais effectivement, tu as raison" : je venais de le réaliser...

Mais bref ! C'est Triste qu'il n'y ait pas plus de textes, là. J'adore vous lire, donc !

Lundi 24 Juin 2013 - 21:37:08
C'est le temps qui manque, malheureusement...

Lundi 24 Juin 2013 - 21:45:40

citation :
Hellsheimer dit : C'est le temps qui manque, malheureusement...





Mardi 25 Juin 2013 - 02:55:05
Tel le rayon de soleil qui apporte la lumière,
Elle ressuscite l'espoir
là ou perdure le désespoir.
Telles les notes de musique qui apaisent les coeurs,
Par ses éclats de rire,
Elle brise le Silence et la peur.
Et d'aussi loin que je me souviens,
Là où la violence meurtrit,
Sa main se tend dans un geste de paix.

A toi qui illumines chacun de mes jours
Passés sur cette Terre,
A toi qui crois en l'Amour,
Plus qu'à l'argent, plus qu'au pouvoir,
A toi qui continue d'aimer
Envers et contre tout,
Ce miroir ingrat, ce compagnon inconstant qu'est l'Homme,
A toi qui enfantes la vie
Dans la douleur et dans la sueur
Quand tant d'imbéciles ignorants torturent et tuent,

Je t'offre ces mots surgis de mon âme
Si souvent blessée mais toujours combative.
Je t'offre les battements irréguliers de mon coeur
Si souvent mutilé mais toujours palpitant.
Je t'offre l'histoire de ma vie
Si souvent déchirée mais toujours entière.
Quoiqu'il advienne,
Aujourd'hui et pour toujours,
Tu seras ma Reine,
Mon guide de chaque jour,
Ma flamme dans les ténèbres,
Et comme tu sais si bien le faire,
Tu sera ma muse,
Celle qui insuffle la compassion
Dans mes gestes quotidiens.
Grâce à toi,
Je continue de cultiver mon humanité.

Je t'aime, Mon Ange.

A toutes les femmes.



Mardi 25 Juin 2013 - 10:40:21
Très beau... Merci !

Mercredi 26 Juin 2013 - 13:04:54
 
Suite ...
 
A la sortie de la forêt, son cheval devint nerveux et se mit à hennir et à piaffer. Avec quelques instants de retard sur l'animal, l'odeur lui envahit la gorge. Scrutant les alentours, il aperçut les restes d'un bivouac.  Méfiant, il sorti son épée et se rapprocha. Un cadavre, à moitié brûlé, jonchait le sol. Sa tête reposait au milieu d'un tas de cendres encore incandescentes répandant une odeur de chair brûlée écœurante. Il descendit de cheval, s'approcha et retourna le cadavre. L'odeur. Violente. Le métal d'un carreau d'arbalète dégoulinait le long des orbites nettoyées par les flammes. L’œil, remplacé part un charbon ardent, donnait l'impression que le cadavre le regardait de par delà l'enfer. Il suffoqua et toussa.

Il reconnu les armes d'un des chasseurs qu'il avait croisé au bourg voisin. Les traces de trois autres personnes partaient dans des directions opposées. Par contre celles des chevaux venaient toutes du même endroit. Il décida de suivre la piste des animaux. S'ils venaient tous de la même direction, il avait une chance de remonter jusqu 'au campement principal. Il pourrait toujours signaler la mort de leur compagnon aux autres. 
 
Avant même d'arriver, il comprit que le camp était vide. Ni feu ni bruit. Des marques de combats étaient encore visibles: traces de sang, cadre de séchage à terre. Des carreaux d'arbalète jonchaient le sol, les mêmes que celui du premier campement. A l'écart, les restes d'un bûcher continuaient à fumer. Des os humains étaient mêlés aux cendres. Il dénombra cinq crânes. Quelque chose clochait. Les empreintes n'étaient pas assez nombreuses. Cinq hommes étaient morts, un combat s'était engagé et pourtant il ne comptait que onze paires de pas alors qu'une telle hécatombe supposait plusieurs hommes. Onze paires dont une de la taille de celle d'un enfant. Troublé par ce détail, il retourna à son cheval. Il n'avait plus rien à faire ici. 

        Il décida de rejoindre une de ses anciennes bases de chasse pour la nuit. Il était trop tard pour retourner en arrière.  
  
Au détour d'un vallon, il aperçut une superbe Frison attaché à un arbre. Comme tous ceux de sa race, il était relativement massif et avait une robe noire et de longs crins magnifiques. Il sortie de nouveau son épée, mis pied à terre et s'approcha. Le cheval appartenait peut être à l'enfant ou à un des chasseurs. L'animal se mit à hennir en l'apercevant. Il était presque parvenu à sa hauteur lorsqu'il buta sur quelque chose.
 
L'enfant était allongé dans la neige, emmitouflé dans un manteau blanc. Dans la pénombre il ne l'avait pas vue. Il se pencha sur le corps et remarqua le piège à loup qui lui emprisonnait la cheville. Il s'agenouilla et rabattis la capuche pour lui dégager le visage. Ce n'était ni un des chasseurs, ni un enfant qui gisait dans la neige mais une femme. Son visage était d'une pâleur mortelle et sa peau commençait à devenir cireuse. Il chercha son pouls sans succès. Il approcha son épée de ses lèvres. Un léger souffle embua la lame. Elle n'était pas morte mais en hypothermie. 
 
Un cadenas fermait la chaîne. A l'aide d'un poinçon, il s'attaqua  à la serrure. Il lui fallut une petite poignée de minutes pour en venir à bout.  Une fois son travail achevé, il se releva et se dirigea vers le cheval de la femme. Il le détacha et noua les rennes aux fontes de sa selle. Puis il revint près du corps, le chargea sur son cheval et monta en croupe pour le maintenir. 

Arrivée à l'entrée de la grotte, il la déposa dans la neige afin de  la maintenir en hypothermie. Il se servirait de son état comme anesthésique et éviter une hémorragie quand il ouvrirait le piège. Mais avant tout, il devait faire un feu et aménager un lit afin de pouvoir la réchauffer au plus vite après l'opération. Il avait l'avait installé un peu à l'écart du feu. Il devait la réchauffer doucement et ne pas exposer sa peau à une source de chaleur trop directe. Un réchauffement trop rapide risquait de créer un refroidissement plus intense, par réaction physiologique, et donc la mort.  

Il retourna auprès d'elle et commença par découper la botte afin de se faire une idée de la blessure. L'épaisseur du cuir, la tige de maintien et l'épaisseur de la fourrure, avaient limité les dégâts. La chaire était entamée mais l'os n'avait pas été touché. Il desserra le piège, nettoya et recousue la plaie. Elle n'avait pas cillé ce qui l'inquiéta. 
  
Il la transporta à l'intérieur, l'allongea sur le lit, lui ôta ses vêtements humides et  la recouvrit de fourrure pour la réchauffer. Il était tenté de la frictionner mais il attendit patiemment que sa peau retrouve un semblant de coloration. IL ne voulait pas risquer de créer des lésions en frottant des parties où des engelures auraient pu se former. De cireuse, sa peau devint simplement pâle. Il commença alors à la masser avec précaution jusqu'à ce que ses joues reprennent quelques couleurs. Il la recouvrit de nouveau et se leva. A présent il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre.
 
Il sortie de la grotte pour s'occuper des chevaux. Pendant à la selle de la femme, il remarqua un carquois. Il l'ouvrit. Des carreaux d'arbalète. Nul doute possible c'était les même que ceux qui avaient tué les chasseurs. Il referma le carquois et retourna dans la grotte. Il s'approcha d'elle. Son souffle était faible mais régulier. Il la dévisagea. 

Il installa son lit de l'autre coté du feu. Par prudence il avait enlevé tout ce qui pouvait servir d'armes et se coucha son couteau à la ceinture et son épée à ses cotés. Ce soir il ne dormirait que d'un œil.
Plusieurs fois dans la nuit, il vérifia si elle respirait toujours. Au matin, il profita de son sommeil pour aller chasser. Tout indiquait que les traces de pas qu'il avait pris pour celles d'un enfant étaient les siennes ainsi que les carreaux d'arbalètes qui avaient tués les chasseurs. Pourquoi? Pourquoi avait elle tué autant d'hommes?
 
Elle n'était plus dans la neige. Ce fut sa première pensée. Elle n'était plus dans la neige et une chaleur bienfaisante lui caressait la peau. Elle se redressa et regarda autour d'elle. Elle était dans une grotte, installée près d'un feu, ses habits pliés à ses cotés. Elle repoussa les couvertures et examina sa cheville. La plaie avait été recousue avec soin. Un déluge de questions envahit son cerveau: Qui? Comment? Pourquoi? 
Personne ne venait jamais ici. Les chasseurs étaient tous mort et de toute façon il l'aurait achevé pas sauvé. Alors qui? Une patrouille à la recherche des autres? Pas si vite pas si tôt et puis cela faisait bien longtemps qu'ils n'envoyaient plus personne à la recherche des disparus. Et si c'était le cas alors pourquoi la sauver? Pour la ramener au village et ainsi donner un visage à la malédiction avant de l'exécuter?

Instinctivement elle chercha ses armes. Rien, ni près d'elle ni ailleurs. Elle se leva d'un coup, effrayé par sa vulnérabilité. Prise d'étourdissement, elle tituba. S'appuyant contre le mur, elle attendit que le monde reprenne sa place. Respirer, laisser son corps se réhabituer à la position verticale. Elle devait contenir son impatience. Les quelques minutes perdues maintenant étaient des minutes gagnées pour la suite. Elle s'habilla doucement.
 
Son cheval était attaché à quelques mètres de là. Avec soulagement, elle aperçue son épée. Elle enfila son manteau et sortie. Le craquement d'une branche la fit sursauter. Elle tourna la tête et aperçu un cavalier. Elle se lança vers sa monture aussi vite que sa blessure le lui permettait. Au bruit du pas de l'animal, elle comprit que le cavalier venait de le mettre au trot. Elle aurait voulu courir et au lieu de cela elle traînait la jambe comme une vieille femme. Son corps ne répondait pas aux injonctions de son cerveau. Elle avait l'impression d'être dans un de ces cauchemars où nos pieds sont de plombs.
 
La femme se tenait à l'entrée de la grotte. Quand elle l'aperçu, elle se précipita vers son cheval. Il accéléra la cadence. Ils arrivèrent au même moment. Le temps qu'il saute à terre, elle avait saisit son épée. Il la savait trop faible pour soutenir un combat mais la prudence était de mise. Il avait à peine touché terre qu'il dû esquiver un premier coup. Le deuxième suivi aussitôt. Il s'en était fallu d'un rien.
Elle parvint à la hauteur de sa selle, saisit son épée et se retourna. Mon dieu qu'elle lui semblait lourde. Elle ne pourrait jamais combattre. Sa seule chance était d'attaquer la première. Si elle lui laissait le temps de réagir, elle était perdue.
 
Resserrant ses mains autour du pommeau, elle attaqua. Dans le même mouvement elle enchaîna deux coups. Il esquiva le premier et para le deuxième. La violence du choc lui raisonna dans tout le bras. D'un mouvement sec il l'a repoussa. Cette pichenette suffit à la faire reculer. Trahis par sa cheville, elle tomba à la renverse. Elle n'avait pas lâché son épée et la brandit devant elle pour se protéger. 
 
Et maintenant: Prisonnière ou cadavre en sursis?
 
Il s'avança. Elle recula paniquée.
"Je vous ai trouvé hier dans la neige."
Pas de réponse.
"Je ne vous veux aucun mal"
Rien.
 
Il rangea son épée et lui tendis la main pour l'aider à se lever. Elle se recula encore. Comprenant qu'il ne servait à rien d'insister, il prit son cheval par la bride et retourna vers la grotte. A petit pas, il la vit se diriger vers sa monture et monter en selle. 
 
Elle ne prit pas la peine de se dévêtir et s'allongea sur son lit. Son visage avait à peine touché l'oreiller que déjà elle dormait. Lorsqu'elle se réveilla, la douleur la rappela à l'ordre. Elle se leva en boitillant. Doucement elle déposa son pied endolorie sur un petit tabouret. Elle remonta son pantalon et examina sa cheville. La cicatrise était belle. Les chaires n'étaient pas boursouflées, ni érythème ni inflammation. Il avait fait un excellent travail. Elle prit un flacon et l'ouvrit. Du bout des doigts elle étala délicatement la pommade sur sa cheville. La cicatrise disparaîtrait d'ici quelques jours.
 
Un halo de fumé entourait la source chaude. Elle pénétra dans l'eau. Son corps et son esprit se délassèrent instantanément. Ici elle oubliait tout. La fureur et le sang, le monde et sa cohorte d'imbécile. Peut importe ce qu'ils pensaient, ce qu'ils faisaient ici tout n'était que calme et volupté. Elle était hors de leur atteinte. Elle ne prit pas la peine de se rhabiller pour retourner à l'intérieur. La morsure du froid sur sa peau la fit frissonner. Elle fit un énorme feu puis enleva le plaid du canapé et l'étala devant la cheminée. Elle s'allongea et se rendormit.

La faim, la sortie de son sommeil. Elle dévalisa la cuisine et prit le corridor menant au jardin. Framboises, fruit de la passion, groseilles viendraient achever son repas. Elle s'assit au pied d'un arbre et remua ses orteils dans l'herbe afin dans éprouver la douceur. Elle étala son festin devant elle et commença à manger. Une fois repue, elle se concentra sur sa cheville. Le baume avait déjà fait son effet. Elle ne sentait quasiment plus de douleur lorsqu'elle posait le pied à terre. Une semaine et elle serait totalement rétablie. Elle retourna dans le salon et récupéra son livre qu'elle avait abandonner sur l'accoudoir du fauteuil. Rien. Il ne s'était rien passé. Elle avait déjà oublié leurs visages.

Sa convalescence fut douillette et agréable mais rester trop longtemps enfermé la rendait neurasthénique. Il était temps qu'elle sorte. Le froid était vif mais tout à fait supportable. Elle talonna son cheval et parti au galop vers son terrain de chasse favoris. Les traces d'un caribou se dessinaient très nettement dans la neige. Elle les suivit un petit bout de temps. Elle aperçut l'animal. Elle était trop loin pour tenter de décocher une flèche et rien ne permettait de se dissimuler pour se rapprocher. Elle descendit de cheval et se plaça le long de ses flancs. Ainsi caché et son odeur couverte par celle de sa monture, elle pourrait s'approcher suffisamment pour pouvoir tirer. Sa ruse fonctionna. Le caribou ne se méfia pas et resta tranquillement à boire. Arrivé à 50 mètres de sa cible, elle arrêta son cheval, prit son arc,visa et tira. Elle le toucha en plein cœur. L'animal s'écroula sur place. Elle rangea son arc et s'approcha. Elle le dépeça, gardant les meilleurs morceaux pour elle et laissant les autres au bons soins des charognards. Elle détacha de l'arrière de sa selle un petit traîneau. Elle le fixa avec des lanières et y déposa son butin.

La journée de chasse avait été fructueuse et sa cheville ne l'avait pas du tout fait souffrir. Elle sortie sur la terrasse. Des aurores boréales illuminaient le ciel. Elle s'installa sur le promontoire afin de profiter du spectacle tout en dégustant son repas.

Malheureusement, sa tranquillité fut de courte durée. Lors d'une promenade, elle croisa les traces d'un cheval. Elle remonta la piste afin de déterminer l'emplacement du bivouac et au fur et à mesure de sa progression elle se rendit compte qu'elle la menait tout droit à la grotte où l'homme l'avait soigné. La nuit n'allait pas tarder à tomber mais elle décida de continuer. Une petite voix lui murmurait qu'il était revenu. La perspective de cette éventualité la perturbait. 



Elle stoppa son cheval. La grotte était éclairée. Il était assis en tailleur à coté du feu. Pourquoi était il revenue? Sa bêtise allait la contraindre à tuer l'homme qui l'avait sauvé. Stupide bestiole. Elle sortie son arbalète et visa. Elle rabaissa son bras. Elle ne pu se résoudre à tirer. Il lui avait sauver la vie. Il méritait de pouvoir se défendre et non pas d'être abattue comme du gibier. Elle prit son épée et se dirigea vers l'entrée. 


Il était parti à la fin de la semaine, comme prévu, mais au lieux de quitter le pays, il avait prit la direction de la péninsule. Au cours de son séjour dans le bourg, il avait entendu les rumeurs et les légendes qui circulaient sur la péninsule. Leur horrible démon était en fait un petit bout de femme de rien du tout. La curiosité l'avait titillé et il était revenu. Il s'installa dans la même grotte. Il était sure qu'elle finirait pas le repérer. Immanquablement elle remarquerait ses traces de pas ou celles de son cheval. Peut être même que depuis son abris elle verrait le feu. Il pensait qu'elle avait trouvé refuge dans les montagnes. D'un point de vue stratégique c'était idéal. En hauteur et difficile d'accès. Il avait pris un risque en revenant. Il ne doutait pas qu'elle puisse vouloir le tuer. Il fallait juste espérer qu'elle ne choisirait pas l'option carreau d'arbalète en plein front. 

Il entendit le craquement de ses pas dans la neige. Elle apparut sur le seuil, laissant tomber son manteau à ses pieds tout en s'aançant vers lui. Échevelée, ses joues rougies par le froid faisaient ressortir la blancheur de sa peau. Elle ressemblait à ses poupées de porcelaine pour petites filles sage sauf que celle-ci tenait une épée à la main et qu'elle savait s'en servir. Il ne bougea pas. Si elle était venue jusqu'à lui c'était pour le défier. Elle ne ferait rien tant qu'il serait désarmé. Elle s'arrêta à quelques centimètres de lui. Elle ne l'avait pas lâché des yeux depuis son arrivée. Son regard était dur. Elle le fixait, les lèvres closes.

Il avait du l'entendre arriver car il ne semblait pas surpris de la voir. Elle se débarrassa de son manteau et s'avança vers lui. Elle s'attendait à ce qu'il dise quelque chose ou au moins qu'il se lève pour prendre son arme mais il resta là sans bouger, soutenant son regard. Elle s'arrêta si près de lui que la pointe de son épée venait effleurer ses genoux.

Aucune réaction, pas un mot, juste son regard accroché au sien. Ils restèrent de longues minutes à se dévisager. Chacun scrutant le regard de l'autre. Ne sachant pas pourquoi il était revenu, ne sachant pas pourquoi elle ne le tuait pas.

Soudain un envie terrible la saisit. Elle s'agenouilla rapprochant son visage jusqu'à ce que leurs lèvres furent près de se toucher. Ce n'était pas un baiser juste une caresse. Elle s'approcha encore un peu. Elle le mordit doucement comme pour l'inviter à participer.

Chaque baiser, chaque pression de ses mains ne faisait que l'enflammer davantage. Entre deux baisers, elle lui enleva sa chemise. Ses mains glissèrent le long de son torse et d'un geste elle le renversa en arrière pour lui ôter le reste. Elle resta un moment à le contempler.

D'un seul coup, elle s'était figée. Elle se tenait face à lui, les fesses posées sur ses talons sans rien faire, sans rien dire. Elle le regardait, le visage fermé ne laissant rien deviner de ses pensées. Soudain il eut peur qu'elle parte. Il se redressa et colla ses lèvres aux siennes. Il n'avait qu'une envie lui arraché ses vêtements mais il savait qu'à la moindre maladresse il risquait de finir avec un couteau sous la gorge. Doucement il remonta sa tunique le long de ses cuisses, contenant son impatience grandissante en ralentissant son geste de peur de se laisser emporter.

Ses mains se posèrent sur ses cuisses. La pression de ses doigts se faisait de plus en plus présente, presque douloureuse. La lenteur de ses gestes, la mettait à la torture. Son corps était tendu, impatient. Lorsque ses mains glissèrent sur ses fesses pour venir se nicher au creux de ses reins, elle laissa échapper un gémissement. Dieu du ciel, ne pouvait-il pas lui arraché cette satanée tunique? C'était un véritable supplice.

C'était la deuxième fois qu'il la voyait nue. La première fois, c'était un corps froid et inerte, un organisme auquel il devait redonner vie. Aujourd'hui, elle vibrait sous ses caresses. Sous ses doigts, il sentait la chaleur de sa peau et les battements de son cœur. Il la plaqua contre lui. Lorsque ses seins touchèrent sa poitrine il ne put se contenir plus longtemps.

Tous les soirs elle revint l'épée à la main. Tous les soirs elle finissait dans ses bras. Tous les matins elle repartait à l'aube sans prononcer une parole. Il pouvait lire le désir et la jouissance sur son visage. Elle s'abandonnait sans fausse pudeur mais il n'avait accès qu'à son corps. Son cœur et son esprit lui restaient totalement fermés. Il ne comprenait pas comment elle pouvait être à la fois si froide et distante et si passionné dans leurs étreintes. Juste qu'elle lui sourit. Il aurait aimé juste qu'elle lui sourit.