Il y a quatre chapitres mais finalement je vais poster autre chose.
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DESCENTE AUX ENFERS
Je me lève péniblement. Il est 22 heures. Je suis vraiment une tâche. Je ne dors presque plus depuis une semaine. Trop de choses ont changé depuis cette semaine. Mon appartement est devenu un sacré merdier. Je n'ai qu'une seule envie, c'est de me laisser tomber sur mon lit, m'étaler sur le dos et attendre que le temps passe pendant que la fatigue et la non-motivation aient raison de moi. Mais je suis obligé de manger et de faire quelque chose. Cela fait une semaine que cette vie de merde dure, et je ne peux pas rester ici comme un con à me lamenter que le monde est cruel.
Je marche vers le salon. J'ouvre les volets. Il fait presque nuit dehors. Mon appartement pue. Mais je préfère ne pas aérer parce que dehors il faut froid. Dans le salon, on ne voit que des morceaux de sol. Papiers, cartons à pizza empilés, bouteilles et paquets de clopes se battent continuellement en duel. Je ne sais pas où mettre les pieds, il m'est déjà arrivé de me blesser avec des éclats de verre il y a trois jours. J'ai la flemme de me faire à manger. J'ouvre quelques cartons de pizza, je rassemble les restes de pizzas que je n'ai pas terminé, je fais réchauffer au micro-ondes, cela suffira. Sur la table du salon s'empilent des photos, des disques, des cassettes, des DVD et mon ordinateur.
J'allume cet ordinateur. Je me connecte à Internet. Je vais sur Skyrock et cherche la page de "son" profil. Son profil, à elle. Je me souviens que c'est lorque j'ai effectué cette
Action la première fois que la descente aux Enfers a commencé. Malheureusement pour moi, rien n'a changé sur la page de son profil. Oui, je fais partie de la génération Internet, et grace à l'avancée de la technologie, il est tellement plus facile de surveiller tout le monde. Cela fait trois jours que j'envoie des textos qui ne reviennent pas. Je mange ma pizza. Non, je ne mange pas parce que j'ai faim. Je mange parce que si je ne mange pas, je meurs.
Je me rends compte que depuis une semaine, je m'emmerde. Je sais que c'est son départ qui m'a forcé à vivre tout cela. Je sais que j'ai agi comme un débile en m'attachant à elle a 100%. Et depuis que j'ai vu sur son profil Skyrock qu'elle est partie donner sa chatte à un autre, je m'emmerde. Ce qui me donnait du plaisir tantôt n'a aujourd'hui aucun effet. J'ai tenté de me remettre à World of Warcraft. Je n'éprouvais rien, nada, tchi. J'ai arrêté. Alors j'ai passé mes journées devant mon écran à me masturber devant des filles faciles ou à me croire heureux devant des vidéos marrantes. Mais maintenant, tout ça c'est fini.
Il y a encore quelques packs de bière et des bouteilles d'alcool en stock, tout comme des paquets de clopes. Un pack de Leffe, c'est ce qu'il y a le plus proche de moi. Mais même tout boire d'une traite ne me ferait plus d'effet. Je décapsule les bouteilles une à une et les boit rapidement. L'alcool, ce tabou que je transgresse pour trouver ne serait-ce qu'un
Fragment de bonheur. Je me moque que ce soit dangereux, je ne cherche que le bonheur. Cette fille m'a volé mon bonheur et je ne pourrais pas le récupérer dans ses mains de vautour, il faut que j'aille le chercher moi-même. Ah, et puis tant qu'à faire, pourquoi ne pas me griller un paquet de Sevenstars ? Et puis la Leffe, ce n'est que de la bière. Alors faisons péter la Jet 27. Et puis du Ricard que bien évidemment je ne prendrai pas la peine de diluer. Voilà. Encore une fois j'ai recommencé. Et je ne pourrai que difficilement m'arrêter.
J'attends que cela me fasse quelque chose. Tant qu'il ne se passera rien, je continuerai l'alcool et les clopes, et pourquoi pas des mélanges. J'attends que cet alcool divin se mélange à mon sang de dépravé. Cela sera le meilleur des mélanges. Mon corps n'appartiendra qu'à l'alcool, et tout le monde sera content. Je retourne sur mon ordinateur. Je vais sur la messagerie de mon adresse mail associée à mon école. J'ai reçu un mail : "Premier avertissement". J'ai été absent toute la semaine et on me le fait savoir. J'ai préféré moisir dans ma crasse plutôt qu'aller en cours. J'envoie un mail de réponse qui dit simplement "Allez tous vous faire enculer". Je crois que l'alcool commence à me faire effet. Je crois que la fête va pouvoir commencer.
Je retourne sur le profil Skyrock de cette fille. Cette fille qui me berçait de "je t'aime" doux mais non sincères. J'épie chaque commentaire sur sa page. Évidemment, ils sont doux, tendres, romantiques. L'antithèse de ce qu'elle a fait de moi, en fait. Je me sens hors de contrôle. Dans un élan de colère, je rabat furieusement mon ordinateur et le martèle de coups de bouteilles. Mais cela ne suffit pas. Alors je saisis mon ordinateur et l'envoie contre le mur avec perte et fracas. Des étincelles jaillirent, des flammèches virevoltèrent de part et d'autre du salon. J'ai fait une connerie. Je ne dois pas rester là. Il faut à tout prix que je sorte, après tout je me suis levé pour ça. Je prend la dague qui se trouve sur mon bureau et la place dans ma poche. Je sors de chez moi, descend péniblement les étages et me voilà à la rue.
Il est 22 heures 20. Il fait froid dehors. L'alcool me réchauffe légèrement mais cela ne change pas la température ambiante. Je ne sais pas pourquoi je suis sorti. Je ne veux pas savoir si mon appartement est en feu ou si les petites flammes se sont éteintes. Je ne veux pas le savoir. Alors je marche. Je choisis des ruelles sombres. Et j'attends qu'il se passe quelque chose. J'attends qu'un imprudent se présente. Je pourrai le menacer à l'aide de ma dague et ainsi lui vider ses poches.
Pour le moment, la ville semble aussi inanimée qu'un rat mort. Il est tard, nous sommes Dimanche, les gens ont plutôt tendance à dormir parce qu'ils travaillent le lendemain. Je sens un vent glacial me caresser le visage. Je ne sais pas si c'est une bonne chose, compte tenu du fait que ce vent de Janvier est la seule chose que j'entends et que la température de mon corps semble être un peu trop élevée, faute à l'alcool, pour supporter ce maudit vent. Je marche dans des endroits que je ne connais pas. Avec ce qu'il me reste de conscience, j'analyse chaque affiche publicitaire, chaque enseigne de magasin. Mais il ne se passe rien. Nada. Tchi. Il va sûrement falloir que je provoque quelque chose pour qu'il se passe quelque chose.
Je cherche l'action mais tout est trop calme. Si seulement un bar était ouvert. Si seulement il y avait un junkie à tabasser. Si seulement il y avait une fille seule à violer tranquillement. Si seulement il y avait un flic pour se battre. La seule chose qu'il y a, ce sont des rats et des chauves-souris. Quelques excréments sur le trottoir et ce vent pourrave. Je ne sais pas pourquoi j'ai pris ma dague, en fait. Si je ne parviens pas à faire couler une goutte de sang d'ici la fin de la nuit, cela sera peut-être le mien qui coulera.
J'ai l'impression d'être dans une ville fantôme. Les rues sont désertes. Les places le sont aussi. Je marche péniblement. Cela fait une semaine que je ne dors pas la nuit et cela ne changera pas aujourd'hui, ça non. Cette absence d'action me hante, m'ennuie, m'assiège. J'ai l'impression d'être le spectateur de ma propre vie. Que tout me passe sous le nez sans que je n'aie le temps de comprendre quoi que ce soit. Mais là, il se passe quelque chose. Mais ce n'est pas la chose que j'aurais souhaité. Des fines gouttes d'eau se mettent à tomber. La pluie tombe. Tant mieux. Cela fait une semaine que je ne me suis pas lavé, et sentir de l'eau de pluie ruisseler à travers des fringues qui puent la transpiration, cela ne fera pas de mal pour l'image que je donne.
J'ai envie de crier. Je suis parti à la dérive. Je fouille mes poches. Ah, il n'y a pas que cette dague, il y a également un morceau de papier. Cela doit faire plus d'une semaine que ce morceau de papier se trouve dans ma poche. Je le déplie... Il ne contient qu'une simple image : un coeur, dans lequel se trouve la première lettre de mon prénom ainsi que la première lettre du prénom de cette fille. J'ai trouvé ce qu'il faudrait qu'il se passe. Il faudrait que cette fille se présente à moi. Je ne vois pas l'issue de la rencontre, mais au moins il se passerait quelque chose d'intéressant.
Je continue ma marche. Je fatigue. Je m'arrête sous un pont. Visiblement, ce pont à l'air très mal fréquenté. Sur les murs se cotoient différents graffitis de coeurs, de sexes déssinés dans leur forme la plus simple et de slogans pseudo-anarchistes. Mais surtout. Il y a une odeur de pisse à réveiller un mort. C'est au dessus de mes forces. Je ressors le bout de papier tout en sachant que ce n'est pas le moment de le faire. Le mélange de l'alcool dans mon sang, l'insoutenable odeur de pisse et les souvenirs amers partis au loin me provoquent enfin l'effet désiré. Je vomis. Je vomis pendant de longues minutes. En vomissant, j'ai l'impression d'évacuer toute la misère et la dépravation qui régissent ma vie. J'ai l'impression d'évacuer la douleur et l'ennui. Je me sens heureux. Je m'écroule sur le sol, m'étale dans mon vomi qui se mélange aux flaques d'urine et m'endors.
Quelques heures passent et me voilà réveillé. Je regarde autour de moi. Je suis peut-être sale, mais pour la première fois depuis longtemps, je me sens en forme. La feuille de papier dans lequel j'avais griffonné un coeur se retrouve souillé de vomi. Il faut en conclure par là que ce qui est écrit sur cette feuille n'a plus aucune espèce d'importance. Je me sens vivant, cette vie de dépravé que je menais depuis quelques temps est enfin terminée, dans mon esprit j'entend les oiseaux chanter et le soleil briller pendant que des enfants font une ronde. Cette histoire d'amour ratée appartient dorénavant au passé, je n'ai aucune raison de ne pas me donner une seconde chance.
Malheureusement, je suis revenu à la réalité lorsque j'ai relevé les yeux pour voir ce qui m'a reveillé. C'est une voiture de flics accompagnée des ambulances. Et j'ai compris. Je suis seul et je resterai seul, cette fille m'a indirectement tué, et j'ai compris que ma vie était définitivement foutue.
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Et voici un texte que j'ai écrit juste pour le fun.
DIEU EST UN PUNK
Sous le ciel un nuage d'anges à crête bien barges
Les anarchistes se fichent des médailles et de l'or
Ils aiment plutôt Anti-Cimex ou Extreme Noise Terror
The Exploited et surtout l'incontestable Discharge
Dieu est un punk il erre avec son look pouilleux
Remplir le monde de guitares il y a rien de mieux
Telle une pochette de Crust le ciel se couvre de noir
Un requiem en riffs brutaux est joué pour les blancs
Alors les disques servent de bibles pour les croyants
A grands coups de Nasum et de leur délicieux Grindcore
Sous des fonds musicaux sortis d'un skeud de Disrupt
Ils prient dans les chapelles des obscures distros
Les bulldogs de Napalm Death prêts à montrer les crocs
Vandalisent les églises taguent leurs façades abruptes
Dieu est un punk
Dieu il est punk
Le vrai dieu il est punk