Art(s) et littérature >> Vos compositions littéraires...
Share to Facebook Share to Myspace Share to Twitter Stumble It Email This More...

   
Samedi 28 Avril 2012 - 23:55:01
Toute cette vie, impétueuse, inconsciente de sa préciosité et de son caractère sacré. Il en connaissait la mécanique parfaite, le flux et le reflux interne, sa subtilité, sa fragilité ... son goût. A cette évocation, sa bouche devint sèche L'envie monta d'un coup. Son pouls s'affola martelant ses tempes. Un voile rouge s'abattit sur lui.
 
    Ses doigts se resserrèrent autour de ses bras. Elle poussa un gémissement de douleur. Mais qu'est ce qui lui prenait. Il lui faisait mal. Elle tenta de le repousser mais il serra encore plus fort, l'obligeant à rapprocher son visage du sien. Mi affolée mi en colère, elle le mordit sauvagement. Par réflexe il la repoussa. Libérée de son étreinte, ses jambes lui hurlèrent de courir mais elle savait que ça ne servirait à rien. Trop près. Elle fit face. 
 
    Faire face, quelle connerie, elle n'avait pas envie de faire face, elle avait envie de fuir. Envie de lui dire d'arrêter que ce n'était pas drôle. Envie de dire pouce, de crier cette petite formule magique qui arrêtait instantanément le jeu, vous ramenant dans le monde réel où les méchants redevenaient des enfants inoffensifs dans un éclat de rire. Par pitié, éclate de rire, Dis moi "je t'ai bien eu". Promis-juré, je te pardonnerais de m'avoir effrayé mais s'il te plaît chasse le monstre dans tes yeux, le jeu va trop loin, j'ai peur, tu me fais peur.
 
Mais il ne dit rien. Le jeu ne s'arrêta pas. Le croque mitaine existait et il allait la dévorer toute crue.
 
    Elle resta immobile. Non par courage mais parce qu'elle était trop terrifiée pour faire quoi que ce soit. Impassible et prête au combat extérieurement. Paralysée par la peur et au bord des larmes intérieurement. Il se jeta sur elle.
Ses doigts se refermèrent à nouveau sur ses bras la clouant sur place. Ses mains étaient deux étaux qui la broyaient. Il la maintenait prisonnière sans effort. Seuls ses avant-bras et ses mains pouvaient encore se mouvoir. Elle leva les eux vers lui, cherchant son regard, espérant y déceler celui qui l'avait embrassé et pouvoir le ramener à la surface mais ses yeux n'étaient plus que deux billes de verre noires et abyssales. Plus rien d'humain n'existait en lui. Elle ne l'entendait même pas respirer. C'était la mort qui la tenait dans ses bras. La mort qui se penchait vers elle. Aucune pitié à attendre, aucun espoir. Le froid et le silence.
 
    Une douleur effroyable lui déchira le flanc. Son corps meurtri se recroquevilla sur lui même l'entraînant vers le sol. Le feu de sa blessure se rependait de cellule en cellule, l'enfermant dans une douleur sans fin. Quand son torse vint percuter le sol, la puissance de son propre cri lui vrilla les tympans. Inerte, incapable du moindre mouvement, la fraîcheur de la neige sur sa blessure était son Seul point d'attache au monde extérieur. Un fil ténu l'empêchant de sombrer dans l'inconscience. Allongé dans la neige, face contre terre, ce n'était plus qu'une silhouette inanimée. 
 
Revenir à la réalité. Secouer la torpeur. L'abandonner sur place et partir loin d'ici. Ses réflexes Animal prirent le relais. L'adrénaline se repandit dans ses veines. Un pas puis un autre. Vite, de plus en plus vite. S'éloigner du corps. Le vent qui siffle, les paysages qui défilent. L'ivresse de la vitesse. Plus vite toujours plus vite. L'acide lui brûlait les muscles. Son cerveau prit le relais sur la mécanique. Plus rien ne comptait. Le monde n'était plus qu'un trou noir béant. Toutes ses ressources s'étaient mobilisées dans un Seul but: courir.
 
Une grille puis une autre. Un escalier. Un couloir. Une porte. Son refuge.
A bout de nerf, à bout de souffle, elle s'effondra sur le sol. Les larmes se mirent à couler. Elle pleura comme jamais elle n'avait pleuré.
 
Il rampa dans la neige comme un pénitent vers son salut. Son esprit tendu vers un seul objectif: rejoindre l'entrée d'une tanière abandonnée afin de se soustraire à la convoitise des charognards. Y laissant peau et ongles, il gratta le sol avec lenteur et acharnement afin d'en agrandir l'ouverture.
Une fois le trou suffisamment grand, il se laissa glisser au fond. Une odeur pestilentielle lui agressa la gorge. Il n'arrivait pas à déterminer si elle venait de lui ou si elle était inhérente au lieu. Il regarda sa blessure. Son flanc n'était plus qu'un champ de cloques. Par transparence il pouvait voir tout un réseau de petits vaisseaux sanguin à vif. Là où les cloques avaient percé un liquide translucide suintait. Il se renifla. L'odeur de chair brûlée se mêlait à celle plus acre de son corps fiévreux. Il puait la mort.
 
Il se renversa sur le dos. La douleur ne diminuait pas, ne s'amplifiait pas, elle ETAIT. A chaque respiration, il avait l'impression de sentir encore et encore sa torche le brûler. Lors de son attaque, elle avait réussi à saisir sa torchère plantée dans le sol et à la lui enfoncer dans les côtes. Seul l'épaisseur de ses vêtements avait empêché qu'il ne s'enflamme comme un fétu de paille. La douleur avait été atroce même maintenant il avait l'impression de continuer à se consumer.  
 
Depuis cet instant le feu était devenu le maître mot de son existence: feu des flammes, de la douleur, de la fièvre, de son baiser. Tout se mélangeait dans sa tête dans un délire incandescent. Il ne restait plus rien du grand prédateur, de sa force et de son arrogance. Ce n'était plus qu'un corps débile tapis dans les entrailles de la terre. Un monceau de souffrance. 
 
A plusieurs lieues de son linceul de douleur, sa proie entretenait un dialogue intérieur avec la folie. Prostrée dans un coin de sa chambre,elle ressemblait à une poupée de chiffon jetée à même le sol. Incapable de se mouvoir et de penser, le visage défait, les yeux hagards, elle était redevenue une petite fille terrifiée par le noir. Elle cherchait dans ses souvenirs la voix douce et rassurante de sa mère mais n'entendait que celle de la femme qu'elle était devenue lui répéter sans relâche que les monstres existaient.
 
Elle aurait voulu tout effacer de sa mémoire mais plus elle refoulait la vérité, plus les eaux noires de ses terreurs d'enfance la submergeaient. Elle, qui détestait les dogmes et les carcans, aurait aimé qu'on lui rende ses œillères. Elle avait envie de rationalisme obtus et de conformisme. Elle essayait de se raccrocher à Sa réalité mais elle n'y voyait plus que mensonge et mystification. Sa perception du monde s'effritait par pans entiers sans qu'elle puisse rien n'y faire. De guerre lasse, elle cessa de lutter contre l'évidence. Elle laissa les deux réalités fusionner entre elles pour n'en former plus qu'une. Elle renonça à toutes ses certitudes.
 
Cette abdication lui fut salutaire. La tension retomba suffisamment pour qu'elle puisse rassembler les morceaux épars de son esprit.  Le calme revint en elle. Elle regarda autour d'elle. Son lit, ses livres, sa chambre. La familiarité et la quiétude du lieu agirent comme un baume. Doucement elle se releva et se dirigea vers son lit. Elle s'enfonça dans le sommeil en même temps qu'elle s'enfonçait dans son édredon. Sa dernière pensée fut pour Lui et contre toute attente elle fut douce. Les rayons de lune vinrent caresser sa joue, Samhain berça sa fille.
 
Ils s'endormirent chacun de leur côté. Que ce soit dans la chaleur douillette des plumes ou l'humidité d'un lit de terre, leur nuit fut semblable. Ils tourbillonnèrent dans des cercles de contradictions irrationnelles, rejouant maintes et maintes fois la même scène déformée par le filtre de leur inconscient. Pour autant la noirceur de leur errance n'amoindrissait en rien l'intensité de leur étreinte. Au contraire, par contraste, elle n'en semblait que plus éclatante. 
 
Ce fut le froid qui la réveilla. Le feu dans la cheminée était presque éteint et le pâle soleil de novembre n'était pas suffisant pour réchauffer la pièce. Elle se leva péniblement. Ses cuisses la faisaient souffrir. Son cerveau était brumeux. Lorsqu'elle se baissa pour relancer la cheminée elle grimaça de douleur. Elle s'assit devant les flammes.
 
La dernière fois qu'elle s'était sentie aussi mal au réveil remontait à plusieurs années et à une cuite mémorable. Au chaud, à l'abri, elle se laissa bercer par cette idée rassurante. Elle avait juste trop bu et fait un horrible cauchemar. Elle aurait pu s'adonner à cette petite supercherie intellectuelle de manière permanente si elle n'avait pas aperçu son reflet dans la psyché. Le choc fut tel qu'elle mit quelques secondes à reconnaître la femme qui la regardait. Elle n'était pas pâle mais livide. Ses cheveux étaient plaqués contre ses tempes. Ses yeux semblaient trop grands pour son visage. La seule pointe de couleur dans ce masque funèbre était la traînée de sang qui avait coagulé sur ses lèvres.
 
Son esprit se crispa. Elle l'empêcha de partir à la dérive en se concentrant sur un détail. Elle lut et relut la marque de fabrique du miroir: Lewis et Caroll, Lewis et Caroll, jusqu'à ce que le danger s'éloigna. Elle devait se rendre à l'évidence. Elle était passé de l'autre coté et ne pas l'accepter c'était ouvrir la porte à la folie.
 
Elle devait vérifier une dernière chose. Les doigts tremblants, elle dégrafa sa robe et en fit glisser les manches le long de ses bras. Les marques de doigts ressortaient sur sa peau de manière ostentatoire et agressive. Ses derniers doutes furent balayés par cette image de chair tuméfiée. De nouveau elle posa son regard sur l'inconnue qui la fixait dans le miroir. Cette femme avait l'air si fragile si perdue.  Elle aurait voulu la prendre dans ses bras et faire disparaître d'un baiser les vestiges de cette ignominie. Dans un geste de réconfort elle caressa le reflet

Lundi 30 Avril 2012 - 03:11:25
Je ne m'étais jamais arrêté sur ce forum plein de talents.
DerivationTNB : j'aime bien Ton style traversé de tensions, c'est prenant.
Bon, pour marquer mon passage ici, hop ! un petit texte que j'ai écrit récemment :

(sans titre)
Franchir les murs
La frénésie des villes et le poids des morts
Un visage révélé
Revers d’un Silence sur le nom des tombeaux

Le temps est un vain calcul
Dans la rumeur des os qui craquettent
Le plus grand des prophètes est celui qui se tait

L’avenir sans image
Errance salutaire dans la gestation du monde
Une forme rêvée
Miroir d’un mensonge et le vertige de l’angoisse

Invisibles sont les vibrations d’Isrâfîl
L’œil embrasse le chaos
Et l’onde le collyre et la flamme





Lundi 30 Avril 2012 - 13:11:18
Merci.


Vendredi 22 Juin 2012 - 01:22:06
Sur un tueur qui se découvre en regardant son pire ennemi :




Lorsque je le vis, je rougis - ou je blanchis, je n'en sais rien - et je manquais de m'effondrer, accablé par cette sensation froide et blanche dans la Poitrine, comme si l'on m'avait tiré dessus. Tous mes sens se concentrèrent sur cet homme que je semblais connaître et qui m'était si étranger : ce n'était qu'un visage, un nom, un concept au centre de mon Existence, un être d'une importance capitale, si précieux et si grand qu'il en était lointain.

Il ne m'avait pas vu : qui aurait vu un misérable comme moi ? Il vivait heureux, loin de moi. Les gens passaient autour de nous, au loin il y avait de la musique... et je me sentais horrible, horrible et pesant, plein de déception sur ce que j'étais. En voyant cet homme commun, ennuyeux, qui n'avait pas ce rayonnement que j'aurais tant aimé déceler et dont les journaux avaient tant fait cas, j'eus simplement envie de me détruire ; et le désir de mourir reparut. Empli d'une noire répulsion, je mimais le calme et conservais cette expression haïe de tranquillité. Je crois que, si j'avais pu, je me serais levé pour faire quelque chose : frapper, parler, hurler, courir, fuir, que sais-je ! tout plutôt que conserver cette bombe derrière mes côtes ! Je réfrénais ma nature profonde pour répondre aux attentes du monde, mais sous ma caboche, la fièvre sentimentale balayait toute tentative de pensée. J'aurais bafouillé, regardé dans le vide comme un idiot pour ne pas risquer de croiser son regard, mais, ne parlant à personne, toute ma comédie n'aurait servi à rien. Je me contentais d'attendre en Silence, avec un Vacarme plus assourdissant en moi que le monde n'aurait pu en faire, à tel point que, bien vite, je n'arrivais plus à penser. Toutes les informations qui montaient jusque dans mon crâne n'étaient plus que des sensations plus lucides et plus claires que des phrases, et me parlaient, me répondaient, m'encourageaient et me damnaient.

Réveille Arthur Wolf. Réveille le traqueur si tu veux retrouver la vie, si tu veux que Ton âme cesse enfin de te torturer. Rapproche-toi de lui, retrouve-le grâce aux informations données par ces vieux journaux et applique Ton vécu et ta haine à son égard. Arthur Wolf, je te maudis, toi et tous ceux qui tarissent les sentiments, je vous prouverai ce que je suis et, à défaut de me respecter, je vous apprendrai à me craindre. J'en fais le serment.

Sitôt cela pensé avec une fougue rageuse, je sentis comme une effroyable cicatrice se graver dans les limbes de mon esprit, comme si mon être se métamorphosait selon ma promesse et me mettait au défi de la respecter. Si je voulais devenir ce que je souhaitais être, je n'avais pas le choix.

Et, alors que je ne l'aurais jamais cru, je sentis, tout au fond de mon malheur, une inspiration si puissante qu'elle embauma mon être et me permit d'oublier mon dégoût pendant quelques secondes : je tenais mes réponses.



Mardi 03 Juillet 2012 - 02:03:50
Cela fait une éternité que je n'ai pas remis les pieds dans le forum de SOM. J'ignore si la publicité est autorisée dans un tel topic, mais comme ce qui suit peut-être considéré comme une "composition littéraire" (au même titre que les chroniques , ah ah) je me permets de partager ceci :




https://www.facebook.com/99kilooctets

Il est sorti le mois dernier (avec deux mois de retard, cf. le flyer), et pourrait probablement intéresser du monde dans la communauté de SOM. Ça ne parle pas spécialement de Metal, mais le sujet y est brièvement abordé dans un chapitre.

Enfin trêve de développement, il est dispo en Fnac et sur internet, faites comme bon vous semble et parlez en autour de vous ! merci d'avance.

-R-

Mardi 03 Juillet 2012 - 12:22:26

Sympa tes textes DerivationTNB

J'hésite à poster entre ici et le forum jeux car ça concerne les 2 domaines...

Je pensais faire un AVH (livre dont vous êtes le héros amateur) durant l'été, un croisement entre les règles des Défis Fantastiques, de Sortillège  et des Défis de l'Histoire avec pour toile de fond Dead Island, je verais comment je fais progresser le truc ensuite... c'est pas de la grande litterature mais je vous tiendrais au courant


Mardi 03 Juillet 2012 - 12:51:42
Merci jeune homme.

Poste sur les 2


Jeudi 16 Août 2012 - 09:53:21
Allez, un machin torché en 5 grosses minutes hier :

"Le crâne assombri de nuages d'ébène ; subir la vie
- Sinistre, inlassable, Infernal cours.
L'univers s'écroule, insondable néant
- La disparition approche.
Les ruines de l'espoir s'effritent sous mes doigts,
- Les vestiges insensés du mensonge.
Bête répugnante,
- Un arracheur d'âme ; la vengeance.

Le ciel devient gris et le vent fait siffler les feuilles,
- Il est hilare, le morbide animal.
Le pardon au fond de l'horizon, perdu entre deux tranches de monde.
- Le pardon au milieu de nuées sentimentales ; joie ! bonheur ! haine !
Au sommet trône l'espoir, perdu parmi les étoiles.
- Mes pieds s'enfoncent dans la terre ; je suis deux dans mon corps.
"Souviens-toi !" me hurlent les mots rouges, ceux qui marquent la chair.
- Les grains de sable grippent la machine. Le poignard tourne."


Samedi 01 Septembre 2012 - 13:03:54
Vraiment bien la poésie du dessus, j'aime particulièrement la seconde strophe


J'ai un grand projet de roman qui me poursuit depuis, oh! une bonne dizaine d'années... Chaque été reclus, j'écris une bonne quarantaine de pages. C'est de la SF, rien de bien transcendant au niveau de l'histoire j'en ai peur. Cela dit ce projet me tient à coeur et je pense aller jusqu'au bout, ne serais ce que pour ma satisfaction personnelle. Je ne soumet ici que l'introduction. Le reste étant rédigé sur papier. (mine de rien je dois avoir plus de 250 pages d'un roman de poche...)

Désolé c'est assez long






citation :
INTRODUCTION

L'homme marchait d'un bon pas sur l'étroite piste forestière. Aux yeux d'un observateur extérieur, elle aurait pu passer pour mal entretenu. Les épaisses couches d'humus empiétaient largement sur la chaussée de la piste, l'envahissant peu à peu. Tout comme les broussailles et autres arbustes bas.
De loin en loin, de longues branches, issue des géants tropicaux qui bordaient la voix, la traversait de part en part, obligeant tout les usagers à de long détours et contorsions. Malgré tout, elle était entretenu, et régulièrement de plus, mais la vigueur végétale de l'endroit empêchait toute maintenance méticuleuse. La cadence du promeneur s'accéléra, le soleil déclinait, et il valait mieux ne pas s'attarder. L'homme était de haute stature, son visage émacié ne trahissait aucune émotion palpable. Son habilement était constitué d'un vieux parka sans âge, véritable relique de l'ère technologique et d'un pantalon de toile plus que grossière, récente celle-là, dessus était brodés des motifs colorés en arabesque. Il portait également une lourde coiffe savamment orné d'une quantité d'objets diverses, plumes, pierre semi-précieuse et autres gris-gris sans valeur. Et surtout il tenait fermement serré contre lui, un livre, de l'âge du parka au moins, si ce n'était plus. D'ailleurs ce n'était pas un livre, mais Le Livre.
Sur sa couverture tachés et froissé par le temps l'on pouvait lire, inscrit en petites lettres noires "cycle de quatrième année, thèse finale de Sonia Kosckatostycky: la fin de l'ère technologique, ces causes, ces constats, son avenir" Derrière ce titre anodin, se cachait le plus grand ouvrage de synthèse sur la fin du règne de l'homme sur la Terre. En bas de la page rendu à demi illisible par de large taches brunes, était noté l'inscription suivante: "934 125M" autrement dit la 934 années du 125 eme millénaires.
Le chaman, car tel était le terme par lequel il avait l'habitude de nommer sa fonction, regarda distraitement le chiffre. 120 000 ans déjà! L'homme s'était toujours demandé comment le Livre avait pu être conservé. Même si, bien évidemment, les pages n'était pas du papier, matériau rudimentaire et limité dans le temps.
Il en avait fait l'acquisition à 20 ans lors de son Seul voyage hors du village natal. Il avait trouvé le Livre par hasard dans les ruines d'une de ces immenses cités. Et depuis il était l'un d'un Seul à savoir.
Le trajet suivie par la piste s'inclina légèrement, puis de manière plus marqué, il approchait du littoral. Au détour d'un dernier virage, le village apparut, entassement de maison basse ou sur pilotis, aux rues étroites et sableuses menant toutes à la plage de l'océan bordé de palmiers colossaux dont l'ombre masquait une partie de la minuscule agglomération. L'ensemble baignait dans la chaude lumière du couchant.
Puisqu'il ne restait que quelques minutes de marche, il s'obligea à se remémorer le contenu de la thèse, afin de préparer son sermon hebdomadaire qui aurait lieu dans la soirée, l'enseignement qu'il proposait n'était pas, à proprement parler une religion, c'était plutôt une sorte de longues séries de discours dont le but était de ce souvenir. Une religion de l'Histoire, en somme. Il tenta de résumer de manière efficace la thèse, tout en sachant pertinemment qu'il n'y arriverais pas. Afin de se plonger dans cette exercice il récita les premiers paragraphe de l'ouvrage, qu'il connaissait par coeur:

"Ce fut à partir des millénaires 80 que l'humanité arriva à un degré de qualité de vie qu'elle appela, non sans suffisance, "l'ère technologique". Elle, s'y enfonça graduellement, mollement. De plus quantités d'avancées technologiques notoires firent leur apparitions permettant de faire du voyage interstellaires une réalité. Très vite l'humanité agrandit son espace vitale à tous le système solaire, aucunes planètes ne fut épargnés par cette colonisation."
Le chaman aurait bien aimé que l'auteur s'étende sur le sujet, mais non, il ne saurait sans doute jamais comment on l'on s'y prenait pour coloniser une géante gazeuse tel que Jupiter.
"Pour s'installer sur des explanètes, cela fut bien plus complexe, en effet on ne peut pas s'y rendre régulièrement par des moyens classiques de propulsion. Les plus grandes firmes spatiales de l'époque s'allièrent de manière à construire une vaste nef spatiale autosuffisante, étudié de manière à ce que plusieurs générations puisse y vivre, s'y nourrir et y mourir. Le vaisseau fut mis en orbite et envoyé sur l' exoplanète la plus proche. on estimait le voyage à un bon milliers d'années. Avec aucun moyens de communication ne permettant de savoir si le vaisseau était arrivés à destination. Le principe était simples: les deux planètes devaient réfléchir séparément et trouver un moyen de faire ce fameux bond stellaire dont l'humanité se gargarisait depuis si longtemps. Les scientifiques de l'époque estimaient que se serait beaucoup plus facile à mettre en place si l'on avait un récepteur et un émetteur plutôt qu'un seul émetteur. Ce en quoi il n'avaient pas tort. Ce furent les hommes de sciences de l'exoplanètes qui y parvinrent les premiers, et non sans peine car les habitants de la Terre avait tout bonnement oublié leur existence.
Ce fut alors le début de la seconde phase d'expansion de l'humanité, sans limite celle là puisque l'épineuse question du franchissement des distances inimaginables séparant les mondes étaient définitivement abolie. Cette extraordinaires évolution eu lieu en moins de 50000 ans."
L'humanité avait elle découvert d'autre formes de vie, c'était elle déchiré et fait la guerre? La thèse ne le disait pas. Mais la Terre, qui déjà devenait une planètes mineure depuis la 3eme phase d'expansion -c'est à dire depuis la suppression du récepteur lors du transfert interstellaire- devait connaitre un destin sinistre.
Une pandémie terrifiante, auquel on ne trouvait aucun remède, du fait que l'agent infectieux n'était ni un microbe, ni une bactérie, ni un virus mais autre chose, que la thèse ne mentionnait pas. Cette pandémie planétaire s'abattit sur l'humanité et plus généralement sur tout les vertébré de plus de 25-30 kilogrammes. La plupart des habitant de la planètes fuyèrent vers ces nouveaux mondes qui devait paraitre à leurs yeux comme cette Amérique du 19eme siècle, la promesse d'une vie nouvelle.
La pandémie s'arrêta d'elle même faute de cas à infecté. Cependant, il restait tout de même plus d'un milliard d'individu sur la planète. En effet, si on ne pouvait se soigner, on pouvait s'y soustraire, en se détachant du monde par exemple.
Les mammifères eux, périrent en masse et seul certain (l'ordre des rongeurs entres autres) survivèrent.
La Terre, elle, comme si la fin de la présence humaine massive sur son sol la libérait d'un carcan trop longtemps portés, eut un regain soudain d'activité internes, séismes, raz de marée, éruptions volcaniques, changement climatique à répétition, cyclone et autre typhons connurent un accroissement terrible. Les chiffres, d'une très grandes précisions, que l'ouvrage mentionnaient, paraissait presque absurde. A croire qu'il y avait eu plus de ces convulsion durant cette période que durant toute celle de la lignée humaine!
D'autre part, la tectonique des plaques , par un ensembles de causes complexes que peu de personnes semblaient pouvoir expliquer, s'emballa et des configurations que les géologues prévoyaient dans un ou deux million d'années eurent lieu dans les millénaires qui suivirent. Tout ceci acheva de modifier en profondeur la carte du monde.
Les hommes qui survirèrent à ces périodes plus que troublées, y réussirent choix par chances, soit grâces à des qualités exceptionnelles d'adaptabilités à leur environnement.
Venait ensuite la dernière étape celle qui avait le plus d'importance et qui conditionnaient le monde actuel: A cet instant de l'histoire de la terre, les insectes ainsi que diverses petits oiseaux, reptiles, amphibiens et, dans une moindre mesures, des mammifères était les seules représentants vivant du monde. Les seules maîtres, il n'avait donc aucun prédateur capable de les arrêter.
Les taux de mortalité non-naturel était très faibles et donc par un effet naturel, il évoluèrent d'une manière particulièrement spectaculaire, c'est à dire qu'ils grossirent, grandirent, leur intelligence s'accroissais de telle sorte qu'elle atteignit voire dépassa celle de l'homme. leur espérance de vie augmenta sensiblement. Bref pour résumer il devinrent l'égal des hommes.
Cette évolution, sans aucun doute la plus spectaculaire était qualifiée de "troisième improbabilité " dans la thèse de Sonia Kosckatostycky, ainsi après l'improbabilité de la vie, l'improbabilité de l'homme, il y eut l'improbabilité de l'insecte. Dernière grande étape du drame terrestre.
Et la Thésarde de conclure ainsi ses propos: "L'homme n'est plus l'espèce dominante, loin s'en faut, ainsi est-il condamné sans cesse à lutter pour sa survie, face à ces insectes qui nous dépassent sur tous les plans: en forces, en nombre et en plus, ce qui jusque là restait une spécificité humaine, en intelligence. L'homme parviendra t'il relever le défi qui lui est encore une fois posé? La seule réponse valable que l'on peut apporter est que ce n'est plus à lui d'avoir l'initiative et d'apporter les solutions."
Bon, il était évident qu'il s'agissait d'un résumé grossier, aucune subtilité, uniquement du fait brute. Cela dit, c'était un bon départ et le chaman savait dans ces discours orner ces faits leur donner l'épaisseur du réelle afin de les détacher du mythe où la distance temporelle les réléguait fatalement.
L'homme s'avisa qu'il approchait à présent des premières maisons. Il ne restait plus qu'une centaine de mètres, il les mit à profit pour résumer leur situation actuelle:
"Notre groupe, constitué d'un petit milliers d'hommes, s'est installé sur une île volcanique de taille moyenne, depuis trois ans déjà, le climat y est tropicale, étouffant et humide, depuis trois ans nous y luttons pour notre survie contre ces être terribles que ce sont les insectes, ici ce sont contres les guêpes que nous devons combattre mais ailleurs d'autre sont aux prises ave des fourmis, des termites, des cicindèles..."

Ayant fini cette remémoration préparatoire, Le Chaman se congratula intérieurement. Cette exercice allait lui permettre d'aborder son sermon imminent d'une manière sereine.
Cela faisait deux semaines que la "tribu", ainsi que ces membres l'appelait dans le langages courant, avait accueilli trois familles venu du Sud. Et pour la première fois ils devaient assister à l'une de ses petites cérémonie.
Oui, il pouvait le dire il était fin prêt.
Et c'est d'un pas assuré qu'il pénétra dans l'arrière cour du bâtiment communal.





Désolé pour les fautes d'orthographe (j'ai un gros problème avec ça) ainsi que pour la mise en page, c'est bien mieux sur Word^^.

Lundi 01 Octobre 2012 - 19:01:35
Je remonte parce que je me disais bien qu'il y avait quelque chose comme ça ici. Je poste donc une preview d'une "semi-autobiographie" et cela sera la seule chose que je posterai ici. C'est la première partie.

#

J'ai un problème, c'est que je ne suis pas compatible avec le monde de l'entreprise. J'ai essayé pourtant, mais cela ne marche pas. Comme deux pièces de puzzle que tu veux assembler mais qui n'ont pas les formes nécessaires pour le faire. Lorsque tu essaies de faire rentrer une pièce carrée dans une boite ronde, cela ne rentrera pas, quelque soit la solidité de la pièce ou l'épaisseur de la boite. Et si ça rentre, il y aura un espace vide qui dérange. Si, au contraire, ça ne rentre pas, les quatre coins du carré peuvent peter si tu forces.

J'ai un problème, vois-tu, c'est que je ne sais pas par où commencer. Peut-être faut-il que je résume les grandes lignes de mon CV. Mais avant de résumer les grandes lignes de mon CV, il serait judicieux de dire ce que je sais faire. Et là, je peux écrire un roman, en toute modestie. J'ai le syndrôme d'Asperger. Comme quasiment personne ne sait de quoi s'agit-il, je pourrai dire qu'il s'agit d'une sous-catégorie d'autisme qui augmente graduellement l'intelligence du sujet au détriment de ses capacités sociales et de communication. Ce n'est pas le sujet de savoir que j'ai ce syndrôme, le monde psychologique vous expliquera mieux que moi. Ce qui importe, c'est ce que ce syndrôme m'apporte.

Je suis capable de résoudre des opérations plus rapidement que la moyenne. Par exemple, si tu me demande la racine carrée d'un nombre à quatre chiffres, je te la donne à l'unité près en très peu de temps. Bien sur, il y a une technique pour cela. Je suis très doué avec les jeux de logique. les sudokus et tout ça. Le programme d'entrainement cérébral, j'étais un monstre à ce jeu. Je suis doué avec les mathématiques. Même qu'en troisième, j'avais laminé la quasi-totalité de la France dans un concours de maths. De ce fait, je me suis tout naturellement dirigé vers l'informatique. Grand mal m'en a pris, mais j'y reviendrai plus tard. Je suis doué avec l'écriture. Je peux écrire dans pas mal de registres, mais j'aime bien ce qui est sombre et négatif. Je suis doué avec le dessin, mais dans un tout autre registre. Si mes écrits sont plutôt sombres, mes dessins sont plutôt à classer dans la case abstrait psychédélique. On dit que ce sont les genres les plus difficiles à reproduire, mais moi c'est la seule chose que je sais dessiner. Je dessine des labyrinthes et toutes ces sortes de choses.

Le problème, c'est que ce genre de choses, ça ne se dit pas sur un CV. Si je Dis que j'ai le syndrôme d'Asperger, ils vont me répondre que cela peut me porter préjudice, et ils auront raison. Si je Dis que je calcule rapidement, ils vont me répondre qu'une machine peut le faire encore plus vite, et ils auront raison. Si je Dis que je suis doué avec les jeux de logique, ils vont me demander ce que cela rapporte en productivité, et la réponse sera rien. Si je Dis que je suis doué avec les mathématiques, ils vont me répondre que ce n'est pas ce qui va me démarquer, et ils auront raison. Si je Dis que j'ai gagné un concours de mathématiques, ils vont me répondre que cela ne se marque pas sur un CV, et ils auront raison. Si je Dis que j'écris, ils vont me demander ce que j'écris, et dans la mesure où j'écris majoritairement du négatif ils vont me dire que je peux être enclins à des dépressions contre-productives et ils auront raison. Si je Dis que je dessine ils vont me qualifier de contre-productif et ils auront raison.

Du coup, mon CV est une feuille blanche. Si on peut modestement me qualifier comme un garçon très intelligent, il suffit néanmoins d'enlever tout ce qui ne sert à rien dans mes capacités pour se retrouver avec une carapace. Un déchet, un être humain de trop. Alors qu'en réalité, je ne suis pas compatible avec le monde de l'entreprise. Je pense toutefois qu'il vaut mieux que je reprenne le problème par la racine afin d'arriver à une réponse concrète et une explication qui vaudra mieux que les quelques paragraphes que j'ai fait jusque-là. Alors au travail.

#

PS : je suggère de proposer de justifier le texte, juste pour la mise en page, mais ce n'est pas grave.