Je suis morte. Pas physiquement non, je suis bel et bien là, mais vide. Je ne suis pas non-plus en état de «mort cérébrale» non je continu de penser. Oui je pense, je ne fais que ça. Mais je ne ressens rien. Je suis en état de mort sentimentale. Je suis un tube au travers duquel glisse la matière, vivre n'a plus de sens mais je ne suis pas non plus malheureuse. Mon âme est un désert. Pourtant les larmes coulent. Peut-être mon corps a-t-il un dernier soubresaut de survie. Je me sens perdue désormais, désemparée, sans âge. Une mélancolie profonde s'empare de moi tandis que je sombre lentement dans les ténèbres du chagrin. Un pois lourd sur la
Poitrine me donne légèrement la nausée. Je tente de me raccroché à quelque chose mais les bords sont lisses sans accrocs. Il ne semble même pas y avoir de bord. Le vide est là et m'envahit lentement. La mort semble proche mais inatteignable. La libération est là mais je ne peux pas la toucher. Je me laisse glisser mais le fonds n'arrive pas. J'étouffe, je suffoque progressivement. Puis c'est le froid qui m'envahit. Il glace mon âme, mon corp, mes sens... plus rien n'existe que le froid qui perdure en moi. Il me cisaille les chaires me transperce de part en part . Puis c'est le blanc. Ma tête me fait mal. J'entends mon coeur qui projette le sang dans la moindre de mes artères aussi violemment que des coups de fusil à pompe. Le bruit qui m'envahie devient assourdissant. Mais la fatigue m'empêche de crier. Je ne désire plus qu'une chose: sortir de mon corps. Fuir loin, tout laisser tout abandonner la douleur est intolérable. Je veux mourir, mourir pour ne plus sentir cette opression, mourir pour ne plus étouffer. Je ne veux plus vivre. Si seulement je pouvais crier, mais aucun son ne sort de ma bouche,
Seul un faibles son désarticulé lutte pour exister. Je m'effondre par terre. Seule ignorée de la tempête qui fait
Rage dans ma chambre, ma tête, mon monde. Puis je meurs à nouveau. Une nouvelle vie s'offre à moi, à condition d'oublier la précédente. Une nouvelle vie avec une promesse de bonheur latente dans la bouche de mon assassin. J'y crois parce qu'il faut que j'y crois. Sinon la mort me prendra définivement. L'espoir de survie fais surface. Le cycle est réamorcé sans que je saisisse la porté du sentiment qui a surgit. Je suis de nouveau seule et une vie m'attend, qui n'est pas totalement indépendante de l'ancienne. Je prie pour que les promesses se réalisent mais bientôt je me rends compte que... Je suis morte. Pas physiquement non, je suis bel et bien là, mais vide...
Puis y a celui là aussi mais c'est peut-être un peu chiant à lire..
L'entité
L'entité avançait dans un couloir sombre. Il était vide. Il n'avait même pas de parois. Il n'avait pas non plus de sol. Elle était dans ce qu'on appelle le Néant. Mais elle l'appelait le Couloir. Elle marchait doucement sans bruit. Il n'y avait pas de bruit dans le couloir, jamais. Il happait le bruit avant même qu'il n'existe. Il n'y avait jamais personne dans le Couloir. Comme elle ne pouvait entendre sa voie et celles des autres (si jamais ils existaient), elle se demandait si elle existait toujours. D'ailleurs, avait elle jamais existé ?
Elle n'était pas perdue car il n'y avait pas de chemin. Le noir engloutissait tout. Même elle ne pouvait pas se voir. Elle ne voyait que le noir. Elle marchait en gardant ce qu'elle appelait ses yeux fermés pour ne pas le voir. Elle pensait ses jambes en
Action mais ne savait pas si elle avançait. Dans le Couloir il ne faisait ni froid ni chaud. Il n'y avait pas d'air. Elle pensait être nue. Elle s'imaginait un corps mais ne savait pas si elle en avait un. Elle se demandait combien de temps elle vivrait. Si jamais elle vivait. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là ; une seconde, un mois, un millier d'année... Elle ne se souvenait pas d'une quelconque vie passée. Elle en se souvenait pas non plus quand elle était arrivée là. Peut-être y était elle depuis toujours? Elle en sentait rien sur sa peau. Elle ne pouvait pas se toucher. Elle ne se savait pas homme ou femme. Elle ne se sentait pas humaine. Elle ne savait pas ce qu'est un humain. Elle n'avait
besoin de rien. Ni manger, ni boire ni respirer... Rien. Même pas des autres. Elle n'était pas malheureuse et elle n'était pas heureuse non plus. Elle n' avait même pas
Conscience d'être. Je ne sais pas si elle était. Si elle était alors elle a toujours été. Le vide c'est le jamais et le toujours, l'alpha et l'oméga de notre
Existence que nous ne pouvons voir et à peine imaginer...
né, vis, souffre, sois heureux et meurt en Silence mais en musique