MICHAEL CIMINO -
La Porte du Paradis (1980).
Alors là, on envoie du lourd. Un des grands mastodontes du cinéma, l'incarnation du film maudit. Et au bout du compte, un bon film.
1870. La promotion de Harvard fait ses adieux et tout le monde dans en espérant apporter la civilisation à leur pays.
1890. La guerre menace un comté. Le pouvoir risque de s'assoir sur la Constitution pour favoriser les riches. Comme si la Révolution n'avait rien changé depuis les Colons du XVIII° ou la Guerre de Sécession. Dans ce bordel, un triangle amoureux tente de survivre et de faire ce qu'il peut.
1903. L'utopie était un mirage. Et j'adore les couchers de soleil dans certains film (je pense à
Massacre à la Tronçonneuse,
Star Wars III,
THX-1138,
Et Pour Quelque Dollars de Plus, etc.).
Ma confrontation avec le réalisateur remonte à
Voyage au Bout de l'Enfer que j'ai toujours considéré à part dans les films sur le Vietnam (ceci sous réserve de regarder un jour
La Ligne Rouge,
Né un 4 Juillet et... c'est tout). Il filmait avant, pendant et après la guerre, induisant que la vie change pour toujours.
La Porte du Paradis, donc ? Rempli de scènes folles : la valse du début, les dialogues entre John
Hurt, Christopher Walken et Kris Kritstofferson, la danse des immigrés et les toutes dernières scènes du film. 3h30 sans m'endormir, une superbe musique, un casting délirant (
Seul le projet de
Dune que voulait Alejandro Jodorowsky rivalise avec) et un
Message terrifiant. On dirait presque des méthodes fascistes par moment.
Un mot cela
Dis sur les couleurs : il était marqué Director's Cut mais je doute un peu au vu d'une scène qui virait au filtre marron (celle où Averill traine Bridges dehors). Des fois, ça sautait un peu mais à cause de la Télé (je viens en fait de le regarder grâce à CanalSat à la demande), mais rien d'autre.
En plus, je crois que ce doit être le film où j'ai vu le plus de personnes avec certains James Bond ou autres mourir dans des batailles à échelle réduite. C'est dingue, on s'y croirait vraiment tellement le rythme ne faiblit pas une seconde. Je me demande toujours ce que la critique reprochait en parlant de montage pourri, de scénario à deux ronds, etc. Ils ont vraiment cru à un film forcément agréable ?
Je suis un peu fatigué, mais ce n'est pas grave. Je viens de voir une fresque historique un peu libre d'une grande richesse. J'espère le revoir un jour comme j'ai souvent vu et revu
Cléopâtre de
Mankiewicz.
Vous n'êtes pas obligé de me croire, cela dit...