Merci beaucoup Disarmonia pour ces liens, que je vais regarder de suite ou plus tard, lorsque je me serai mieux reposée.
J'ignorais qu'une adaptation avait été faite, c'est une question que je me suis d'ailleurs posée.
Ce roman est décidément étourdissant. Les siècles passent alors que le lecteur a l'impression que seuls quelques jours ou semaines se sont écoulés...
Et puis ce passage grandiose de métaphore et de majesté :
"Puis monta le cri lointain d'un veilleur de nuit : "Minuit juste et gelée blanche." Il n'avait pas plutôt prononcé ces mots que le premier coup de minuit sonna. Alors Orlando découvrit un petit nuage qui s'était rassemblé derrière le dôme de Saint-Paul. Elle le vit, à mesure que les coups sonnaient, s'élargir, s'assombrir, s'étendre avec une extraordinaire rapidité. Au même instant une brise légère s'éleva, et lorsque retentit le sixième coup, toute la partie orientale du ciel était couverte d'une ombre irrégulière et mouvante, tandis que l'ouest et le nord restaient clairs. Puis le nuage s'étala vers le nord. L'un après l'autre les points culminants de la ville sombrèrent. Seul Mayfair, toutes lumières dehors, brillait d'un contraste plus vif que jamais. Au huitième coup, quelques vedettes galopantes du nuages fondirent sur Picadilly. Elles parurent se grouper et avancer avec une rapidité extraordinaire vers l'ouest. Tandis que frappaient les neuvième, dizième, onzième coups, une ombre énorme croula et couvrit Londres. Et quand le douzième coup de minuit sonna, la nuit était complète. Un noir déluge tumultueux avait noyé la ville. Tout n'était que ténèbres, que doute, que chaos. Le XVIIIe siècle avait vécu. Le XIXe venait de naître."
(Trad. de Charles MAURON)