Giono- Le Hussard sur le toit.
Les aventures d'Angelo Pardi, jeune carbonaro italien exilé en Provence lors de la seconde pandémie de choléra, en 1830.
Ça donne quelques p'tits passages d'une légereté et d'une gracieuseté renversante :
" C'était trois cadavres dans lesquels le chien et les oiseaux avaient fait beaucoup de dégâts. Notament dans un enfant de quelques mois écrasé sur la table comme un gros fromage blanc. Les deux autres, vraisemblablement celui d'une vieille femme et celui d'un homme assez jeune étaient ridicules avec leurs têtes de pitres fardées de bleu, leur membres désarticulés, leurs ventres bouillonants de boyaux et de vêtements hachés et pétris."
Et puis un style, mes aïeux !... Giono, véritable Stendhal provençal !... A celà près qu'il n'hésite pas à dynamiter sa phrase en plein vol, à l'écharper bien comme il faut, en plaçant le p'tit mot piquant, le p'tit mot croustillannt, là où on ne l'attend jamais.
Une phrase toute bête, tiens:
"Angelo marcha plus d'une heure avant de se rendre compte que le
Silence était
très extraordinaire".
C'est-y- seulement française, ça ?
Très extraordinaire ?... Déconcertant !
Au gibet noir, manchot aimable,
Dansent, dansent les paladins,
Les maigres paladins du diable,
Les squelettes de Saladins.
Le Bal des Pendus. Rimbaud